« Il faut prendre soin de ceux qui restent et enterrer les morts. On n’écrit pas autre chose. Des tombeaux.» Mathieu Riboulet

Tissage, reprise. Le beau rituel juif de la Queriah où il s’agit, après la mort d’un proche, de déchirer ses vêtements durant les sept jours du deuil. Lentement, délicatement. À l’issue de ces sept jours, l’endeuillé doit recoudre les vêtements en prenant soin de laisser visibles les reprises et les coutures. C’est ce que je fais quand je saute un paragraphe. L’axe du regard est une aiguille.

Au commencement – on connaît la chanson – Dieu créa les cieux et la terre. Dieu ? Mon Dieu ! c’est qui vous voulez ! Quoi, qui, quelle instance supérieure, quelle idée du bien, du beau, de l’être, Dieu de vérité ou beau menteur, un beau parleur aussi bien, et puis Dieu, le souffle, quel souffle ! c’est tout, voyez-vous, n’importe qui, tout ce qui est, vous, moi, Isabelle Adjani !

Je n’ai pas envie de parler de ce livre comme un critique digne de ce nom en parlerait, et de toute façon je ne suis pas un critique, je n’arrête pas de le répéter. J’ai plutôt envie de prendre le temps et de vous en parler, à vive et basse voix, comme dans un café ou confortablement installé sur un canapé dans un salon, un peu en retrait.