VF6 Avant de revenir parler de La Magicienne, quatrième opus de la série de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, Les Vieux Fourneaux, retour sur le précédent épisode d’un triptyque commencé avec Ceux qui restent et Bonnie et Pierrot. Dans Celui qui part, Mimile, Pierrot et Antoine, les trois pépés fringants montraient d’une manière jubilatoire comment malgré leur âge canonique ils n’avaient pas pris une ride…

Paris, 2041. Toute connexion numérique est impossible. Un bug généralisé a eu lieu pendant la nuit. Le monde est dans l’obscurité électronique depuis que tous les liens, toutes les données ont disparu de la surface du « Néo World Wide Web ». Que sera(it) notre monde, notre quotidien sans Internet, sans les hyperliens, sans les datas ? Comment vivre débarrassés à notre corps défendant de toute mémoire vive ? Des questions que pose Enki Bilal dans Bug, dont le livre 1 paraît aujourd’hui chez Casterman.

 

Deux ans après Tu n’auras pas d’autre dieu que moi, Joann Sfar revient avec La Tour de Bab-El-Oued à paraître le 17 novembre. Une nouvelle « aventure » de son personnage fétiche, chat parlant, avatar de l’auteur qui s’interroge et questionne le monde sur la religiosité du monde, sur le besoin de sacré, sur la nécessité des dieux. Un nouvel album forcément en résonance avec l’actualité récente : migrants, laïcité, quête de réponses, intolérance et espoir d’un monde plus pacifique.

C’est ce qu’on appelle communément un « beau livre » : quarante dessinateurs et scénaristes dont David B, Guy Delisle, Etienne Davodeau, Pascal Rabaté, Blutch, Miles Hyman, le regretté Tignous, Catherine Meurisse, Luz… Trente ans d’information illustrée, commentée par un collectif d’auteurs, trente événements qui ont fait l’actualité et dont les implications et conséquences résonnent encore aujourd’hui.

Voilà bientôt trente ans que Largo Winch promène sa cool attitude athlétique autour du monde et navigue dans les eaux parfois interlopes de la finance internationale. Si les ingrédients du cocktail sont immuables (une once de thriller technologique et bancaire, un trait de séduction et une bonne dose de Largo contre le reste du monde), L’étoile du matin, 21ème épisode qui sort aujourd’hui en librairie s’inscrit dans une continuité dans le changement qui fera plaisir à plus d’un fan de la série.

Œuvre maîtresse, coup de poing, coup de gueule, coup de sang, plongez « la tête la première » dans Blast de Manu Larcenet, réuni en une intégrale à paraître le 27 octobre prochain aux éditions Dargaud. Du liminaire Grasse carcasse au climatérique Pourvu que les bouddhistes se trompent, au milieu desquels L’Apocalypse selon Jacky et La tête la première font figure de révélateurs, Blast est l’expression d’une colère. 

 

Et si… Et si le gouvernement nous imposait nos vacances ? Et si les pouvoirs publics nous obligeaient à nous enregistrer sur des rôles cadenassés pour pouvoir bénéficier d’une assurance maladie ? Et si l’écriture devenait étatique, jugulée, encadrée, incapable de s’émanciper hors des murs d’une pensée dirigée ? Et si George Orwell et Jean Van Hamme avaient raison ?

 

On ne pouvait passer à côté de cette œuvre majeure parue en avril dernier chez Aire Libre : Le Coup de Prague, de Jean-Luc Fromental et Miles Hyman (récemment élevé au rang de Chevalier des Arts et des lettres). Retour sur un livre au croisement du cinéma, de la littérature et de la BD, un polar intelligent et captivant, qui convoque Carol Reed et son Troisième Homme, Graham Greene et la guerre froide.

Adapter une œuvre n’est jamais une mince affaire, qui plus est quand il s’agit de concentrer quarante années d’aventures de papier en en deux heures dix-huit de pellicule, fût-elle numérique : en portant Valérian de Christin et Mézières à l’écran, Luc Besson a réussi à son corps défendant à faire voyager son film aux confins du Grand rien. Décryptage et critique aux frontières de la bande dessinée, du cinéma et de la mauvaise foi.

 

Les contraires satyres : avec Extases (qui paraît le 6 septembre chez Casterman) Jean-Louis Tripp explore et expose sa part plus qu’intime, dans un récit autobiographique qui le dispute à l’autofiction et met en scène et en images la sexualité et la construction de soi, l’apprentissage et les fantasmes, le réel et l’imaginaire d’un auteur, narrateur et personnage principal.