Yasmina Reza
Yasmina Reza

Yasmina Reza était célèbre dans le monde entier pour son théâtre, notamment pour sa pièce Art (Prix Tony Award et Molière). Elle le sera désormais pour son roman Babylone qui vient de rafler le prestigieux Prix Renaudot. L’auteure de 57 ans, réputée d’une discrétion de violette, fuyant les photographes et les interviews, avait précédemment fait parler d’elle à l’occasion de la sortie en 2007 de L’aube le soir ou la nuit où elle faisait le récit de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy qu’elle avait suivit pendant un an.

Hervé Guibert Vice

Vice est le second texte écrit par Guibert après La Mort propagande (éd. Régine Deforges, 1977). Du premier texte au second, une même démarche — l’expérience, le corps, le parcours de fantasmes, un travail sur les limites du représentable —, un même objet esthétique et politique au centre du travail : la mort. Dans La Mort propagande, elle était inscrite dans le corps-même de Guibert : « l’ultime travestissement, l’ultime maquillage, la mort. On la bâillonne, on la censure, on tente de la noyer dans le désinfectant, de l’étouffer dans la glace. Moi je veux lui laisser élever sa voix puissante et qu’elle chante, diva, à travers mon corps. Ce sera ma seule partenaire, je serai son interprète. Ne pas laisser perdre cette source de spectaculaire immédiat, viscéral. »

François Hollande

Jamais un homme politique, sous la Ve République, n’avait peut-être été à ce point désincarné. Jamais peut-être un homme politique, comme François Hollande, n’avait été l’homme de la désincarnation, de l’effondrement en soi du pouvoir, du pouvoir mu en conquête irrésistible d’un soi flasque et fuyant. Hollande a inventé, au sommet de l’État, la formule de l’homme non-politique, de l’homme déclivant – de l’homme qui, par ses retournement successifs, a ouvert à sa suite le champ neuf de toutes les radicalisations, autorise Fillon à tout détruire, Le Pen à tout vomir et Mélenchon à tout gémir.

Asli Erdogan
Asli Erdogan

Diffuser, le plus largement, le plus fort possible, la voix de celle qu’un régime autoritaire croit pouvoir étouffer.
Un texte par jour, jusqu’à la libération d’Aslı Erdoğan.
Mobilisons-nous, relayons la liberté.

« Je suis seule dans la forêt spectrale », écrit Aslı Erdoğan dans Même le silence n’est plus à toi, recueil de 27 chroniques journalistiques à paraître le 4 janvier prochain aux éditions Actes Sud.

Eric Vuillard
Eric Vuillard

Que sait-on finalement du 14 juillet ? Des scènes de liesse et de colère mêlées, des gravures qui donnent au passé la teinte du révolu, des commémorations à n’en plus finir, mais qui font oublier l’effervescence révolutionnaire sous les festivités consensuelles : en bref, un feu d’artifice de stéréotypes. Que sait-on finalement ?, voilà la question que pose Éric Vuillard, dans ce récit, tendu et nerveux, emporté et politique, sobrement intitulé 14 juillet.

Aslı Erdoğan
Aslı Erdoğan

Diffuser, le plus largement, le plus fort possible, la voix de celle qu’un régime autoritaire croit pouvoir étouffer.

Un texte par jour, jusqu’à la libération d’Aslı Erdoğan.

Mobilisons-nous, relayons la liberté.

« Faire face est tout autre chose qu’accepter », écrit Aslı Erdoğan dans Même le silence n’est plus à toi, recueil de 27 chroniques journalistiques à paraître le 4 janvier prochain aux éditions Actes Sud.

Jean-Pierre Léaud
Jean-Pierre Léaud

Comment peut-on s’extasier à force de regarder de vieilles têtes ridées, fardées, hypercoiffées, portant des vielles dentelles, parlant un français avec un débit d’une lenteur effarante ? Comment peut-on se sentir attiré par ce film à tel point qu’on a l’impression de presque toucher ces tissus précieux et épais, aussi épais que l’air qui stagne dans la chambre de Louis XIV mourant ? Quel est le tour de magie dont Albert Serra fait preuve pour que le spectateur reste assis devant cette œuvre majestueuse qui déploie devant ses yeux tous ces vieux charmes pourtant si contemporains ? La Mort de Louis XIV n’est bien sûr pas un film historique, même si Serra s’est inspiré des Mémoires de Saint-Simon et de ceux du marquis de Dangeau, c’est précisément le roi Jean-Pierre Léaud en tant que corps royal de l’art, qui est au centre de ce qui se révèle être un véritable dispositif artistique.