Cela n’aura pas échappé aux lecteurs de Diacritik : le patron de Tesla, SpaceX et Neuralink a récemment émis l’hypothèse que le langage humain pourrait bien devenir obsolète dans les cinq années à venir. Dans le même temps, des robots envahissent le quotidien et tendent à militariser l’espace public. Nous avons souhaité recueillir dans un grand entretien la pensée de Valentin Retz, écrivain et co-animateur de la revue Ligne de risque, pour sereinement discuter de ces symptômes modernes et de tenter de les dissoudre grâce à la littérature.

Le 19 août 1991, à Crown Heights (Brooklyn), un enfant joue avec sa cousine devant le 1677 President Street lorsqu’il est fauché par une voiture. La scène terrible ouvre Nuits d’été à Brooklyn de Colombe Schneck, ample mise en perspective romanesque des tensions raciales aux États-Unis, à travers les émeutes qui vont opposer communauté noire et communauté juive après la mort de Gavin Gato, cet enfant noir écrasé par le conducteur de l’escorte d’un rabbin, comme à travers l’histoire d’amour d’un professeur de NYU et d’une jeune journaliste française qui vient d’arriver à New York. Dans un grand entretien, Colombe Schneck revient pour nous sur la manière dont son récit articule fait et fiction comme sur sa pratique singulière, le temps du confinement, d’une « fabrique » de son roman sur Instagram.

Vincent Message est maître de conférences en littérature à l’université Paris 8 et l’auteur de plusieurs romans : Les Veilleurs, Défaite des maîtres et possesseurs et Cora dans la spirale récemment publié aux Éditions du Seuil. Il y décrit avec beaucoup de maîtrise et de sensibilité l’engrenage dans lequel plonge une jeune femme, cadre dans une grande société assurantielle. Nous l’avons rencontré le 5 février 2020 lors d’une soirée  de l’Association Étudiante des Protestants de Paris, organisée par Samuel François et Patricia Glaizal. On retrouvera ici l’essentiel de cet échange.

Avec Le Scribe, Célia Houdart livre sans doute son plus beau roman, le plus magnétique, le plus sensible et le plus sensuel. A travers l’histoire d’un jeune chercheur en mathématiques, Chandra, venu d’Inde en France, la romancière déploie un puissant roman d’apprentissage entre Paris et Calcutta, où les destins ne cessent de se croiser, au gré de la Seine ou du Gange. L’occasion pour Diacritik d’aller à la rencontre de la romancière qui, par ce récit qui porte les vibrantes marques des inquiétudes politiques et écologiques, confirme combien elle est l’une des écritures contemporaines parmi les plus remarquables.

Indubitablement, depuis une poignée d’années, Possession immédiate s’est imposée parmi les revues littéraires et plastiques comme l’une des plus créatives et riches de sa génération. Emmené par John Jefferson Selve, ce nouveau numéro ne déroge pas à la règle en se plaçant d’emblée sous un mot d’ordre rayonnant et vif : « Seule la joie retourne ».

Alors que les modalités de la mise en œuvre de l’application StopCovid entrent en discussion au Parlement et que les possibilités qu’elle ouvre posent des questions capitales, nous avons voulu donner la parole à un spécialiste des dispositifs numériques modernes. Olivier Tesquet, journaliste à Télérama, est l’auteur du livre À la trace, Enquête sur les nouveaux territoires de la surveillance, disponible aux éditions Premier Parallèle. Cartographe et historien du monde contemporain, son ouvrage comme sa parole tiennent de l’alerte essentielle.

C’est en musicien que j’ai d’abord rencontré l’art de Benoît Jacques, ce dernier ayant eu l’idée de partir de la notation musicale (en tant que pure apparence graphique) pour inventer quelques partitions injouables, mais évocatrices d’improbables concerts. Sous-titré A note book by Benoît Jacques, Play it by ear (1989) a le don de faire hurler de rire les interprètes et les compositeurs qui le placent du côté des partitions dessinées d’Erik Satie auquel il est d’ailleurs rendu hommage.

Les lecteurs peuvent, le temps du confinement, lire intégralement Un fantôme dans la bibliothèque, livre qui est avant tout le dévoilement d’une intimité intellectuelle, une forme d’« exposition », comme le dit Maurice Olender dans le long et bel entretien vidéo qu’il avait accordé à Christine Marcandier lors de la sortie du livre dont on trouvera ici la transcription.

Les librairies sont fermées et les initiatives d’éditeurs se multiplient pour permettre aux lecteurs d’accéder à leurs titres, et en particulier à des livres tout justes parus et rendus indisponibles par le confinement. C’est le cas des éditions Inculte qui nous permettent d’accéder en un clic et quelques euros à quinze nouveautés et/ou livres de fond de leur catalogue. Parmi ceux-ci, A fendre le cœur le plus dur signé Jérôme Ferrai et Oliver Rohe, auquel Diacritik avait consacré plusieurs articles, ici réunis, lors de sa sortie.

A l’occasion de cet entretien avec Emmanuèle Jawad, le poète Jean-Patrice Courtois revient sur certains moments et enjeux du travail qu’il développe de livre en livre : le rapport aux documents, la réflexion sur la phrase, les imbrications possibles de la poésie et des sciences… Un entretien non pour clore une œuvre mais pour indiquer certains de ses chemins à venir.