On sait qu’au théâtre ou en musique une œuvre est inséparable de son interprétation et qu’il faudrait ainsi toujours citer l’interprétation la meilleure – comme par exemple Mozart dans son lied le plus célèbre, intitulé Abendempfindung, en fa, K. 523, par l’incomparable mozartienne Irmgard Seefried – ou encore le 23è concerto pour piano et orchestre, en la, K. 488, joué par Clara Haskill… « Interpréter c’est jouer », dit aujourd’hui Johann Michel dans son essai éponyme, savamment sous-titré « Herméneutique musicale », où il montre – en trois temps – qu’interpréter c’est déchiffrer – c’est performer – c’est aussi écouter …

« Le Moyen Âge est un enfant élevé par un vieillard… », disait Antoine Auguste Cournot que Marc Bloch citait dans ses Carnets inédits 1917-1943, qu’on peut lire aux éditions Amsterdam. Dans La Société féodale (qui a reparu le 22 avril dernier dans une édition revue et augmentée avec une préface de Mathieu Arnoux), Marc Bloch dit que ce monde qui se croyait très vieux était en fait dirigé par des hommes jeunes.

C’est un drôle de livre de Joyce Maynard qu’ont publié les éditions Philippe Rey, dans une traduction de Laurence Richard, en mai dernier. Parue aux États-Unis en octobre 2022, cette novella est une commande d’‎Amazon Original Stories. Le cahier des charges de la plateforme se piquant d’édition est rempli par l’autrice : s’inspirer d’une affaire criminelle qui venait de bouleverser les États-Unis et le monde entier, le meurtre de l’influenceuse Gabby Petito par son petit ami, en 2021. Mais le livre n’est jamais qu’une sorte de concentré aseptisé de ce type de true crime, un vade-mecum de tout ce qu’il ne faut pas faire.

Séries ou films vite faits-mal faits, sur-côtés, ou franchement mauvais et dont le succès critique ou public dépasse l’entendement, visionnages qui, eux, ne dépassent pas la fin de la séquence pré-générique… Quelques critiques expéditives histoire de passer moins de temps à écrire des roasts en règle qu’à regarder des bouses à la télévision.

Il est tôt le matin, il n’y a personne sur la plage, debout sur le rocher qu’elle a escaladé, Noor balbutie : « Voilà, c’est tout ce que je veux : pouvoir plonger. Je ne demande pas la lune. Je veux pouvoir venir ici quand je veux, aussi souvent que je veux. » Comme les garçons, « pouvoir plonger, nager et être libre. (…) Et ce cri, ce cri qui sort des entrailles, celui que tous les garçons poussent en sautant : « À la moriskaaaa !!!! ». Alors moi aussi, aujourd’hui en plongeant je veux crier, à m’en faire exploser les cordes vocales : « À la moriskaaaa !!!! ». »

5 juin 2026. Cette fin de saison laissera comme d’habitude sur le tapis – celui de l’atelier : un rectangle de 132 x 196 cm bon marché, mais solide, en « fibres naturelles » teintées d’une couleur sombre qui renforce leur présence – quelques titres qui, quoique intéressants, n’ont pu trouver leur place dans cet espace de recension, pourtant très ouvert (et peut-être trop – même s’il me semble qu’on n’est jamais assez ouvert, y compris à ce qui, dans un premier temps, nous repousse).

Deux ouvrages ont récemment paru : La Vie bonne. Notre socialisme (Divergences) puis Autogestion générale. Sortir du capitalisme : méthode (Les liens qui libèrent). Le premier est signé Joseph Andras, écrivain et contributeur régulier à L’Humanité, et le second Guillaume Etiévant, ancien secrétaire national du Parti de Gauche, expert des questions économiques en milieu syndical et co-rédacteur en chef du magazine Frustration. Les deux auteurs ne se connaissent pas, mais le désir de contribuer à un débat plus collectif sur la possibilité d’émergence d’un socialisme à la fois révolutionnaire et démocratique les a conduits à dialoguer. Le tutoiement s’est imposé, tradition égalitaire oblige.