Hervé Guibert Vice

Vice est le second texte écrit par Guibert après La Mort propagande (éd. Régine Deforges, 1977). Du premier texte au second, une même démarche — l’expérience, le corps, le parcours de fantasmes, un travail sur les limites du représentable —, un même objet esthétique et politique au centre du travail : la mort. Dans La Mort propagande, elle était inscrite dans le corps-même de Guibert : « l’ultime travestissement, l’ultime maquillage, la mort. On la bâillonne, on la censure, on tente de la noyer dans le désinfectant, de l’étouffer dans la glace. Moi je veux lui laisser élever sa voix puissante et qu’elle chante, diva, à travers mon corps. Ce sera ma seule partenaire, je serai son interprète. Ne pas laisser perdre cette source de spectaculaire immédiat, viscéral. »

Hervé Guibert

Hervé Guibert est mort il y a vingt-cinq ans, le 27 décembre 1991.
De sa mort, comme de sa vie, il a fait un texte, un laboratoire, une exposition. État des lieux et hommage, toute cette semaine dans Diacritik, du côté de la vie et d’un « Quoi? – l’éternité ».

Guibert La Mort propagande

La Mort propagande est une somme, celle d’une vie, autoportrait troublé et troublant en douze courts chapitres, celle d’une œuvre. Comment ne pas s’étonner qu’Hervé Guibert, qui médiatisera sa maladie, véritable installation artistique et cri, écrive, dès 1977 :

« À l’issue de cette série d’expressions, l’ultime travestissement, l’ultime maquillage, la mort.

Guibert lettres à Eugène

Parues, chez Gallimard en 2013, des Lettres à Eugène (Savitzkaya) d’Hervé Guibert, seul volume de correspondance dont l’écrivain a autorisé la publication dans la dernière ligne de son testament littéraire, le 3 novembre 1991. Ainsi s’achève « la publication des œuvres inédites posthumes d’Hervé Guibert, telle qu’il en avait fixé le plan, avant sa disparition », comme le précise une note liminaire.

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« La marge, c’est ce qui permet aux pages de tenir ensemble » (Godard)

« Les Coulisses de la rédaction » changent de formule pour quelques semaines, le temps de vous présenter, un peu plus en détails les membres de Diacritik, via abécédaires, auto-interviews, notices pré-nécrologiques et / ou portraits chinois, voire fiches de sites de rencontre que nos diacritiques vous livreront dimanche après dimanche, histoire de développer un peu les biographies décalées de la Newsroom et que vous rencontriez d’un peu plus près ceux qui chaque jour tentent d’inventer leur journal idéal et d’en faire le vôtre.

Autoportrait, 1982 © Hervé Guibert
Autoportrait, 1982 © Hervé Guibert

Alors que paraît L’Autre journal d’Hervé Guibert (L’Arbalète Gallimard) — rassemblant les articles que l’écrivain publia en 1985-1986, mais aussi des entretiens et photographies —, retour sur le premier volume de ces Articles intrépides, paru en 2008 chez Gallimard et regroupant les papiers culturels de Guibert dans Le Monde (1977-1985).

Après avoir rouvert définitivement l’exposition de la BNF Les écritures de Roland Barthes, Diacritik vous propose une visite virtuelle de Patrice Chéreau, un musée imaginaire, qui a fermé ses portes le 18 octobre 2015. Nous voici dans les salles de la Collection Lambert, en Avignon, le week-end même de la fermeture.