Les photographies n’ont que l’ombre et la lumière pour dire, et, à la rigueur, des couleurs. Dans un livre qui hante, Les yeux fermés, les yeux ouverts – avec Francesca Woodman, Virginie Gautier a donné une voix aux énigmatiques portraits de femmes de la photographe américaine Francesca Woodman (1958-1981), redonnant vie aux mouvements que la prise de vue a figés.

Pourquoi revenir sur Rose Madder en ces temps où beaucoup de certitudes vacillent en même temps que les couples s’enferrent dans des rapports conflictuels ? Tout simplement car on sait que l’augmentation des violences conjugales a été plus qu’à la hausse pendant la période du confinement, favorisant un face à face dangereux.

Claude, maître d’hôtel d’un très chic restaurant français de New York, déclare à son hôte : « Monsieur Karoo, c’est merveilleux de vous revoir ». Vous revoir, ou vous découvrir : merveilleux, oui. Il est indispensable de lire Karoo, d’abord paru aux éditions Monsieur Toussaint Louverture et désormais disponible en poche chez Points.

Premier roman nucléaire, La Centrale d’Elisabeth Filhol est un procès verbal dans tous les sens du terme : récit clinique comme aventure du verbe. De ces textes qui happent et hantent, d’une séduction étrange, tout autant romanesque que politique, sociale, de ces objets littéraires qui semblent des évidences, stylistiques, structurelles.

Anna Tsinng l’écrit dans Le Champignon de la fin du monde, sans doute le capitalisme est-t-il, d’abord et essentiellement, le règne de la précarité. Tout lui est ressource et matière première, qu’il s’agisse des vivants (humains et non-humains) ou de la nature : « La précarité est la condition de notre temps », ce que montrait, en 2009, l’enquête de Florence Aubenas sur Le Quai de Ouistreham, récit de crise, dans toutes les acceptions de ce terme.

Susan Sontag fut dans le dernier tiers du XXe siècle l’intellectuelle la plus en vogue des États-Unis. Née à New York en 1933, elle y mourut en 2004 d’une leucémie. Elle fut pourtant enterrée au cimetière Montparnasse tant était grand son attachement à Paris, où elle avait de nombreux amis, de la comédienne Nicole Stéphane au sémiologue Roland Barthes. Il est heureux qu’aujourd’hui la collection “Climats” publie en traduction française le long entretien qu’elle donna jadis à Jonathan Cott et à sa revue Rolling Stone et qui est ici repris in extenso pour la première fois.

En quoi les vols low cost ont-ils bouleversé notre rapport à l’espace et au temps ? Aujourd’hui « l’idée ne viendrait à personne de raconter un vol ». C’est pourtant au cœur de cette banalité que plonge Alexandre Friederich, à travers une compagnie qui en a fait son argument commercial depuis 1995 et contribue à produire « un homme nouveau, un homme naïf, égaré et soumis, au comportement industriel ».

« Faites un geste pour l’environnement », scie de la décennie et arme lourde de publicitaires et d’entreprises, qui, sans conviction profonde, usent de l’écologie comme argumentaire marketing et opportunisme. Soulignons-le d’entrée, L’Écologie en bas de chez moi n’est pas imprimé sur du papier recyclé.

L’une des signatures de Diacritik est la place accordée aux grands entretiens : écrits ou filmés, ils laissent se déployer la parole des artistes, sans aucune contrainte d’espace ou de temps. L’été peut être l’occasion de (re)découvrir ces interviews. Aujourd’hui Cyril Pedrosa s’entretenant avec Dominique Bry, en novembre 2015, autour de ses Equinoxes.