Suzanne Doppelt

Dans l’ensemble des livres de Suzanne Doppelt, et plus précisément de Totem (2002) à Vak spectra (2017), dans Le pré est vénéneux (2007) ou La plus grande aberration (2012), textes et photographies s’agencent dans un travail de combinaison rythmant l’écriture à la fois littéraire et photographique. Les photographies en noir et blanc se composent souvent par séries ou planches selon différents formats.

Vélimir Khlebnikov

Véritable événement de la rentrée, les œuvres de Vélimir Khlebnikov, rassemblant en un volume les années 1919-1922, paraissent chez Verdier sous la houlette d’Yvan Mignot.
Pour Diacritik, Pierre Parlant a interrogé le traducteur et préfacier de ce volume sur cette entreprise poétique parmi les plus remarquables de la littérature russe du 20e siècle.


L’une des caractéristiques les plus fascinantes des éditions Inculte, en sens tout autant laboratoire du contemporain que maison d’édition, est la dimension collective du travail mené, via des revues, des rencontres croisées de ses auteurs, des collectifs ou des livres écrits à quatre mains comme A fendre le cœur le plus dur, signé Jérôme Ferrari et Oliver Rohe qui sort aujourd’hui en poche chez Babel. L’occasion de retrouver l’entretien vidéo réalisé avec Oliver Rohe lors de la publication du livre en grand format.

 


A fendre le cœur le plus dur, écrit par Jérôme Ferrari et Oliver Rohe, porte sur un ensemble de photographies prises par l’écrivain et journaliste Gaston Chérau en 1911, dans la Tripolitaine, en Libye, alors occupée par l’armée italienne et où Chérau est envoyé par le journal français Le Matin. A l’occasion de la publication en poche du livre, en Babel (Actes Sud), retour sur A fendre le cœur le plus dur, via un entretien avec les deux auteurs réalisé lors de la sortie du texte en grand format (Inculte).

Zombie Zombie © Jean-Philippe Cazier

Le 20 octobre prochain sortira Livity, le nouvel album de Zombie Zombie. Entre musique électronique et jazz, Krautrock et dance, les sept morceaux qui le composent prolongent de manière particulièrement réussie les expérimentations que le groupe poursuit depuis ses débuts. La structure de chacun articule des plages sonores qui se développent, se superposent ou se différencient, intègrent répétitions et variations, vont parfois jusqu’au bruit, installent des ambiances lancinantes en même temps que dansantes. Le morceau le plus emblématique est peut-être « Looose », qui fait coexister sur un rythme très dansant l’afro beat, le free jazz, la musique électronique, l’énergie d’un concert de rock, le bruitage quasiment cinématographique. Rencontre et entretien avec Etienne Jaumet, Cosmic Néman et Dr Schönberg (Jérôme Lorichon).

Tamer El Said (DR)

This summer, France Culture broadcast a set of programs with Daniel Arasse, a travel through the paintings that have been significant for him. In the first show, I hear pieces of what he says about painting and I’ve probably a sensibility and a memory more auditive than when I read his work. I believe in the embodiment of the thought, in its power when it comes to be expressed at loud. The space is then inhabited, reasoning and resonating, and I, shunted in it. The poet Arasse is “soaked up by the painting”. “It rises, it takes you”, he says. This precise morning, his voice soaks me up too, whereas I’m still inhabited and overwhelmed by the projection of a film I saw the evening before. In the last days of the city (Akher ayam el madina) by Tamer El Said.

Tamer El Said (DR)

Cet été, France Culture rediffusait une série d’émissions avec Daniel Arasse qui voyage à travers les tableaux qui l’ont marqué. Dans la première, je retiens des bribes de ce qu’il dit sur la peinture. Je l’écoute car j’ai sans doute une sensibilité et une mémoire plus auditive que je n’en ai en le lisant. Je crois en l’incarnation de la pensée, en sa puissance médiatique lorsqu’elle est formulée de vive voix ou en situation. C’est l’espace qui se voit habité, raisonnant et résonnant, et moi balloté sensoriellement dedans. L’aède Arasse est « pénétré par la Peinture ». « Elle se lève, elle vous prend, elle me prend », dit-il. Sa voix aussi ce matin-là me prend alors que je suis encore habité et bouleversé par la projection d’un film que j’ai vu la veille. Les derniers jours d’une ville (Akher ayam el madina) de Tamer El Said.

