Les Platonnes © Eric Merour

Ce samedi 1er octobre, à Drouot, à l’occasion de la « Nuit Blanche », les Platonnes présentent La Banquette. Kristina Mitalaité et Nariné Karslyan, historiennes de la philosophie et de la religion et Nicole Miquel, photographe et performeuse, décident, en effet, de subvertir le Banquet de Platon et d’en faire une performance féministe. Ainsi naît La Banquette des Platonnes – projet monumental où chacun des sept discours du Banquet originel de Platon fait l’objet d’une réécriture soigneusement féministe et se présente en performance polymorphe, comme l’explique Nariné Karslyan :

Jonathan Galassi
Jonathan Galassi

Il y a, sans conteste, une forme d’inconscience ou de défi à publier un premier roman quand on dirige l’une des maisons d’édition les plus réputées du monde. C’est pourtant ce que vient de faire Jonathan Galassi, président de Farrar, Straus and Giroux, avec Muse qui paraît en France, chez Fayard, traduit par Anne Damour, Muse ou la peinture acide d’un monde éditorial en pleine mutation et un hymne à la poésie, à la puissance de la littérature.
Diacritik a rencontré Jonathan Galassi lors de sa venue à Paris, en juin dernier, l’occasion d’évoquer avec lui les raisons pour lesquelles l’éditeur, poète et traducteur qu’il est s’est soudain tourné vers le roman mais aussi de l’interroger sur le présent et l’avenir de l’édition.

Sophie Quetteville et Fabien Clouette © Aurélie Garreau

Le 14 septembre 2016, Sophie Quetteville animait une rencontre au Monte en l’air à l’occasion de la sortie du Bal des ardents de Fabien Clouette (éditions de l’Ogre). Ce livre fait partie de ceux que Diacritik a particulièrement défendus en cette rentrée littéraire (lire ici l’article de jean-Philippe Cazier).

Tout récit est procès, plus encore quand il s’attache à l’Histoire, à la place de la violence et du pouvoir dans l’Histoire : mais que peuvent plus précisément nous dire les procès, en tant que scènes judiciaires, d’un passé récent, le XXe siècle ? Telle est la question centrale posée par un ouvrage récent et collectif des éditions Inculte, En Procès, dès son Avant-Propos signé Arno Bertina et Mathieu Larnaudie, à partir d’une réflexion de Lionel Ruffel : « courant sur tout le siècle, le procès est un élément essentiel de la réalité et des fictions politiques. Ce siècle (le vingtième) pourrait même efficacement être lu grâce aux représentations des procès qui l’ont traversé ».

Véronique Bergen par Athane Adrahane
Véronique Bergen par Athane Adrahane

Depuis sa thèse sur Gilles Deleuze, Véronique Bergen a définitivement quitté les ontologies de la profondeur au bénéfice de la surface, de ce qui arrive de manière épidermique, toujours au contact des événements dont nous sentons bien qu’ils viennent trouer la carapace de l’être. Il y était question déjà de dispositifs, à partir des Stoïciens, de Nietzsche, des jeunes filles de Carroll. Et les dispositifs sont sans doute ce qui reste déterminant dans cette longue traversée de Deleuze qui signe les débuts de Véronique Bergen.

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Voici un petit livre aussi intelligent que plaisant. Il tient son côté légèrement ludique de ce qu’il fonctionne suivant un principe d’emboîtement qui fait penser à des poupées russes. C’est que, maître d’œuvre, Nathalie Heinich y commente Alexandre Koyré, qui y commente Erwin Panofsky, qui y commente l’immense Galilée. Et cela signifie qu’une seule et même grande idée est en quelque sorte reprise quatre fois, nous promenant du XVIe au XXIe siècle. Quatre fois, c’est sans doute beaucoup, mais l’entreprise trouve toute sa raison d’être dans ce qu’elle tourne autour d’une thèse paradoxale à plus d’un égard et qui, initiée par Galileo Galilei, fait état d’une rare modernité tant pour la Renaissance italienne que pour notre époque.

Aquarius
Déjà remarqué avec un premier film prometteur, quoiqu’un peu surestimé : Les Bruits de Recife, le réalisateur brésilien Kleber Mendonça Filho confirme avec ce qui restera comme l’une des plus belles surprises de l’année cinéma : Aquarius, injustement oublié au palmarès du festival de Cannes par un Jury qui semble avoir consciencieusement évité une bonne partie des meilleurs films de la sélection.

Yoko Tawada
Yoko Tawada

Si le regard animal, l’animal que nous regardons et qui nous regarde font depuis toujours partie des préoccupations humaines, ne serait-ce que pour scruter la part animale dans chacun de nous, la visibilité de cette préoccupation a beaucoup augmenté depuis la circulation incessante des images et des informations dans les réseaux mondialisés. Il ne se passe pas une journée où lorsque nous ouvrons Facebook il n’y a pas un chat qui nous regarde, un quelconque film animalier qui essaie de nous égayer ou au contraire d’éveiller notre mauvaise conscience de carnivores. La littérature n’est pas en reste depuis les fables de La Fontaine, Le silence des bêtes d’Élisabeth de Fontenay ou récemment La défaite des maîtres et possesseurs de Vincent Message, pour ne nommer que ceux qui me viennent spontanément à l’esprit. Les animaux ont obtenu droit de cité, même si cela ne change pas grand-chose à leurs conditions de vie. L’animal est donc une histoire médiate, et Davy Crockett avait raison de dire qu’ « il semblerait plus facile de rencontrer l’humain qui a vu l’humain qui a vu l’ours que de rencontrer l’ours lui-même ».