Voici les Œuvres choisies de Curzio Malaparte (1898-1957), un gros volume Quarto/Gallimard où l’on a notamment ses deux grands romans, Kaputt (1944) et La Peau (1949), sans lesquels on aurait sans doute oublié l’écrivain qu’il a été – lui qui a pourtant écrit beaucoup de livres, essais, polémiques, observations, souvenirs – « tous intelligents » dit Kundera qui figure en ouverture de ce gros volume Quarto avec son essai intitulé « La Peau : un archi-roman », extrait de son livre de critique littéraire : « Une Rencontre » (Pléiade/Gallimard).

Voici le nouveau roman d’Eric Chevillard, Jaune soleil, qui paraît comme il se doit chez Minuit avec la réédition simultanée de son autobiographie Monotobio dans la collection de poche « Double », où Chevillard cite l’Organon d’Aristote sur la question du hasard… pour dire, au fond, que « tout arrive nécessairement et sans aucune indétermination ».

Connaissez-vous la très belle revue d’histoire de l’art de la Villa Médicis, la revue Studiolo que les éditions Macula ont entrepris de publier depuis quelques années ? On pourra citer le numéro consacré à Raphaël en 2020-2021, mais aussi le numéro sur le thème de « l’indétermination » en 2021-2022 ; ou encore « La vie des œuvres » en 2023-2024 et aujourd’hui : « Atlas. Soutenir, Soutenable » qui est déjà le numéro 20. Car c’est en 2002 qu’avait été créée cette magistrale revue annuelle, internationale, trilingue (français, italien, anglais) par l’Académie de France à Rome – Villa Médicis…

Foisonnant. C’est le premier mot qui vient à l’esprit lorsque l’on pense ou que l’on évoque l’univers des revues. On aurait aussi pu écrire vivant, fragile, nécessaire, engagé… surtout à l’heure du numérique, de l’éphémère, des contenus sous intelligence artificielle, du prêt à penser et des vérités alternatives.

Il faut dire je ne la supporte pas ta putain d’époque. Cette phrase qui tient plus de la percussion que de l’insulte est dite par un écrivain à bord d’un avion qui va s’écraser dans quelques minutes. L’appareil chute et le narrateur se met alors à penser tout haut. Dans quel monde va-t-il donc disparaître ? Qu’est-ce qui a été réellement vécu ?

La Vierge du chancelier Rolin, chef d’œuvre signé Jan Van Eyck (vers 1390/95-1441) est entrée au Louvre en 1800 mais n’avait jamais fait l’objet d’une restauration. C’est chose faite, grâce au Centre de recherche et de restauration des musées de France, et il est donc temps de la célébrer avec une exposition dans la petite salle de la Chapelle de l’aile Sully, qui regroupe pour l’occasion six œuvres de l’artiste, soit le plus grand ensemble jamais présenté en France.

Le Terrain vague n’est pas un lieu où chacun vit replié sur lui-même, mais un espace ouvert où des bandes d’Indiens, liés par de nombreuses affinités et partageant quelques rejets, échangent au hasard des rencontres, élaborant ainsi des constellations animées par le désir de changement. N’en cherchez pas l’entrée au centre de la Cité, elle n’y est pas. Pour y accéder, il est nécessaire de se projeter à l’écart des lieux de pouvoir – donc de cultiver le goût des marges, et d’entretenir un rapport au temps non mesuré.

Elle est un peu folle, la vitesse qui nous précipite d’une lecture à l’autre. Il convient, non seulement de freiner, mais aussi, et surtout, de faire de longues pauses, avant de reprendre autrement ce qu’on croyait achevé. Au Terrain vague, il n’y a pas de clé, mais des sésames, qu’on ne découvre qu’à relecture. Nul besoin de précipitation, sinon en rêve, après avoir pris soin de glisser un carnet et un crayon sous l’oreiller.