Que reste-t-il de la cinéphilie, à l’heure où paraît le quatrième volume des écrits réunis de celui qui a longtemps incarné le cinéphile par excellence : Serge Daney – décédé il y a vingt-trois ans ? Quelles sont ses lignes de force et ses lignes de partage, ses acteurs et ses théories, ses lieux et ses engouements ? Telle est la question que la revue Segnocinema, équivalent des Cahiers du cinéma, a posé à Laurent de Sutter à l’occasion de son numéro de novembre. Il y a répondu avec le texte ci-dessous, dont nous présentons la version originale française.

Benoît Virot est éditeur. Mais cette phrase est un leurre. Peut-être faudrait-il dire que Benoît Virot est un caméléon, un touche à tout, un fondu du livre, capable, quand vous le rencontrez, de vous parler, avec la même passion communicative d’un livre qu’il vient de publier, d’un roman paru chez un confrère ou d’un auteur du passé considéré comme mineur et injustement oublié qu’il voudrait que l’histoire littéraire réhabilite.

« Les Coulisses de la rédaction » changent de formule pour quelques semaines, le temps de vous présenter, un peu plus en détail les membres de Diacritik, via abécédaires, auto-interviews, notices pré-nécrologiques et/ou portraits chinois, voire fiches de sites de rencontre que nos diacritiques vous livreront dimanche après dimanche.

Jusqu’ici cette rubrique culinaire de Diacritik a été très littéraire. Il n’y a pourtant pas que dans les livres que les personnages passent à table, on mange aussi dans les films et les séries. L’occasion d’un triptyque, autour de la cuisine italo-américaine de la Mafia, et plus particulièrement des Soprano, cette série si justement analysée par Emmanuel Burdeau dans son livre La Passion de Tony Soprano.

Coney Island en deux livres, pour accompagner les photographies de Camille Le Falher-Payat. L’un est signé Patti Smith, c’est l’immense Just Kids. L’autre est de Marco Mancassola, La Vie sexuelle des super-héros. Deux écrivains pour célébrer un même lieu, une plage mythique, un bout de Brooklyn et les hot dogs…

En 2006, Deborah Eisenberg publiait un roman implacablement titré Zwilight of the Superheroes (Le crépuscule des superhéros, L’Olivier, 2009). En 2011, Marco Mancassola lui donne la réplique (sismique) avec La Vita erotica dei superuomini (La Vie sexuelle des super-héros, Gallimard). Comme l’illustration romanesque des installations de Gilles Barbier, L’Hospice (2002) ou du passage des Heroes de David Bowie (1977) (we can be heroes / just for one day) aux Zeroes, dix ans plus tard, sur l’album Never let me down. « Ne tombe pas » sont derniers mots, murmurés, de La Vie sexuelle des super-héros, justement.

« Tout ici semble écrit dans le langage d’un vent de dégel », s’exclamait impétueusement Nietzsche dans sa préface au Gai Savoir en une formule qui pourrait servir de préambule et de guide idéal à la lecture de Fraudeur et À la cyprine d’Eugène Savitzkaya.
Eugène Savitzkaya qui vient d’être couronné, mardi 1er décembre, par le prix Rossel, 2015, pour Fraudeur.

Le Garçon Cousu est un recueil de textes dont la plupart ont été écrits pour la scène ou la radio. Si le texte intitulé « Le Garçon Cousu » donne son titre au livre, c’est que ce dernier est un assemblage de textes « cousus » entre eux, de « pièces » – morceaux de tissus et œuvres théâtrales – cousues entre elles, que le livre en est la couture, que coudre devient le principe de l’écriture.