Undertaker T3

Quelque chose est en train de se passer dans l’Ouest américain et dans les bacs de nos libraires préférés. Car si les rayons se remplissent toujours d’aventures d’as de la gâchette ou d’Indiens malmenés par l’homme blanc et la modernité galopante, Comment ne pas souligner la dimension littéraire du troisième tome d’Undertaker, L’Ogre de Sutter Camp, signé Ralph Meyer, Caroline Delabie et Xavier Dorison, tant l’arrivée d’un vilain charismatique vient bousculer les codes de la BD de genre ?

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Albert Londres en 1923

Au grand dam de ceux qui se verraient bien marigoter en toute impunité, il semble qu’il faille une fois encore convoquer Albert Londres qui, dans Terre d’ébène, La Traite des Noirs (Albin Michel, 1929) écrivait :
« Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ».
Pour en rajouter une couche à l’intention des contempteurs du journalisme hexagonal qui regardent en ricanant le président Trump se torcher allègrement le fondement de ses idées torves avec le 1er amendement de la constitution qui l’a élu : on ne peut pas un jour encenser la liberté de la presse et le lendemain fustiger une profession tout entière…

Ça n’a échappé à personne, les récentes révélations d’un journal satirique dont la philosophie n’a pas varié d’un bec depuis sa création en 1915, ont fait resurgir des comportements d’un autre temps, d’un autre siècle, quand des journalistes avaient eu à cœur de créer un « espace de liberté » pour « rompre délibérément avec toutes les traditions journalistiques établies » malgré « la menace du ciseau des censeurs ». Le nom de cette gazette tandis que reviennent les imprécations et les invitations au silence ? Le Canard Enchaîné.

Designated Survivor

Avant qu’une fin du monde imminente ne vienne contrarier nos projets d’avenir, plongeons-nous dans l’univers délicieux et somme toute inquiétant de la présidence des États-Unis. Ou tout du moins celle, infiniment plus fictionnelle (quoique) de Designated Survivor, diffusé à l’origine sur le réseau ABC (et en France sur Netflix), dont la reprise est annoncée le 8 mars prochain.
Revue d’effectifs d’une série qui met en scène un président non-élu…

Paru chez Glénat le 18 janvier dernier, Puppy est un long récit sans paroles, l’histoire d’un chien qui s’évade de sa tombe et se retrouve plongé dans une réalité fantomatique.
Mais si Puppy est mutique de bout en bout, il n’en est pas moins le cri puissant et le témoin de l’amour résilient que porte son auteur pour le dessin et les belles histoires.
Et si pour Luz le silence était le meilleur moyen de se faire entendre ?

souviens-toi-jonathan

Cette année, je ne suis pas allé à Angoulême. Et je le regrette. Je le regrette parce que malgré une propension à la misanthropie et à l’agoraphobie qui me conduisent parfois à préférer les bulles dévorées en solo dans mon salon aux salons rassemblant des bédévores dans une bulle, le programme de cette 44ème édition était au demeurant et a posteriori très alléchant.

Happy Clem

Gus, « plus qu’un nom, une légende ». Les connaisseurs de l’œuvre de Christophe Blain, laissés dans l’expectative depuis Ernest, attendaient avec impatience le retour du hors-la-loi littéraire le plus attachant à l’ouest du Pécos. Cela faisait huit ans que l’on n’avait plus de nouvelles de Clem, Grat, Ava et Jamie ; que l’on n’avait pas chevauché avec Gus ; que l’on n’avait pas goûté le talent hors norme de Christophe Blain depuis son Quai d’Orsay magnifique.

will-eisner

Le Centre National de la Bande Dessinée de Bruxelles avait déjà accueilli une magnifique exposition consacrée au maître intitulée Du Spirit au roman graphique en 2014. A compter du 26 janvier prochain, la Cité internationale et le FIBD d’Angoulême rendent hommage à Will Eisner, génie de la bande dessinée américaine, dans le cadre de la 44ème édition du FIBD et jusqu’au 15 octobre 2017 au musée de la bande dessinée.

tintin-detail

Résistons d’emblée à l’envie de citer OSS117 expliquant que «le Soviet éponge» et évacuons la polémique et les questions de la trahison, du blasphème voire de l’hérésie pour ne pas avoir à nous demander s’il fallait ou non coloriser la première aventure de Tintin dessinée par Hergé : ce mercredi 11 janvier paraît en librairie le légendaire Tintin au pays des Soviets en couleur(s).

Dernières nouvelles du Cosmos

Le samedi 7 janvier 2017, l’Institut Médico-Educatif Amalthée de l’association ARISSE et le cinéma Le Chaplin de Mantes la Jolie organisent une projection-rencontre de Dernières nouvelles du Cosmos, documentaire éclairant et sensible réalisé par Julie Bertuccelli. Sorti en salle le 9 novembre dernier et salué par la critique, le film de l’auteur de La cour de Babel et de Depuis qu’Otar est parti… raconte le parcours d’Hélène Nicolas, autiste déficitaire qui n’a pas accès à la parole et dont l’habilité motrice est insuffisante pour écrire. Mais, alors qu’elle n’a jamais appris à lire, la jeune femme se révèle l’auteur d’œuvres d’une grande poésie sous le nom de plume de Babouillec SP (pour « sans paroles »).