Il m’aura fallu attendre 43 ans bientôt 44 pour comprendre, savoir, découvrir ce que veut dire vivre un concert historique, c’était hier soir à l’Olympia Paris, mardi 19 novembre 2019. Il s’appelle Tamino comme le Prince de la Flûte enchantée, Mozart est le compositeur préféré de sa mère anthropologue et passionnée de musique, et son album Amir n’est autre que son deuxième prénom signifiant « prince » en arabe.

L’écoute de « Closer to grey », nouvel album des américains Chromatics qui se produiront à la fin du mois à Paris en tête d’affiche du festival Pitchfork mène à l’inverse de son titre vers l’illumination. C’est un disque pop parfait pour sortir de la réalité, pour la contrer. Voici les conditions dans lesquelles j’en ai fait l’expérience précise.

Ghosteen, le nouvel album de Nick Cave and The Bad Seeds, est un disque d’amour et de mort. « Ghosteen » est un fantôme teenager, un fantôme adolescent. Le disque est rempli d’amour pour ce ghosteen, comme il est une œuvre funèbre tout entière habitée par la mort de l’adolescent, par la douleur et l’écroulement du monde qui s’imposent du fait de cette mort.

Lorsque j’évoque mon goût prononcé, si ce n’est viscéral, pour la musique de mon île d’origine, j’ai régulièrement droit, même de la part d’interlocuteurs érudits, à un lot de clichés redondants : un groupe d’hommes habillés de noir, la main à l’oreille et brayant des gammes incompréhensibles. Il est certain que ce n’est pas en écoutant les reprises de Patrick Fiori/Bruel que l’on peut s’initier au chant traditionnel, et surtout l’apprécier. Mais il en est bien autrement si l’on tend l’oreille à la brillante et charismatique chanteuse Patrizia Poli.

Après leur disque commun autour de la poésie d’Artaud, les Soundwalk Collective et Patti Smith se retrouvent pour un nouvel opus centré sur l’œuvre de Rimbaud. Mummer Love sortira début novembre, mais un premier extrait déjà proposé à l’écoute, exaltant le poème « Eternité », mêle la voix de Patti Smith et la composition des Soundwalk à l’art du Sufi group of Sheikh Ibrahim.

Quand un livre n’a pas d’intérêt, on part du principe qu’il ne mérite pas une critique. On peut juste le laisser en l’ignorant et cela arrive à tout le monde tous les jours. Nous voilà à la FNAC frôlant ce qui nous inspire l’ennui puis passant sciemment à côté. Du point de vue médiatique, tout ce dont on nous parle est bon, a priori. Le temps actuel est lisse et nous propose sans cesse de glisser sur lui. Mais à l’approche de l’anniversaire des 50 ans de l’évènement musical américain cet été, la réédition de l’ouvrage révérencieux de Michka Assayas sur Woodstock aux éditions GM mérite une petite analyse. Histoire de révéler la passion mortifère pour le passé qu’elle engage.