Ripley: Final report of the commercial starship Nostromo, third officer reporting. The other members of the crew – Kane, Lambert, Parker, Brett, Ash, and Captain Dallas – are dead. Cargo and ship destroyed. I should reach the frontier in about six weeks. With a little luck, the network will pick me up. This is Ripley, last survivor of the Nostromo, signing off.

C’est sur cette déclaration jetée dans l’espace des télécommunications comme une bouteille dans la mer intersidérale, que le premier épisode de la saga initiée par Ridley Scott se clôt.

Après son Petit traité d’écologie sauvage où l’animisme des Jivaros d’Amazonie, adopté comme pensée dominante, pousse les membres du G20 à se réincarner en grèbes huppés (vous non plus vous ne savez pas ce que c’est?) et finir leurs jours barbotant dans une lagune, Alessandro Pignocchi vient investir notre jardin. La Cosmologie du futur tacle notre conception du monde environnant, de celui qu’on cherche à rejoindre les week-ends d’automne, et qu’on remarque fièrement sous nos pieds lorsque tombe de nos chaussures tapant le trottoir bitumé un pétale de boue sèche : la nature.

« Je ne sais toujours pas si je suis le premier homme ou le dernier chien » : la citation de Youri Gagarine en exergue du livre de Pavel Vilikovský ouvre à l’espace même qu’arpente le récit — un lieu flottant et labile, celui des entre-deux.
Voyageur ironique, le narrateur, double de l’auteur, lui-même mis en abyme par la figure de Thomas Bernhard, interroge nos identités, celles que forgent littérature et politique, ces deux frontières complexes de nos cartographies mentales.

« J’aimerais pouvoir écrire ce récit à la manière des gens qui se souviennent de tout » : cette phrase, extraite d’Une année avec mon père, pourrait dire Le Chagrin d’aimer de Geneviève Brisac,, portrait diffracté, tendu, presque buté d’une mère impossible, Jacqueline, dite Hélène ou Mélini.

Diacritik inaugure une série d’entretiens explorant les nouvelles écologies du récit : que peut la littérature dans un monde en crise ?
Les éditions Wildproject célèbrent cette année leur dixième anniversaire : l’occasion de lancer cette série par un grand entretien avec leur fondateur, Baptiste Lanaspeze.

Bien sûr, il y a le casting et la performance d’acteur(s), Christian Bale, Amy Adams, Steve Carrell, Sam Rockwell… mais derrière les ressemblances physiques censées donner corps (au sens propre) et vie au biopic signé Adam McKay consacré au sulfureux (et quasi oublié) DIck Cheney, il y a surtout un film gigogne inventif et drôlement cynique : Vice, ou comment un péquenaud du Midwest est devenu Vice-Président des États-Unis et a façonné le monde à l’aune de son conservatisme et de son goût du secret.

C’est parfois difficile de rester à sa place, la connaître et s’y tenir. On peut déborder si vite, et il y a, je crois, trois sortes de débordements : le débordement pathologique, type border line, le débordement qui cherche un pouvoir sur l’autre et les choses, et un troisième type pas vraiment border line et dénué (autant que possible) de volonté de pouvoir, ou de désir de prédation. Je crois et j’espère que je suis avec vous dans ce dernier. 

Neuf et remarquable : ce sont les deux termes qui viennent à l’esprit pour qualifier « Situer », le projet de cartographie littéraire de la région Centre-Val de Loire que, depuis le mois de novembre, Benoît Vincent déploie dans le cadre du Labo de création de Ciclic. Naturaliste et écrivain, Vincent arpente ainsi la Beauce, la Champagne berrichone, la Brenne, le Perche, le Chinonais et la Touraine pour offrir une tentative de traduction esthétique et critique des territoires. Partenaire de l’événement, Diacritik a voulu en dévoiler davantage sur ce projet en soumettant Benoît Vincent à la question.