On a cru le comprendre, Madonna a sorti vendredi son dernier album, Madame X. Alors, bien évidemment, comme à une fête scellant des retrouvailles, tout le monde y est allé de son commentaire. Et c’est peut-être ce qui est le plus intéressant pour la star américaine : devenir un sujet de conversation, terminer dans l’infini bavardage des choses et du monde. Car, controversée, Madonna l’est depuis bientôt 40 ans de carrière mais peut-être n’a-t-elle jamais été aussi violemment insultée non pour ce qu’elle incarne mais pour ce qu’elle est.

Une princesse aux cheveux bleus veillait sur les aventures de Pinocchio. Rezo, le youtubeur allemand de vingt six ans arbore, lui, une mèche de cette même couleur. Jusqu’à présent, ses vidéos semblaient le traîner de canapé en canapé, un pied dans le pays des jouets, un autre dans le monde adulte. On y chantait sur des traductions google, on se tapait des barres sur les photos d’enfance entre potes, on se moquait du playback des plateaux télé et on s’adonnait à des reprises aux mots bien pesés. Seulement, en s’aventurant en politique juste avant les élections européennes, le youtubeur bleuté se voit propulsé porte-parole générationnel en couverture du Spiegel.

Comment écrire aujourd’hui, « à quoi ça pourrait ressembler, un roman du XXIe siècle ? En quoi ça serait différent d’un roman du XIXe, par exemple ? », se demandait Pierre Ducrozet dans la note d’intention qui accompagnait L’Invention des corps, son dernier roman : ce serait un récit rhizomique sans doute, « sans centre, fait de plis et de passages, de liens, d’hypertextes, qui dédoublerait le mouvement du monde contemporain ». « Internet comme sujet et comme forme » sera donc le centre irradiant du grand entretien que nous a accordé Pierre Ducrozet.

Depuis sa diffusion, Chernobyl, la mini-série de HBO signée Craig Mazin, avec Jared Harris, Emily Watson et Stellan Skarsgård dans les rôles principaux, a quitté le terrain de la critique pure pour celui du fact-checking et des sujets dérivés : nombre d’articles fleurissent ça et là, qui pour donner raison ou tort aux auteurs, qui pour apporter un éclairage scientifique, donner la vision russophile de la tragédie ou relater l’explosion du tourisme à la suite de la diffusion de la série… Retour en 1986, en Ukraine avec Chernobyl, série à l’esthétique fascinante, au manichéisme discutable mais à la puissance indéniable.

Jusqu’à la parution d’un premier roman que l’on pourra dire « tardif » (comme le printemps chez Ozu), le nom de Gérard Cartier était, depuis une quarantaine d’années, quasi-exclusivement associé à la poésie, une poésie « inscrite dans la sphère de l’Histoire et de ses chroniques », donc plutôt narrative, ne s’égarant guère dans les zones les plus impénétrables du « genre ».