En cette rentrée littéraire, Patrick Autréaux livre un splendide et bouleversant récit : Quand la parole attend la nuit qui paraît ces jours-ci aux éditions Verdier. Deux ans après la puissante Voix écrite, Patrick Autréaux rebat les cartes narratives pour livrer ici l’histoire aussi sombre que nue de Solal, étudiant en médecine emporté par un premier amour. Plus que jamais, Autréaux tisse ici une phrase où le biographique ne cesse de s’excéder pour s’élever à une rare force de revie. Autant de raisons pour Diacritik d’aller à la rencontre du romancier le temps d’un grand entretien autour d’une œuvre clef de notre contemporain.

Fassbinder – La mort en fanfare, n’est pas une cathédrale mais un squat. Il s’agirait de faire effraction, détruire et recomposer, composer et détruire, les deux indissociables : « On s’est introduit d’abord par effraction, la nuit, en forçant une porte de derrière (…), on a cassé des murs, fermé des fenêtres pour en ouvrir de nouvelles, creusé une cave pour y faire tourner un casino clandestin, tracé des signes au-dessus des portes ».

Plébiscitée par les lecteurs et par les nombreux prix qu’elle a reçus depuis son premier roman Contours du jour qui vient (2005), Léonora Miano ne cesse de nous surprendre par la diversité de ses thématiques et par ses choix romanesques, prouvant encore que le roman est l’écrin d’un imaginaire et l’espace même où peuvent se déployer fables significatives, écriture maîtrisée dans la diversité de ses ancrages, plaidoyer intransigeant dans sa lucidité et ses exigences pour une Afrique du passé, du présent et de l’avenir.

Selon Guattari, une des caractéristiques de l’époque contemporaine est  que les situations écologiques, politiques, économiques, institutionnelles, psychiques, subjectives, technologiques, etc., sont connectées entre elles, chacune impliquant les autres et réagissant sur les autres. Ces situations incluent des conditions, des effets et problèmes ayant des implications qui résonnent immédiatement à l’échelle de la planète.

Evelyn McHale, ce nom ne vous dit certainement rien pourtant il suffit de naviguer sur Internet pour qu’il s’affiche rapidement et pour que vous puissiez la voir, elle, allongée sur le toit défoncé de la limousine d’un diplomate des Nations-Unies garée au pied de l’Empire State Building.

L’autre jour, dans le métro, un pickpocket malchanceux a dérobé dans mon sac à dos l’agenda très ordinaire où je consigne mes rendez-vous et autres obligations quotidiennes, ainsi qu’un carnet de notes. N’ayant aucune chance de les retrouver, je tente de reconstituer de mémoire ce qui s’y trouvait inscrit, ce qui me renvoie à ces heures d’été encore chaudes quand, assis face au Nord, à l’ombre des rochers en bord de mer, je lisais quelques nouveautés de la rentrée à venir, crayon et carnet en poche.

Indubitablement, avec Un Monde sans rivage qui paraît ces jours-ci chez Actes Sud, Hélène Gaudy signe un des grands romans de nos années 10. Dans ce récit épique de l’expédition polaire menée en 1897 par trois Suédois, Hélène Gaudy offre un puissant roman photosensible en engageant une des plus importantes réflexions de notre temps sur le rôle des images dans nos vies.

Malgré cent-vingt films, malgré le travail de sauvegarde et de valorisation du Centre Simone de Beauvoir, malgré encore une rétrospective qui lui a été consacrée à la Cinémathèque en 2007 ou le focus du Cinéma du Réel en mars dernier, l’œuvre cinématographique et les combats féministes de Carole Roussopoulos restent méconnus du grand public. Sans doute l’est-ce davantage encore concernant les engagements de son amie et camarade Delphine Seyrig, plus connue pour ses rôles dans les films de Resnais, de Demy ou de Buñuel.

Il y a peu, Charles Coustille nous donnait sous le titre d’Antithèses (Gallimard) les résultats de l’enquête pour le moins originale qu’il avait conduite parmi les grands auteurs français. Il y croisait les mondes littéraire et universitaire, en prenant l’exemple de quatre auteurs majeurs du XXe siècle (j’omets ici Mallarmé) qui s’étaient engagés dans le projet d’une thèse sans jamais aboutir. Parmi les cas passés en revue, le plus remarquable était celui de Charles Péguy, un Péguy que Coustille plaçait haut dans ses admirations tout en sachant que l’écrivain était à demi oublié aujourd’hui.