2020 vit dans l’événement du grand retour d’Eugène Savitzkaya qui, avec la parution chez Minuit d’Au pays des poules aux œufs d’or, livre l’un de ses plus grands textes. Histoire fabuleuse d’un héron et d’une renarde, ce conte d’une beauté conjointement éthérée et tellurique ne cesse d’interroger son propre genre : fable ou roman ? Cinéma ou pur roman ? Dans ce texte d’une jouissance verte, où la nature revient aux hommes, Savitzkaya démontre encore combien, patient inventeur de notre littérature contemporaine, il s’affirme comme l’un des écrivains majeurs de notre temps. Autant de raisons pour Diacritik de partir à la rencontre le temps d’un grand entretien du romancier et poète qui signe l’un des textes déjà parmi les plus remarquables de cette année.

1. C’est en février 2009, alors que sortait en librairie une nouvelle formule de Lapin (la quatrième de cette revue de L’Association en perpétuelle métamorphose), que le nom d’Anne Simon a commencé à me faire signe (même si j’avais déjà survolé Perséphone aux enfers, publié en 2006 chez Michel Lagarde).

Vendredi 23 juin 2017, Eugène Savitzkaya nous a fait l’honneur de sa présence lors de la quatrième soirée Diacritik/Atout livre. Après la lecture de Sister (éditions L’œil d’or), il a répondu aux questions de Johan Faerber, évoquant les figures du fou et du fraudeur en littérature mais aussi la pêche à la ligne, déroulé magique d’un rapport esthétique et politique au monde, celui d’un « jouisseur de gouttes d’eau ».

« Tout ici semble écrit dans le langage d’un vent de dégel », s’exclamait impétueusement Nietzsche dans sa préface au Gai Savoir en une formule qui pourrait servir de préambule et de guide idéal à la lecture de Fraudeur et À la cyprine d’Eugène Savitzkaya.
Eugène Savitzkaya qui vient d’être couronné, mardi 1er décembre, par le prix Rossel, 2015, pour Fraudeur.