Charif Majdalani (DR)

À l’occasion de la parution de L’Empereur à pied (lire ici l’article de Pierre Parlant), Diacritik a rencontré Charif Majdalani pour s’entretenir avec lui de ce puissant roman, conte cruel et tragique sur la puissance exorbitante des mots. Un roman clef de cette rentrée littéraire.

Amandine Gay © Enrico Bartolucci

Le 11 octobre prochain sortira dans les salles le film d’Amandine Gay, Ouvrir la voix, un documentaire beau et politique dans lequel s’enchevêtrent les témoignages de vingt-quatre femmes noires. Des femmes que l’on n’entend pas, que l’on ne voit pas dans le paysage audiovisuel habituel, des femmes diverses dont les parcours individuels viennent se confronter au racisme systémique. Dans Ouvrir la voix, anecdotes humoristiques et histoires de discriminations se côtoient, dessinant ensemble les contours des identités et conditions afro-féministes qui doivent être enfin entendues.

Wendy Guerra (DR)

Un dimanche de révolution, cinquième roman de Wendy Guerra traduit en français, s’articule autour d’une triple question identitaire : qu’est-ce qu’être une femme ? qu’est-ce qu’être écrivain aujourd’hui ? qu’est-ce qu’être Cubaine ? chacune de ces interrogations devant, bien sûr, être entendue comme indissociable des deux autres. Wendy Guerra est une virtuose du croisement de territoires qu’ils soient génériques, géographiques ou artistiques, en proie à ce que sa narratrice nomme « la maladie de Cuba, qui consiste à faire atterrir une réalité dans l’autre ».
Diacritik a rencontré Wendy Guerra la semaine dernière pour un grand entretien, traduit de l’espagnol par son éditrice française, Juliette Ponce, qui nous explique également pourquoi elle a été séduite par ce roman.

Nicanor Parra

À l’occasion de la parution des splendides Poèmes et antipoèmes de Nicanor Parra, l’écrivaine Claire Tencin a interrogé pour Diacritik Felipe Tupper, le maître d’œuvre de cette indispensable anthologie bilingue qui vient de paraître au Seuil dans la collection de Maurice Olender. Tencin et Tupper s’interrogent ici sur les arcanes de l’œuvre clef du poète chilien de 103 ans, enfin traduite en français par Bernard Pautrat.

Manifestation contre l’islamophobie, le 14 mars 2015 à Paris

Revenant sur une actualité nourrie depuis de nombreuses années par de faux débats sur les présumés musulmans, Nedjib Sidi Moussa offre dans La Figure du Musulman une vigoureuse et éclairante réflexion sur le rôle des politiques dans la propagation d’une fièvre identitaire confusionniste et apeurée. Soulignant l’opportunisme ou l’aveuglement de certains courants réactionnaires, Nedjib Sidi Moussa met en lumière l’action des racistes, des antiracistes et des entrepreneurs communautaires dans le remplacement de l’« Arabe » par le « Musulman », de l’ouvrier par le délinquant radicalisé. Mais que faut-il précisément entendre par cette figure du Musulman ? Ne s’agit-il pas d’une figure sciemment utilisée par certains pour détruire la classe ouvrière ? Et comment expliquer cette complaisance de « la gauche de la gauche » pour les thèses confuses et peu rigoureuses des Indigènes de la République et de leur figure de proue, Houria Bouteldja ? Autant de questions que Diacritik a voulu poser, le temps d’un grand entretien, à Nedjib Sidi Moussa, auteur de l’un des essais les plus remarquables de ces dernières années.