Paru chez Glénat le 18 janvier dernier, Puppy est un long récit sans paroles, l’histoire d’un chien qui s’évade de sa tombe et se retrouve plongé dans une réalité fantomatique.
Mais si Puppy est mutique de bout en bout, il n’en est pas moins le cri puissant et le témoin de l’amour résilient que porte son auteur pour le dessin et les belles histoires.
Et si pour Luz le silence était le meilleur moyen de se faire entendre ?

La Légèreté

Au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, la dessinatrice Catherine Meurisse a été touchée dans son âme tandis que Charb, Tignous, Cabu, Wolinski, Mustapha et Honoré l’étaient dans leur chair. L’horreur l’a plongée dans un état d’abattement, de deuil, jusqu’à la dissociation. Un état qu’elle raconte dans un album qui tient à la fois du témoignage et de la quête, du manifeste et de l’hommage.

 

L'Humour à mort

Disponible en vidéo à la demande et en DVD depuis le 19 avril dernier, L’Humour à Mort, le documentaire de Daniel Leconte et Emmanuel Leconte retrace le(s) combat(s) de Charlie Hebdo dans sa résurrection aux lendemains des attentats du 7 janvier 2015 et témoigne de sa raison d’être dans un pays où la liberté d’expression est érigée en vertu cardinale républicaine. Sauf que…

Albert Cohen - Luz

« Un enfant juif rencontre 
la haine le jour de ses dix ans. J’ai été cet enfant. »

[Albert Cohen]

En adaptant Ô vous, frères humains d’Albert Cohen, Luz montre combien la haine est atemporelle et sans limite, et se nourrit de la folie des hommes jusqu’à la déraison de ceux qui en sont victimes. Luz signe un livre prégnant d’humanité, véritable cri surgi du passé mais ô combien et malheureusement toujours d’actualité.

Luz Ô vous, frères humains
Luz Ô vous, frères humains

A lors que paraît Ô vous, frères humains aux éditions Futuropolis, Nicolas Tellop s’entretient avec Luz. L’occasion d’évoquer la nécessité de ne pas livrer un Catharsis II mais un « cri » autre, un éclairage sur la folie du monde, dans les pas d’Albert Cohen et de son livre sur la haine et l’antisémitisme, comme une manière de creuser des thèmes présents dans l’oeuvre de Luz dès ses premiers dessins et albums.

Sans titre
La première « une » du 7 octobre 1986

Trente ans c’est très jeune pour mourir. C’est pourtant ce qui vient de se produire le 26 mars 2016. Il ne s’agit pas d’un humain mais de la version imprimée d’un journal, The Independent, et la majorité des salariés, journalistes, graphistes, techniciens et gestionnaires, doit ressentir une vive amertume et une profonde tristesse. Par Jean-Louis Legalery.

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Il y avait de quoi voir, lire, dire et écrire la semaine dernière. Revue d’effectifs avec ce Papier à Bulles premier du genre sur Diacritik (et ailleurs) : où l’on parle d’Angoulême, des lectures passées (de Titine à Dennis Lehane en passant par Fred Bernard) et du premier épisode de la saison 10 d’X-Files…

Luz (Photo : Dominique Bry)
Luz (Photo : Dominique Bry)

Le 21 mai 2015 paraissait Catharsis de Luz. Un livre majeur dans lequel le dessinateur raconte comment il a failli devenir fou, comment il n’a pas vu, comment il a essayé de (re)vivre malgré la douleur, la colère, la tristesse et la perte. Malgré la peur aussi. Six mois après sa publication, un an après les attentats de Charlie et tout juste auréolé du prix France Info de la bande dessinée d’actualité et de reportage, Catharsis résonne encore comme l’expression d’un artiste qui a utilisé son art pour reprendre goût à la vie après l’indicible, après l’inexprimable.

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A chaque année suffit sa polémique. Le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême 2016 n’a pas encore débuté que l’on se demande déjà quelle sera la nouvelle bronca, la prochaine querelle… On a déjà été servi : après avoir livré une liste de nominés sentant bon la testostérone, les organisateurs ont décidé d’annuler la remise du prix Charlie de liberté d’expression… Il n’en fallait pas plus à Yan Lindingre pour mettre les pieds dans le plat. Et les couilles sur la table. Entretien.

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Le roi Henri IV blasphémait facilement au temps où ce “crime” était sévèrement puni. Comme un “Jarnidié” (= Je renie Dieu) lui échappait, son confesseur, le Père Cotton, lui conseilla de substituer son patronyme au nom du Seigneur et Jarnicoton (= Je renie Cotton) devint usuel. Charmant vocable qui mériterait d’être repris aujourd’hui sans risque apparent d’être condamné.