Le rat ne revient pas seulement dans les caves, les ports ou les arrière-cours des grandes villes, il resurgit dans les replis les plus anciens de notre imaginaire. À la faveur dune alerte sanitaire liée à un Hantavirus sur un navire de croisière, cest toute une mémoire enfouie des épidémies qui resurgit brutalement. Depuis le Covid-19, le simple mot de « virus » suffit désormais à produire un effet psychique immédiat : aucune menace infectieuse n’est anodine et chaque épisode semble réactiver un état latent dinquiétude collective.

Dans Erreur sur la marchandise, l’économiste Amine Messal propose de « reprendre » le libéralisme à ceux qui, selon lui, lont vidé de sa substance. Lessai, publié aux Éditions Rue de l’échiquier, se présente comme une tentative de clarification intellectuelle dans un moment où le mot « liberté » semble saturé de sens contradictoires.

La réélection de Benoît Payan à la mairie de Marseille a quelque chose de véritablement paradoxal si lon prend au sérieux la pauvreté assumée de la campagne qui la portée. Non pas une victoire fondée sur un projet, une vision, une promesse de transformation, mais sur un mot dordre minimal, sinon indigent : « C’est moi ou le Rassemblement National ! ». Comme si la politique municipale, dans ce quelle a de plus concret, durbain, de quotidien, pouvait se résumer à une alternative morale, à une sommation électorale.

Il suffit aujourdhui de lever les yeux vers le ciel de lEurope orientale ou du Moyen-Orient pour comprendre que certaines questions ne vieillissent pas. De lUkraine à Gaza, des drones aux missiles hypersoniques, la technique semble avoir perfectionné les moyens de la destruction sans jamais résoudre l’énigme qui la sous-tend : pourquoi les hommes se font-ils la guerre ?

Laffaire Epstein ne doit pas sa puissance de sidération à la seule horreur des crimes commis, ni même à la durée de leur invisibilisation, mais à la densité sociale des figures qui continuent de graviter autour de leur auteur bien après une première condamnation pénale… Ce qui simpose, à mesure que les faits saccumulent, ce nest pas limage dun complot souterrain, mais celle dun entre-soi persistant, méthodique, accepté, presque banal, au sommet des hiérarchies occidentales.

Le Vénézuela, l’Iran, l’Ukraine, le Groenland, Minneapolis, et la liste hélas risque encore d’être plus longue… Passons… Ce qui nous plonge désormais en plein réflexe pavlovien. Face aux prises de parole de Donald Trump, face à lexcès de ses formules, à sa grossièreté crasse, à la brutalité de ses attaques, à la pauvreté revendiquée de son vocabulaire, à son imprévisibilité assumée, à ses outrances répétées, à « ce tel niveau de vilénie » – comme aurait dit François Mitterrand–, une interprétation psychanalytique un peu courte surgit comme un diable de sa boite : il est fou ! 

« [L’action indirecte, telle que le vote,] détruit tout sens de l’initiative, étouffe l’esprit de révolte individuelle, apprend aux gens à se reposer sur quelqu’un d’autre afin qu’il fasse pour eux ce qu’ils devraient faire eux-mêmes. » (Voltairine De Cleyre, militante et théoricienne libertaire)

« La corruption du meilleur engendre le pire. » (Ivan Illich, philosophe)

cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024 – augurant un emballement brutal et irréversible. Cette limite planétaire est en conséquence largement dépassée, à l’instar de 5 autres (parmi les 9 qui ont été identifiées) : artificialisation des sols, pollution, perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, altération du cycle de l’eau douce et effondrement de la  » biodiversité ». Pour quelle raison, alors que nous mettons en oeuvre des actions écologiques depuis 50 ans, notre situation (celle du vivant en général) ne cesse d’empirer ?

« Il faut beaucoup de courage pour embrasser ses erreurs. »
Donella Meadows, biophysicienne et systémicienne

cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024 – augurant un emballement brutal et irréversible. Cette limite planétaire est en conséquence largement dépassée, à l’instar de 5 autres (parmi les 9 qui ont été identifiées) : artificialisation des sols, pollution, perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, effondrement de la « biodiversité » et altération du cycle de l’eau douce.

cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024, augurant un emballement brutal et irréversible.

« L’éternelle question ‘la fin justifie-t-elle les moyens ?’ n’a pas de sens en soi. Le seul vrai problème […] est de savoir si telle fin justifie tel moyen. » Saul Alinsky

Aux yeux du philosophe Marc Crépon, l’État est violent par essence, et la non-violence utopique : « À l’origine de tout régime politique, il y a toujours de la violence. Pour savoir quelle est, de deux formes de violence, la plus légitime, nous devons en appeler à un principe qui transcende le droit, qui est celui de la justice. Autant dire que la paix, la non-violence n’existent que dans les intentions d’autant plus sujettes à caution qu’elles ne sont elles-mêmes pas dépourvues d’ambiguïtés. »