Deux livres de Forough Farrokhzâd viennent de paraître simultanément dans une nouvelle traduction : l’un rassemble des textes en prose (principalement des lettres, avec des nouvelles, un récit de voyage en Europe, le scénario de la Maison est noire, quelques articles et des entretiens) ; l’autre, l’œuvre poétique complète, qui comprend cinq recueils, La Prisonnière (1954), Le Mur (1955), Rébellion (1956), Une autre naissance (1964) et Croyons à l’approche de la saison froide (posthume).

Le Palmier entraîne le lecteur sur les pas de Vive, huit ans, dans un jardin en apparence merveilleux et protecteur mais soumis à des intrusions violentes et à la mort. « Le langage est un rempart contre l’oubli », confie Valentine Goby. Dans ce parcours vers un dévoilement final, l’enquête menée par Vive sur ce palmier, qui n’est pas qu’un palmier, déploie une poétique du dédoublement et de l’attention au détail, au monde, à sa beauté et à ses failles, comme le souligne l’entretien que l’autrice nous a accordé.

Il y a aujourd’hui exactement 50 ans que Martin Heidegger a disparu et force est de constater que le grand philosophe du XXème siècle, né en 1889, ne fait à cette occasion l’objet d’aucun hommage ou commémoration en France, sa réputation étant sans aucun doute lestée par le poids des régulières publications accusatrices. Pourtant : « Ceux dont on ne dit plus le moindre mot, ceux que l’on prétend avoir réfutés exercent leur effet avec le plus de force — ils jettent même dans une constante inquiétude ceux qui ne leur ‘’tiennent tête’’ qu’en les évitant. »

Avec Nos invisibles (Cambourakis, 2024), Charlotte Bonnefon tisse un récit onirique et fragmentaire où se croisent mémoires traumatiques, violences coloniales, exils et résistances féminines. Entre archives morcelées et motifs obsédants, ces mémoires entravées tourbillonnent et se cristallisent en une sensation à la fois intime et universelle. Le livre est un objet totem, mosaïque de silences et de fulgurances, qui interroge : comment représenter l’invisible sans le trahir ou le figer ? Notre entretien avec l’autrice explore la genèse de ce texte labyrinthique, son rapport aux archives, la symbolique du tissage, des plantes et du minéral, et la manière dont l’écriture peut devenir acte de réparation collective.

Catherine Malabou réédite deux de ses livres, Au voleur ! Anarchisme et philosophie, dans la belle collection Quadridge des Presses Universitaires de France, et Ontologie de l’accident dans la merveilleuse Petite Bibliothèque/ Rivages poche. Elle avait jadis écrit La contre-allée avec Jacques Derrida (La Quinzaine/ Louis Vuitton, 1999), où l’on lisait notamment que « la déconstruction, c’est l’Amérique » (et aussi : « La déconstruction, c’est ce qui arrive »). L’Amérique, où Catherine Malabou enseigne la philosophie (à la New York University et à l’université de Californie, Irvine).

Francesco Petrarca naît à Arezzo en 1304 et meurt à Arquà, près de Padoue, en 1374. Sa famille s’installa à Carpentras après le déplacement de la papauté à Avignon en 1309. Pétrarque, François Pétrarque, serait par conséquent un peu français, lui qui chanta inlassablement Laure d’Avignon, qui effectua de longs séjours à Fontaine-de-Vaucluse ou qui donna son nom au pétrarquisme en fécondant les lettres françaises, de Ronsard à René Char (voir l’étude de Martin Rueff dans la revue Po&sie [131-132, 2010], « De la rectitude des noms – note sur le pétrarquisme français »). Étienne Anheim, en historien, s’applique à restituer la « famille » de Pétrarque.

4 mai 2026. Rencontre au CNL avec Antoine Volodine, porte-parole du post-exotisme, à l’occasion de la présentation de Retour au goudron, son 49e et dernier opus signé Infernus Iohannes, imprimé en onze volumes publiés simultanément par onze éditeurs différents : environ 2500 pages dont la lecture – pas question de sauter une ligne – devrait occuper la fin du printemps et le début de l’été. Nous en donnerons écho, de manière aussi peu académique que possible, quand cette somme sortira en librairie (fin août).

Voici quelques années maintenant que la dark romance soulève régulièrement débats et polémiques. La presse s’empare souvent du phénomène littéraire pour ne relayer que les controverses dans les pages « société » des quotidiens et hebdomadaires qui s’inquiètent des effets de cette littérature sur un lectorat souvent jeune, et parfois, il est vrai, trop jeune. Avec Dark romance – Guide amoureux que publient les éditions Goater, la chercheuse Fleur Hopkins-Loféron s’est attachée à décrypter le genre et à analyser cette littérature qui représente actuellement (New romance et dark romance confondues) près de 8% du marché mondial du livre.