C’est le moment de la compétition où les billets de films de 8h30 se libèrent comme des petits pains à minuit le soir d’avant et où la Croisette est agréablement vide jusqu’à 11h du matin.
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Faut-il être dans l’excès pour être vivant ?
Le cinéma peut-il régler les problèmes de papa ?
C’est le 2e jour de la compétition et ça sent la révolte à plein nez dans les salles sombres après la tribune signée par 600 professionnels du cinéma pour dénoncer l’emprise de Bolloré sur le cinéma.
Au bout de plusieurs années, on se rend compte que le festival de Cannes est une sorte de boucle infinie où chacun.e redevient pendant toute la durée la version plus légère, peut-être plus inconséquente et immature, de lui où elle-même.
Comme chaque année – depuis l’année dernière –, voici l’ouverture du Journal de bord du festival de Cannes.
À l’origine, il y a une « histoire vraie », ce terme qui fait frémir et fait redouter le biopic pompier le plus fade. À l’origine donc, il y a Corinne Luchaire, actrice étoile filante des années 30, quelques films, une promesse, une petite renommée, vite éteinte sous les cendres de la seconde guerre mondiale. À l’origine, il y a une actrice qui se sera compromise avec les Allemands durant l’occupation, et qui, surtout, était la fille d’un des plus grands collaborateurs français, Jean Luchaire, journaliste proche de Otto Abetz, ambassadeur nazi à Paris. À l’origine il y a l’idéalisme, la compromission, l’horreur, la honte et l’épuration.
La solastalgie est un sentiment de désolation profonde causée par la conscience des changements environnementaux en cours. Du latin solacium (réconfort) et du suffixe grec algia (relatif à la douleur), le terme est inspiré du mot « nostalgie ». Inventé en 2003 par Glenn Albrecht, ce concept est au cœur du film d’Anne Émond, Amour Apocalypse.
Ce ne serait pas un mal qu’avant de passer à la réalisation les cinéastes aient acquis une expérience de poète, de musicien ou de plasticien – et mieux encore des trois simultanément, sans hiérarchie. Mais il faut bien reconnaître que ça arrive assez rarement – je veux dire d’une manière qui ne soit pas du semblant. Jim Jarmusch est de ces cinéastes. N’ayant jamais rien abandonné de ses passions précoces, il s’est tant nourri d’expériences multiples qu’il doit s’en défaire, au moins partiellement, non pour faire vœu de pauvreté, mais pour aller au plus vif de ce qu’il remet en jeu à chaque projet.
Cinéphiles ou lecteurs de passages : à quand remonte la dernière fois qu’un film vous a stupéfait ? David Lynch ? Stanley Kubrick ? (Sachant que vous n’allez pas voir les films d’Alexsï Guerman…) Combien de films parviennent chaque année à nous surprendre, nous étonner tout en nous bouleversant ? Et surtout, pour un cinéaste, comment inventer une nouvelle façon de raconter une histoire quand, envahis par les écrans, nous avons tout vu ?
Annoncée depuis des mois par la plateforme avec un sens du teasing bien réglé qui n’a rien à envier aux pratiques des majors quand ils balancent une minute douze de bande-annonce six mois avant la sortie d’un nouveau blockbuster, la nouvelle livraison de la série Knives Out (en Netflix dans le texte) est arrivée le 12 décembre dernier sur nos écrans. La critique est quasi unanime : Wake Up Dead Man est meilleur que les précédents. Mais moins bon que le prochain ?
Cabo Negro est une station balnéaire marocaine, un lieu pour des vacanciers riches, surtout occidentaux. C’est aussi le titre du nouveau film d’Abdellah Taïa.
Reprise du Jeanne Dielman, de Chantal Akerman, et d’une étude de Gilles Deleuze sur Michel Tournier, Un Film sans autrui, de Frank Smith, est surtout un film qui problématise le cinéma, l’image, le personnage, le monde et le rapport au monde, le sens, et les redistribue selon de nouvelles possibilités cinématographiques mais aussi éthiques, mentales, intellectuelles.
Pour la sortie de son second long métrage, Renoir, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2025, nous rencontrons la réalisatrice japonaise Chie Hayakawa.
C’est un plan glaçant, l’un des plus beaux de ces dernières années, un plan sur une nuque, des bruits de pas…la nuque, quelqu’un qui s’approche, le pardon ? La sentence ? Avec cette nuque, il y a le spectateur, l’Iran. Dans l’incertitude. Tout va chavirer.