« On sait encore trop peu ce que les femmes veulent, érotisent », souligne Emmanuelle Richard, dix ans après la parution de son récit Pour la peau (L’Olivier) sur sa relation toxique avec un homme qu’elle aimait « plus que tout, plus que [s]a vie même ». Avec Première amoure, texte hybride, mi-autofiction, mi-essai personnel, Emmanuelle Richard crée les images manquantes du désir de femmes hétéra dans une perspective joyeuse, avec l’exaltation des sens et la jouissance », substituant la culture de l’horizontalité des rapports à la culture du viol.
24 février 2026. Il y a six jours, György Kurtág fêtait ses cent ans. Il est un des derniers, et peut-être le dernier – car depuis plus de vingt-cinq ans, nous sommes davantage en période de restauration que d’exploration – de la trempe des grands fondateurs de la musique du vingtième siècle : Stravinsky, Webern, Bartók. Sensuelle et pensée avec précision, sa musique a été jouée un peu partout dans le monde le jour même de son anniversaire. Mais le plus admirable est que le lendemain a eu lieu à Budapest la première de son deuxième opéra, Die Stechardin, un monodrame dont le livret est inspiré des écrits et de la correspondance de Georg Christoph Lichtenberg.
Les écritures de la disparition sont nombreuses. Elles renvoient le plus souvent à la mélancolie romantique, au désastre du néant, ou encore à la combinaison oulipienne jubilatoire.
Diacritik publie : « il suffit de traverser la mer », un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen.
Traduire est toujours une prise de risque, une remise en jeu de la langue, parfois même une mise à l’épreuve de soi. C’est à cet endroit précis, là où beaucoup se contentent de transmettre, que Claro engage autre chose que l’on pourrait considérer comme une sorte de confrontation prolongée avec les textes, leur ambiguïté, leur résistance intime.
Dix ans après sa parution, Aux Forges de Vulcain réédite le roman de Cathy Jurado, Nous tous sommes innocents. L’occasion de redécouvrir ce récit singulier, inspiré par la vie mystérieuse et le destin tragique d’un paysan d’Aquitaine.
Poésie et politique et ontologie se mélangent dans le livre de Cole Swensen, Et et et. Cette association serait moins un choix que le redoublement d’un constat autant que la réponse à un impératif : tout est mélangé ; tout doit être mélangé.
Une série d’Olivier Steiner.
De février 2026 jusqu’à l’épuisement des batteries / des nerfs / du sens.
» Je prophétise une époque où le nouveau pouvoir se servira de vos paroles libertaires pour créer un nouveau pouvoir homologué, pour créer une nouvelle inquisition, pour créer un nouveau conformisme. Et ses clercs seront des clercs de gauche. »
Pier Paolo Pasolini
Décidément, les années semblent passer sur Gérard Titus-Carmel, né en 1942, sans l’atteindre tant son activité ces dernières années étonne encore. On le connaissait depuis les années 60 comme peintre, on le découvrait poète conséquent deux décennies plus tard, puis auteur d’essais pénétrants tant sur l’art que sur les écrivains. Plus récemment, il a rendu public un fort volume autobiographique ainsi qu’un touchant échange épistolaire avec son ami le romancier Christian Gailly, trop tôt décédé, et voici qu’il signe aujourd’hui, à quatre-vingt-trois ans, un premier recueil de nouvelles, ces Palières dont la maîtrise et l’intranquillité étonnent.
Livre après livre, Mathieu Simonet élabore une œuvre singulière où l’intime ne cesse de se mêler au collectif. Façon, peut-être, de prendre au pied de la lettre l’injonction Guibertienne : Il faut que les secrets circulent !
Très tôt elle eut droit à l’attention du grand critique littéraire Jean-Pierre Richard (1922-2019), dans ses Essais de critique buissonnière (Gallimard, 1999), où il disait que « sans être des contes de fées, les textes d’Anne Serre relèvent pourtant quelque peu de leur thématique et de leur fantasmatique ».
Ça commence par un trajet Paris-Marseille en TGV pour retrouver la ville de naissance et les fêtes de fin d’année : trois heures pour lire.
à Pierre Amrouche
De Lawrence Durrell (1912-1990), avant L’Île de Prospéro (Prospero’s Cell, 1945), les éditions Bartillat, avaient déjà republié en 2010 Les îles grecques (The Greek Islands, 1978, traduit par Didier Coste et repris en poche en 2017). Si L’Île de Prospéro peut se lire comme une sorte de « préparation du roman », à l’inverse, Les îles grecques offre davantage un regard rétrospectif, ces essais, entre le journal et le guide touristique, éclairant la genèse de l’œuvre.
Diacritik publie : « il suffit de traverser la mer », un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen.