Sorti le 30 mars dernier, on ne peut pas dire que l’album du nouveau duo formé par le multi-instrumentiste Ben Harper et l’harmoniciste Charlie Musselwhite – et consacré par tout ce que le Blues compte de figures saintes, soit resté coincé très longtemps dans les limbes d’une réception confinée. Ben Harper et Charlie Musselwhite, respectivement âgés de 49 et 74 ans, semblent changer tout ce qu’ils touchent en or, et ce nouvel album ne fait pas exception à la règle. Après une tournée mondiale à guichets fermés, menée tambour battant sur plus d’une centaine de dates, on a voulu passer le disque-évènement au révélateur de la critique.

Sale temps pour l’inspecteur principal Chen Cao. En légère disgrâce après des prises de position qui ont pu froisser les instances dirigeantes du Parti, le policier, traducteur et poète à ses heures, se voit confier une mission qui fait resurgir démons du passé et jette un voile trouble sur le futur. Avec Chine, retiens ton souffle, Qiu Xiaolong livre un polar gigogne sur fond de combat pour l’écologie et de lutte entre l’intime et le collectif.

La pièce requiert son propre espace et son propre temps. Un certain protocole est présupposé. Pas plus de cinq ou six « spectateurs » – qui ne sont pas des spectateurs – présents en même temps. Les portables, les clefs, les sacs doivent être déposés à l’entrée. Il faut avoir réservé et arriver à telle heure précise, entrer ensemble dans l’espace où aura lieu la pièce. Mais celle-ci pourrait avoir déjà commencé. N’a-t-elle pas déjà commencé ? Et son commencement commence quand, précisément ? Les contours sont brouillés, et les mots, les idées.

« Tôt ou tard, tout devient télévision », écrivait J. G. Ballard, en épigraphe de Par les écrans du monde de Fanny Taillandier, roman par ailleurs placé sous l’exergue de deux récits de création, le texte de Ballard (Jour de création) et le Coran (une sourate des Factions), comme si tout désormais n’était plus créé que pour être vu, selon les règles d’une culture du spectacle, d’une mise en images et d’une spécularité discursive généralisée dont le 11 septembre aura été l’acmé.

La robe qui donne son titre à ce saisissant récit de Nathalie Léger, c’est celle que porta l’artiste Pippa Bacca pour un voyage qui devait la conduire en auto-stop de Milan jusqu’à Jérusalem, afin d’effacer les horreurs de la guerre. Mais ce voyage a pris désastreusement fin en Turquie, où la jeune femme fut violée et tuée. Cette robe, qui était un instrument de réparation, est aussi une surface graphique qui prend sa part de la salissure et des ordures du chemin, qui témoigne concrètement du parcours de l’artiste. Robe blanche et page blanche, performance et récit, c’est dans cet écart que s’invente l’étonnant texte de Nathalie Léger, avec sensibilité et élégance.

La gentrification des esprits est le deuxième livre de Sarah Schulman à être traduit en quelques mois en français. Dans cet essai, elle analyse les rapports entre la gentrification urbaine et l’homogénéisation des pensées, des cultures, du tissu social. Rencontre et entretien avec la romancière, essayiste et dramaturge américaine.

On se souvient tous (ou presque) d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004). Michel Gondry avait donné à Jim Carrey l’un de ses plus beaux rôles, celui d’un amoureux au coeur brisé cherchant à effacer son amour déçu de sa mémoire. Depuis le 9 septembre 2018, les deux hommes sont de retour avec un projet tout aussi passionnant et étrange, Kidding. Ce lundi 15 octobre, nous découvrions l’épisode 6/10 sur Canal, l’occasion de faire un point de presque mi-saison.