Catherine Malabou réédite deux de ses livres, Au voleur ! Anarchisme et philosophie, dans la belle collection Quadridge des Presses Universitaires de France, et Ontologie de l’accident dans la merveilleuse Petite Bibliothèque/ Rivages poche. Elle avait jadis écrit La contre-allée avec Jacques Derrida (La Quinzaine/ Louis Vuitton, 1999), où l’on lisait notamment que « la déconstruction, c’est l’Amérique » (et aussi : « La déconstruction, c’est ce qui arrive »). L’Amérique, où Catherine Malabou enseigne la philosophie (à la New York University et à l’université de Californie, Irvine).
Francesco Petrarca naît à Arezzo en 1304 et meurt à Arquà, près de Padoue, en 1374. Sa famille s’installa à Carpentras après le déplacement de la papauté à Avignon en 1309. Pétrarque, François Pétrarque, serait par conséquent un peu français, lui qui chanta inlassablement Laure d’Avignon, qui effectua de longs séjours à Fontaine-de-Vaucluse ou qui donna son nom au pétrarquisme en fécondant les lettres françaises, de Ronsard à René Char (voir l’étude de Martin Rueff dans la revue Po&sie [131-132, 2010], « De la rectitude des noms – note sur le pétrarquisme français »). Étienne Anheim, en historien, s’applique à restituer la « famille » de Pétrarque.
Avec La Destruction comme cause du Devenir de Sabina Spielrein, les éditions Mater poursuivent la réhabilitation de figures féminines longtemps reléguées aux marges de l’histoire intellectuelle.
Anne F. Garréta publie peu, et chaque livre est « autre ». À chaque fois, c’est comme si l’auteure cherchait un nouveau point d’où repartir à neuf.
4 mai 2026. Rencontre au CNL avec Antoine Volodine, porte-parole du post-exotisme, à l’occasion de la présentation de Retour au goudron, son 49e et dernier opus signé Infernus Iohannes, imprimé en onze volumes publiés simultanément par onze éditeurs différents : environ 2500 pages dont la lecture – pas question de sauter une ligne – devrait occuper la fin du printemps et le début de l’été. Nous en donnerons écho, de manière aussi peu académique que possible, quand cette somme sortira en librairie (fin août).
Après Le cours de l’eau, Grégoire Sourice fait paraître un premier roman, SecondeMain, qui interroge, à partir de petites annonces insolites mises en ligne, nos rapports aux objets et aux doubles numériques. Entretien avec l’auteur.
C’est le moment de la compétition où les billets de films de 8h30 se libèrent comme des petits pains à minuit le soir d’avant et où la Croisette est agréablement vide jusqu’à 11h du matin.
« Quand j’étais un enfant / Un dieu souvent me retirait / Des cris et du fouet des hommes. / Je m’amusais alors en sûreté / Et bien avec les fleurs du bois, / Et les brises menues du ciel / S’amusaient avec moi. »
John Jefferson Selve a fait paraître La matière humaine en février dernier. Entretien avec l’auteur.
Faut-il être dans l’excès pour être vivant ?
Voici quelques années maintenant que la dark romance soulève régulièrement débats et polémiques. La presse s’empare souvent du phénomène littéraire pour ne relayer que les controverses dans les pages « société » des quotidiens et hebdomadaires qui s’inquiètent des effets de cette littérature sur un lectorat souvent jeune, et parfois, il est vrai, trop jeune. Avec Dark romance – Guide amoureux que publient les éditions Goater, la chercheuse Fleur Hopkins-Loféron s’est attachée à décrypter le genre et à analyser cette littérature qui représente actuellement (New romance et dark romance confondues) près de 8% du marché mondial du livre.
Le rat ne revient pas seulement dans les caves, les ports ou les arrière-cours des grandes villes, il resurgit dans les replis les plus anciens de notre imaginaire. À la faveur d’une alerte sanitaire liée à un Hantavirus sur un navire de croisière, c’est toute une mémoire enfouie des épidémies qui resurgit brutalement. Depuis le Covid-19, le simple mot de « virus » suffit désormais à produire un effet psychique immédiat : aucune menace infectieuse n’est anodine et chaque épisode semble réactiver un état latent d’inquiétude collective.
Le cinéma peut-il régler les problèmes de papa ?
C’est le 2e jour de la compétition et ça sent la révolte à plein nez dans les salles sombres après la tribune signée par 600 professionnels du cinéma pour dénoncer l’emprise de Bolloré sur le cinéma.
27 avril 2026. Abandonné en l’état ce matin l’épisode (71) où six ouvrages assez dissemblables entrent en résonance. Les idées venant plus rapidement que leur formulation, mettre un point final, c’est arrêter le travail d’élagage qui se voudrait infini. Mais l’imparfait restant de règle au Terrain vague, in fine ce sont les oreilles qui décident – et la peau.