Nombre d’expositions dans les musées (Georges Perec, modes d’emploi à la BnF, Cézanne et nous au Grand Palais, Kurt Schwitters. Le chaos-monde 1918-1948 au Musée Picasso, Stéphane Bordarier et Daniel Dezeuze dans les Collections du Musée d’art moderne Paris), ou dans des galeries (Anthony Caro chez Templon, Saül Steinberg chez Claude Bernard, Fabio chez Huberty & Breyne, etc.), de commémorations (Michel Foucault 100 ans, Bill Wyman, 90 ans), de sorties de films (Les Recommencements d’Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter dont nous avions parlé ici, il y a un an), pourraient donner matière à plus d’un épisode de Terrain vague, si le temps – partagé, d’écriture à lecture – devenait tout à coup extensible à l’envi.
Marcel Cohen est mort le 31 juillet.
J’ai relu Sur la scène intérieure. Faits.
Souligné des passages, pris des notes.
J’ai attendu.
Je n’osais pas.
J’avais peur de le trahir, de les trahir.
Un entretien avec le philosophe Jean-Clet Martin à l’occasion de la publication de son dernier ouvrage, consacré au mathématicien Grigori Perelman.
Les livres de Nathalie Léger sont souvent minces mais toujours denses et profus. Ils sont rares aussi : six livres en vingt ans.
Il n’est pire critique que celle qui détourne l’objet (livre, film, série, œuvre théâtrale ou d’art) dont elle entend rendre compte au profit d’un parti pris journalistique ou à l’aune d’une actualité « brûlante » qui transforme l’œuvre en prétexte ou, pire, la réduit au statut d’illustration… À moins de s’en remettre à l’étymologie du mot actualité : « état de ce qui est réalisé, mis en application ». Pas besoin de vous faire un dessin, au regard de tout ce qu’il se passe actuellement, nous vivons au temps des salauds. Rencontre avec un livre nécessaire et ses deux auteurs.
Il ne faut pas croire que La Guerre éternelle d’Olivier Rolin, malgré son sous-titre, ne parle que de Troie. C’est bien d’une permanence de la guerre, d’une certaine conception de la guerre et de l’Histoire que traite ce livre, comme le souligne l’exergue emprunté à Walter Benjamin, rappelant que l’ange de l’histoire, tourné vers le passé, ne voit « qu’une seule et unique catastrophe ». Troie est l’autre nom de cette guerre éternelle à laquelle les hommes se livrent et, plus surprenant, l’autre nom de l’amour.
Diacritik se met en mode pause, à tout bientôt pour la suite.
Longtemps avant cet entretien, il y a une vidéo découverte presque par hasard ; une pas si jeune artiste (32 ans) était invitée à commenter ses peintures ; verbe haut, un zeste d’ironie, une goutte de provocation, une pincée d’humour : Marion Bataillard dans ses œuvres.
Quels sons resteront de notre vie réellement vécue lorsqu’il n’y aura plus rien ? Avec leur nouveau disque qui paraît aujourd’hui, le groupe australien The Avalanches répond de manière fort optimiste : ce ne seront pas de mauvais souvenirs finalement.
Le titre du roman de Robin Josserand, Après Mireille, nous guide vers une piste trompeuse.
Livre conçu comme le bond d’un félin, Chat Larme tournoie autour du motif du dernier livre, du glissement de l’écrire vers la fin, vers le silence.
1er octobre 2026. C’est inévitable : quand un moment de pause se profile, une pile de livres, lus pour la plupart (probablement mal pour certains, mais cependant un peu plus que survolés) et non encore commentés, nous fait des signes afin qu’aucun d’entre eux ne soit oublié.
Philippe Sollers (1936-2023) aimait de nombreux peintres (et beaucoup Picasso) – « mais aucun ne m’émeut autant, sans raison, que Cézanne » disait-il dans Le Paradis de Cézanne, qu’il avait publié en 1995 aux éditions Gallimard, et qui reparaît aujourd’hui, alors que l’exposition « Cézanne et nous » a ouvert ses portes au Grand Palais, à Paris, jusqu’au 17 janvier prochain.
Alors que l’œuvre en prose de Katherine Mansfield est très connue et reconnue, son œuvre poétique est peu considérée, voire ignorée.
Les films sur l’occupation permettent aux critiques plus ou moins inspirés de conclure sur le cliché officiel des films sur l’Histoire « Une œuvre d’une actualité brûlante ». ça fonctionne pour tous les films de guerre, sur les dictatures, l’ère Meiji, « La Guerre du feu »… Mettons les choses au point tout de suite, Notre Salut est bel et bien une œuvre d’une actualité-brulante. Il faut avouer que, au-delà du point Godwin, l’Histoire a tendance à se répéter, d’une part parce que les Hommes ont tendance à sécher les cours d’Histoire, ensuite parce que, peu importe les leçons que l’on peut recevoir, la nature humaine est immuable.