L'Affaire Tournesol
© Hergé/Moulinsart

L’Affaire Tournesol d’Hergé a été publié en 1956, qui réalisa un album à la dimension politique avérée, ce que les tintinophiles savent de longue date et que les sympathisants de l’oeuvre peuvent deviner aisément en lisant cette histoire d’espionnage industriel sur fond d’opposition entre deux blocs rivaux. En pleine guerre froide, Georges Rémy, RG, Hergé donc, avait un mélange de fascination et de tendresse pour la Confédération Helvétique et précisément pour les bords du lac Léman. Toute son oeuvre porte l’empreinte d’un intérêt certain pour la géographie et la toponymie, ce qui se retrouve plus particulièrement dans L’Affaire Tournesol. Pour cette aventure, il a emprunté des lieux et des noms qui lui ont servi de trame, d’éléments narratifs, bâtiments, paysages ou décors. De Genève à Nyon, voyage dans la Suisse de papier d’Hergé. Par Jean-Louis Legalery.

Capture d’écran 2016-04-30 à 15.50.53Après avoir (ré)inventé Paris, Eric Kazan le (ré)arpente dans son nouveau livre, Une traversée de Paris. Il nous offre une puissante flânerie sous l’égide de Walter Benjamin dont Le Livre des passages était justement cité en exergue de L’Invention de Paris, pour rappeler que la ville n’est « homogène qu’en apparence », qu’elle est une « expérience » paradoxale de la limite et des variations puisque « la limite traverse les rues ; c’est un seuil ; on entre dans un nouveau fief en faisant un pas dans le vide, comme si on avait franchi une marche qu’on ne voyait pas ».
Paris, la « ville au cent mille romans », comme l’écrivait l’un de ses plus grands romanciers, Balzac, dans Ferragus, la ville qui ne connaît pas les pas perdus, comme le démontre une nouvelle fois Eric Hazan, dans cette superbe Traversée de Paris, qui paraît au Seuil, dans la collection « Fiction & Cie » qui lui vaut programme puisque chaque pas ouvre à un imaginaire des lieux comme à un récit de soi. 

© Niels Ackermann, Zhenya (Evgeny) and Yulia kiss in front of their datcha during their wedding celebration with their friends.
© Niels Ackermann/Lundi13

Le photographe suisse Niels Ackermann est parti à la rencontre des 25000 habitants de « la ville la plus jeune d’Ukraine », Slavutych, située à 30 km de la centrale de Tchernobyl. Construite par les autorités soviétiques juste après la catastrophe nucléaire à la lisière de la zone interdite, la ville a abrité jusqu’en 2000 les décontaminateurs et liquidateurs et le personnel de la centrale affecté à l’entretien des trois réacteurs encore en marche. Trente ans après, c’est une nouvelle génération qui vit à Slavutych, celle que Nils Ackerman photographie au cours de 13 séjours, entre avril 2012 et mai 2015, avec une adolescente, Ioulia, pour guide.

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Pourquoi, la question.

Duras, la réponse.

Depuis le début Duras et ses phrases magiques, inaugurales. Phrases qui reviennent en boucle, écrites tracées sur la crête des mots, phrases tatouages sur une peau de lecteur ébloui. On écrit sur le corps mort du monde, corps mort de l’amour. Écrire c’est arriver avec la crise au bout de la crise.

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C’est un livre qui se présente sous la forme d’un abécédaire passant en revue les acteurs de la vie parisienne, dans la lignée revendiquée du Petit Almanach des grands hommes d’Antoine de Rivarol (1788) ou des Noctambulismes de Jean de Tinan (publication posthume en 1921) : l’Abécédaire du tout-Paris de Paul de Vallonges se veut la version contemporaine de ces entreprises visant à croquer et chroniquer un petit monde, assez fermé, avec ses têtes d’affiche et ses figures plus underground, ses lieux, son idiome.

Coney Island en deux livres, pour accompagner les photographies de Camille. L’un est signé Patti Smith, c’est l’immense Just Kids. L’autre est de Marco Mancassola, La Vie sexuelle des super-héros. Deux écrivains pour célébrer un même lieu, une plage mythique, un bout de Brooklyn et les hot dogs…

Grattacielo Pirelli, © Gilberto Crippa
Grattacielo Pirelli, © Gilberto Crippa

Fin octobre début novembre. Retour de la ville natale. Milan, ville moderne. Ville à jamais stendhalienne à cause d’une épitaphe historique, laconique et passionnée que l’auteur du Rouge et le Noir indique dans son testament : « Arrigo Beyle, Milanese – Visse, scrisse, amò ».

Capture d’écran 2015-10-06 à 08.59.51The Archivists est un site qui propose de découvrir des lieux et des personnes, des bibliothèques, des livres, des passionnés de culture, des photographies, des titres de livres aimés. Chaque semaine, depuis février 2015, un nouveau portrait, comme un espace qui s’ouvre et un labyrinthe dans lequel on aime à se perdre : quelqu’un se dévoile à travers un lieu, des livres aimés, les archives (présentes) d’une intimité.