29 mars 2026. Opposant plus que jamais mélancolie à nostalgie, je résiste à la tentation de déposer les outils – ceux de l’écriture, qui donnent voie aux sons et voix aux graphismes –, ruminant intérieurement cette question : comment ne pas traverser ce qui me reste à vivre (mettons la durée d’une enfance, ce qui ne serait pas si mal) dans un jetlag permanent ? Aujourd’hui, c’est l’heure d’été, il faut un peu de temps pour s’y accoutumer.
« Painting is what allows me to survive. »
[ La peinture, c’est ce qui me permet de survivre. ]
Plus grande peintresse abstraite de sa génération aux États-Unis, et la première femme à avoir une exposition en solo au Musée d’art moderne de Paris, en 1982, Joan Mitchell vécut presque quarante ans en France, dont presque un quart de siècle dans une maison voisine de celle où avait habité Claude Monet à Vétheuil. Elle parlait un français absolument impeccable, pratiquement sans accent étranger.
Dans Erreur sur la marchandise, l’économiste Amine Messal propose de « reprendre » le libéralisme à ceux qui, selon lui, l’ont vidé de sa substance. L’essai, publié aux Éditions Rue de l’échiquier, se présente comme une tentative de clarification intellectuelle dans un moment où le mot « liberté » semble saturé de sens contradictoires.
Réflexion sensible sur le fond et dans ses formes, IA des histoires comme ça questionne l’impact – son apport ? ses dangers ? – de l’intelligence artificielle sur la création artistique. Auto-édité (on y reviendra), l’album de Phicil paru en mars dernier tient à la fois du roman graphique d’apprentissage et du manifeste célébrant l’Art du dessinateur en butte avec la difficulté d’écrire et illustrer des histoires dans un moment de bascule où la crainte de se voir remplacé par des machines « intelligentes » et génératives se fait de plus en plus prégnante.
Voici les Œuvres choisies de Curzio Malaparte (1898-1957), un gros volume Quarto/Gallimard où l’on a notamment ses deux grands romans, Kaputt (1944) et La Peau (1949), sans lesquels on aurait sans doute oublié l’écrivain qu’il a été – lui qui a pourtant écrit beaucoup de livres, essais, polémiques, observations, souvenirs – « tous intelligents » dit Kundera qui figure en ouverture de ce gros volume Quarto avec son essai intitulé « La Peau : un archi-roman », extrait de son livre de critique littéraire : « Une Rencontre » (Pléiade/Gallimard).
Voici le nouveau roman d’Eric Chevillard, Jaune soleil, qui paraît comme il se doit chez Minuit avec la réédition simultanée de son autobiographie Monotobio dans la collection de poche « Double », où Chevillard cite l’Organon d’Aristote sur la question du hasard… pour dire, au fond, que « tout arrive nécessairement et sans aucune indétermination ».
Dialoguant avec les Lumières – dialogue qui est aussi critique, reprise, déplacement, rejet –, Nos lueurs construit des perspectives philosophiques, politiques, éthiques qui, à la fois, réfutent les positions « antiwokistes » et appellent de nouvelles alliances, pratiques, des concepts nouveaux. Entretien avec Pierre Niedergang.
Après un premier roman paru chez Gallimard sous un nom de plume, Anna Méril signe de son vrai nom Les Fruits rouges, aux éditions Le nouvel Attila. Ce récit comble l’absence de littérature sur la fausse couche (terme revendiqué par l’autrice). Et parvient à trouver la fréquence d’une perte encore peu audible.
En 2022 paraissait Les autres ne pensent pas comme nous, le livre majeur du diplomate Maurice Gourdault-Montagne. Trois ans plus tard, alors que les lignes de fracture se déplacent, que les conflits s’enkystent comme de mauvaises tumeurs et que l’Occident découvre, souvent avec retard, que ses idéaux n’éclairent plus le monde avec la même évidence, cet ouvrage s’impose « en force nouvelle ». On y revient, comme on revient toujours aux grands textes de discernement.
Début 2022, les Éditions MF m’ont envoyé pour la première fois un livre à paraître. Il s’agissait d’un roman, Les Artistes, signé Aden Ellias, un auteur dont j’ignorais tout. Malgré certaines réserves, ce livre singulier m’avait intrigué, au point de m’inciter à en faire une recension afin d’y voir plus clair. Comme le courant était passé, d’autres ouvrages ont pris, souvent par surprise, le chemin de mon atelier, comme ce fut le cas avec Temps permettant de Christine Lapostolle, qui m’est parvenu suite à une suggestion du peintre et poète Pierre Mabille.
Il n’y avait aucun prétexte valable pour aller voir le film Super Mario Galaxy le jour de sa sortie à l’UGC de la Porte Maillot à Paris. Mes enfants sont pour l’une trop âgée, pour l’autre trop jeune et ne pouvaient donc pas m’y accompagner. La suite d’une production dont le premier numéro (Super Mario Bros) a récolté plus d’un milliard de dollars de recettes a forcément des ambitions galactiques, comme son nom l’indique. Mais je n’ai pas vu un blockbuster : j’ai suivi un conte saturé de couleurs fluorescentes et de… vérité.
Alors que l’actualité médiatique est saturée de propos de Donald Trump, un auteur dramaturge, Stefano Massini conte une histoire de l’actuel président des États-Unis.
On avait laissé Sébastien Berlendis sur les rives de la Méditerranée, entre vieux palais décatis et archéologie familiale. Deux ans après Lungomare, 24 fois l’Amérique s’éloigne pour un temps de l’Italie afin d’explorer le nord-est des États-Unis. Sur la route, le narrateur est en quête de Marianne, une femme avec qui il avait déjà fait le voyage une décennie auparavant.
L’année 2025 a été l’occasion de multiples publications de et sur Emmanuelle Pireyre : La performance narrative, livre issu d’une thèse soutenue à Paris 8 ; Double titre, en collaboration avec Valérie Mréjen ; l’ouvrage collectif qui lui est consacré et auquel elle a participé : Écrire, enquêter, performer ; Emmanuelle part en live. Et, fin 2024, il y avait eu Machine anti-machine.