Après un premier album surprenant et plus que convaincant, les Psychotic Monks proposent aujourd’hui Private Meaning First, un second opus tout aussi surprenant et très réussi. Les quatre musiciens sont d’abord préoccupés de leur art et s’y engagent ici avec plus de radicalité encore. Tout y est plus resserré, incisif, tranché, en quelque sorte brut, pour un album qui affirme sans concession sa singularité et ses partis pris.

Retissant il y a peu ici-même un lien trop souvent interrompu avec ce qu’on entend par “bande dessinée” – ces suites de dessins traversées par un ou plusieurs flux narratifs, parfois au bord d’une certaine forme d’abstraction, parfois au plus près de la représentation de ce qu’on se risque encore à nommer “réalité” –, je notais, un peu marri, qu’il m’était de plus en plus difficile d’entrer dans les derniers avatars des formes les plus conventionnelles du genre. D’où cette quête de singularité ; et ces détours aux postes d’observation à la frontière.

Que peut la littérature ? Non plus ce qu’elle est ou n’est pas, précieuse tracasserie à l’usage de spécialistes, mais ce qu’elle peut aujourd’hui. Aujourd’hui comme chacun sait : premier tiers d’un siècle assombri par l’urgence écologique. La réponse n’est pas facile et fait penser peu ou prou à l’intellectuel qui bricole et, à défaut de marteau, s’avise de planter un clou avec le cul d’un bibelot. Enrôler la littérature dans l’urgence qui est la nôtre suppose un nouvel art d’accommoder les textes. Pour ne pas nous résigner à rester les bras ballants pendant que le bateau coule et que chacun s’est saisi de sa pratique ou discipline qu’il manœuvre comme une écope, interrogeons la vraisemblance d’un tel aggiornamento.

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Pour retrouver des Maghrébins dans les listes des Brigades internationales, les chercheurs ont dû consulter les listes des Français car l’Algérie et le Maroc sont alors colonie et protectorat français et ceux qui se sont engagés sont ainsi recensés. Avant de présenter le seul roman consacré à un brigadiste algérien et, en contrepoint, la seule nouvelle consacrée à un des 100.000 Moros de Franco, il n’est pas inutile de faire un rappel de l’Histoire.

Précisons tout d’abord que ce récit a été écrit (il est daté de septembre 2018) et publié (janvier 2019) avant les événements qui, depuis février 2019, bouleversent la situation politique et historique de l’Algérie. L’auteur y raconte un voyage en Algérie sous le titre réducteur de Un paquebot pour Oran alors qu’il s’agit d’un voyage bien plus large, Oran, Alger et sa région.

Quelle femme était Colette, au-delà de l’auteur des Claudine et du Blé en herbe ? Une icône de la Belle Époque, une danseuse, une journaliste et surtout une rebelle, terme qui pourrait définir une femme, sa vie, son œuvre, au centre du documentaire Colette, l’insoumise de Cécile Denjean qu’Arte diffuse lundi prochain, 22 avril, portrait d’une femme aux « mille et une vie, mille et une éclosions ».

Alors que Huge en France est diffusé depuis le 12 avril sur Netflix, comment parler de la sitcom made in Gad Elmaleh en des termes objectifs sans passer pour un énième hater influençable qui vocifère bien à l’abri devant son écran ? Tentative de sauvetage d’une production qui se veut ironique et référentielle. Mais qui n’a pas réussi à tirer le critique télé de sa torpeur.

Dans Des espèces de dissolution, il ne s’agit pas tout à fait de « dissolution », et l’on ne sait pas clairement de quoi il s’agit. Les dissolutions dont il est question dans le livre n’ont jamais été vues ni expérimentées. Leur nature est inconnue et le mot n’est pas totalement adéquat. Comment le langage pourrait-il les dire ?

Du 2 au 7 avril se tenait le Festival du moyen métrage de Brive. Un festival unique en son genre mettant en avant un format méconnu, entre le long et le court, faisant pourtant pleinement partie du paysage cinématographique. Parmi les 21 films en compétition, et dans les limites inhérentes aux festivals, 4 films émergent en particulier de cette 16e édition extrêmement riche.

Comment écrire, après Toni Morisson ou Edward P. Jones, la violence inhérente à l’Histoire américaine ? Laird Hunt est de ces auteurs qui prennent le monde pour territoire fictionnel, tant leurs racines vont puiser dans différentes cultures et imaginaires et refusent les frontières héritées, construites et réductrices.

Jean Narboni a créé les éditions des Cahiers du cinéma à la fin des années 1970, après avoir été le rédacteur en chef de la revue à la fin des années 1960 et au début des années 1970. En 1981, dans la collection Cahiers du cinéma / Gallimard qu’il dirigeait, il a publié Souvenirs Ecran, qui recueille une sélection des textes que Claude Ollier a consacrés au cinéma. Il s’entretient avec Emmanuel Burdeau, lui-même ancien rédacteur en chef des Cahiers, et qui partage sa vive admiration pour l’œuvre critique d’Ollier.

Si Enki Bilal n’a rien perdu de sa fascination pour les ruptures, le chaos n’intéresse pas l’auteur de la trilogie des éléments, de la tétralogie du monstre et réalisateur de Bunker Palace Hotel et Tykho Moon. Après le BUG initial paru en 2017 —  premier tome d’un « cinq-shots » selon les mots de l’auteur rencontré vendredi dernier —, BUG 2 paraît aujourd’hui chez Casterman, promesse d’une série au long cours (en librairies et sur vos écrans).