Bowie les cinq dernières années Arte

Après son documentaire David Bowie en cinq actes (2013), le réalisateur anglais Francis Whately nous offre David Bowie, les cinq dernières années. Les téléspectateurs français pourront voir son film, diffusé sur la BBC le 7 janvier dernier, sur Arte le vendredi 13 janvier.
Pour Francis Whately, ces cinq dernières années sont celles d’une créativité exceptionnelle, comme l’illustrent les deux derniers albums de Bowie, The Next Day (2013) et Blackstar (2015), comme la comédie musicale Lazarus. Ces trois réalisations sont mises en perspective avec l’ensemble de la carrière de l’artiste, des archives et des entretiens.

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Tout commence, désormais, par un «après David Bowie», par « le jour où Bowie est mort », comme le livre de Patrick Eudeline, Bowie L’autre histoire qui sort en poche aux éditions Points.
Pourquoi ce sentiment, en nous tous, de perte et d’angoisse ? Pourquoi ce moment comme un événement si paradoxal, à la fois collectif et intime, profondément intime ? « Il y avait un Bowie en moi », répond Patrick Eudeline, « comme en tous ceux qui l’ont un jour aimé. Et c’était cela, dont la mort était inacceptable ».

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Ça n’a pas beaucoup de sens d’écrire sur Damien Saez. L’exégèse savante serait ridicule, le déchiffrement poétique inutile, la relance politique impossible, la paraphrase précieuse vulgaire.
Que faire alors ? Poser quelques jalons pour ne dire qu’une chose : écoutons-le, lui, le poète anarchiste qui travaille le réel aux mots et invente le monde aux sons. Ecoutons-le dans ses à-corps incarnés.

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Comme David Bowie, Leonard Cohen aura livré un dernier album testamentaire, avant de mourir, à 82 ans : You want it darker. Sombre, toujours plus sombre, alors qu’il avait dû interrompre en 2013 une tournée mondiale entamée en 2008 pour raisons de santé, qu’il venait de perdre sa muse Marianne Ihlen, que tout faisait signe, jusqu’à ses déclarations en interviews vers une fin presque désirée (lire ici celle, crépusculaire, qu’il accorda au New Yorker cet été). Comme Bob Dylan, il aurait pu prétendre au prix Nobel de littérature, tant il contribua, lui aussi, à un fondamental brouillage des frontières entre la chanson et la poésie, lui qui publia par ailleurs plusieurs recueils de poésie et deux romans (Jeux de dames et Les perdants magnifiques). Là s’arrêtent les comparaisons, l’univers de Leonard Cohen est singulier, unique.

Janis Joplin par Richard Avedon
Janis Joplin par Richard Avedon

Avec Janis Joplin – Voix noire sur fond blanc, Véronique Bergen poursuit son exploration d’une contre-culture que l’histoire n’a pas réellement enregistrée en tant que telle, dont elle ignore le potentiel subversif, contestataire et créateur. Après Marylin Monroe, Unica Zürn ou Edie Sedgwick, Véronique Bergen écrit ici un livre à propos, autour de, avec Janis Joplin, livre qui serait comme un écho vivant de la vie de Janis Joplin, de ce qu’il y a de vie, encore, pour nous, dans l’existence de « Pearl ».

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Depuis quelques jours, les critiques pleuvent sur l’attribution du Nobel de littérature à Bob Dylan : on exige que celui-ci regagne le périmètre clos qu’il n’aurait jamais dû quitter – celui de la chanson – pour que continue à exister inaltéré, pur, cet autre périmètre tout aussi clos que serait la littérature. Pour que la littérature existe, il faut que ce que fait Dylan ne soit pas de la littérature. La logique est celle, simpliste, de l’identité : si a est aussi b, alors il n’est plus lui-même, ne peut plus exister en tant que a. Les « pro » et les « anti » s’affrontent pour déterminer si Dylan est de la littérature ou si les deux sont contradictoires. La question telle qu’elle est posée ne me paraît pas très intéressante – et, étant donné son silence depuis que le prix Nobel lui a été attribué, sans doute n’intéresse-t-elle pas non plus Bob Dylan.

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Chaque année, au début du mois d’octobre, la chose est entendue : le Nobel de littérature ne reviendra pas à Philip Roth. Don DeLillo le manquera encore. Le Clézio espèrera l’avoir de nouveau en vain. Mais chaque année la révélation du prix répond d’une identique et indépassable dramaturgie de la surprise par laquelle un écrivain surgit qui, depuis la puissance flamboyante de son œuvre, vient rafler, à son souvent corps défendant, les honneurs de l’Académie suédoise et se voit ceint, entre stupeur, gêne et ravissement, des nobles lauriers de la suprême distinction. Pourtant, cette année, le jury du Nobel a décidé de dédoubler sa constante dramaturgie de la surprise en élevant la surprise au carré, en ajoutant à l’inattendu la puissance du supposé décentrement : Bob Dylan, brillant chanteur de son état, prix Nobel de littérature.