« Qu’est-ce qu’aimer pour un écrivain ? Une histoire peut-elle être vécue sans devenir récit ? » : cette question est à la source du dernier livre de Camille Laurens, Ta Promesse, qui paraît en poche aux éditions Folio. Cette promesse est celle que Claire, autrice, avait faite à son compagnon, Gilles, de ne pas écrire sur lui. C’était le temps de l’amour plein, sans partage, celui où l’on renonce à tout, même à ce qui fait sa vie : écrire.

Drôle de pistolet, ce monsieur Grall né en 1930 Landivisiau et mort en 1981 à Quimperlé. Et ça tombe bien : à l’heure des sempiternelles rentrées « littéraires » préfabriquées et des excommunications binaires témoignant d’une affligeante paupérisation des esprits, l’anthologie Je veux le ciel sans perdre la terre. Poèmes, articles, essais et romans. (1) ne pourra que raviver votre gout de la chose écrite.

17 septembre 2026. Projection de Notre salut, film d’Emmanuel Marre, au centre Wallonie Bruxelles à Paris. Dès le premier plan, on a la sensation de faire un bond en arrière dans le temps, non parce que le film démarre en septembre 1940, mais parce qu’il nous fait songer à cette époque aujourd’hui lointaine où certains cinéastes, et non des moindres, tournaient en 16mm, pour raisons d’économie (mais pas seulement). Sans être grand technicien en la matière, on ressentait physiquement le grain, et les effets, souvent positifs, de cette « pauvreté » qui aura généré tant de chefs-d’œuvre comme Shadows, India Song, Le Rayon vert, Le Pont du Nord – et tant d’autres.

Angie David nous dit que c’est « l’écrivain Beauvoir » qui l’intéresse, « avec ses contradictions et ses repentirs », au point de faire siens les propos tenus par le jeune Louis dans Les Mandarins : « On finit par oublier qu’il existe d’autres choses sur terre (…). Des choses qui s’appellent la beauté, la poésie, la vérité. Personne ne s’en soucie plus. »

Les 1,2 milliards d’écoute du compteur Spotify de Midnight city (2011), tube de son groupe M83, ou son travail sur la bande originale de Oblivion avec Tom Cruise (2013) n’y font rien : Anthony Gonzales est plus enclin à se vouer à l’essence de la musique et à toutes ses voies parallèles plutôt qu’à la gloire des réseaux. La preuve avec un dixième album plus engagé vers l’underground que jamais, intitulé I wrote you a letter et pensé comme une adresse délicate et appliquée (à une femme, un auditeur, un être indéterminé ?).