C’est peut-être toujours à la rumeur de la matière, à l’incandescence des choses tues que Célia Houdart confie depuis bientôt une dizaine d’années chacun de ses romans. Tout un monde lointain qui paraît cette rentrée chez P.O.L. ne fait pas exception à la règle et installe sans détour possible son auteure comme l’une de nos romancières capitales.

Il est des livres qui emportent par l’histoire qu’ils proposent, puissante, véritable lame de fond qui masque le tour de force littéraire qu’une telle puissance suppose : Vera est de ceux-là. Ce pourrait être une histoire d’amour (impossible, dévastatrice), un roman d’apprentissage, un roman social. Tous ces types de récits sont là et pourtant ailleurs, comme un horizon, un idéal et peut-être une béance.