Après être passée par les éditions Stock, Denoël et Buchet-Chastel, Juliette Ponce fonde les éditions Dalva pour publier autrement : une dizaine de livres par an, tous écrits exclusivement par des femmes, pour porter leurs manières d’écrire le monde. Alors que paraissent aujourd’hui les deux premiers livres des éditions Dalva — L’Octopus et moi d’Erin Hortle et Trinity, Trinity, Trinity d’Erika Kobayashi —, Juliette Ponce a accepté de répondre aux questions de Diacritik pour expliciter l’axe profondément situé et engagé de son catalogue, nous présenter ses premiers titres mais aussi ses rêves d’éditrice.

Passionnant : tel est le mot qui vient à l’esprit pour qualifier le fort et bel essai que Julien Lefort-Favreau consacre à l’édition indépendante qu’il vient de faire paraître chez Lux sous le titre de Le Luxe de l’indépendance. Dans ses Réflexions sur le monde du livre, Lefort-Favreau réfléchit à ce que signifie être indépendant, de nos jours, dans le monde du livre, à savoir comment s’élabore au quotidien mais aussi dans le long terme une indépendance esthétique, politique et économique. Qu’en est-il de l’engagement de l’éditeur ? Comment se construit le récit de cette indépendance ? Comment trouver un équilibre financier qui tienne compte du désir d’avant-garde ? Autant de questions que Diacritik a désiré poser au professeur de littérature française et d’études culturelles à l’Université Queen’s au Canada.

Les éditions Anamosa fêtent leur cinquième anniversaire en ce mois de mars 2021. Spécialisées en non-fiction, publiant des livres mais aussi deux revues, elles ont été créées en mars 2016 par Chloé Pathé qui a accepté de revenir, pour Diacritik, sur les principes fondateurs comme les utopies à venir d’une jeune maison qui a vu ses fortes ambitions reconnues par le Prix Femina Essais 2020.

Les éditions de l’Olivier ont été fondées en 1991, elles fêtent donc leur 30 ans en cette drôle d’année 2021. On pourrait regretter que la pandémie mondiale contraigne voire interdise encore rencontres en librairies, colloques et autres événements qui auraient pu émailler ce formidable anniversaire. Mais le contexte si particulier qu’un virus donne à nos vies dit aussi ce qu’est la littérature : un rempart, une évasion, un repère. Et c’est bien ce type de littérature, française comme étrangère, que publie et transmet la maison d’édition d’Olivier Cohen, depuis désormais trois décennies.

Autant le dire d’emblée, il est impossible de rendre compte de La Vie, les gens & autres effets secondaires : de même qu’Ivan Nabokov échappe à la simple qualification d’éditeur pour n’être approchable que par le syntagme « homme siècle », ce livre refuse toute délimitation par des termes qui le fixeraient d’une quelconque manière : ni mémoires ni récit de vie ni même réflexions sur la littérature ou l’édition. Tout est toujours autre et c’est là toute la puissance de ce texte qui paraît aux Escales, comme une pause provisoire dans l’ample tourbillon d’une vie. Rendre un mouvement continu, une forme de fugue, ce que l’on doit à la forme que Philippe Aronson a donnée aux souvenirs et récits qu’Ivan Nabokov lui a confiés.

Percutant et indispensable : tels sont les deux termes qui viennent à l’esprit pour qualifier l’essai de Tanguy Habrand, Le Livre au temps du confinement qui vient de paraître aux Impressions Nouvelles. Analysant la chaîne du livre au moment du premier confinement des mois de mars et avril derniers, Habrand remarque combien l’industrie n’est nullement tombée en léthargie : tout se reconfigure et se déplace. Mais selon quelles modalités et pour quelles finalités ? Au moment où la France traverse un second confinement où le livre comme produit essentiel et la réouverture des librairies est l’objet d’un houleux débat, Diacritik est allé à la rencontre du spécialiste de l’histoire sociale de l’édition pour revenir en sa compagnie sur les questions déterminantes que soulève son essai.

Cetentretien avec Maurice Olender a été tourné à Bruxelles, le 22 février 2020, dans sa bibliothèque. À l’occasion de la sortie demain de son livre Singulier Pluriel, avant-critique et entretien avec Maurice Olender, dans ce espace de recherches, de déambulations et refuge, ce drôle de lieu où « pour mettre les choses à l’endroit, il faut d’abord les mettre dans un drôle d’endroit qu’on pourrait dire à l’envers ».

C’est en musicien que j’ai d’abord rencontré l’art de Benoît Jacques, ce dernier ayant eu l’idée de partir de la notation musicale (en tant que pure apparence graphique) pour inventer quelques partitions injouables, mais évocatrices d’improbables concerts. Sous-titré A note book by Benoît Jacques, Play it by ear (1989) a le don de faire hurler de rire les interprètes et les compositeurs qui le placent du côté des partitions dessinées d’Erik Satie auquel il est d’ailleurs rendu hommage.

« L’enfant m’a appris à mourir. »
Claire Ponceau, L’enfant, l’étoilement.

« Tous travaillent au son qui tue.
La flèche ouvre une brèche dans l’espace et dans le temps.
La musique ouvre une brèche dans l’espace et dans le temps.
L’une et l’autre font parler la mort, accompagnent la mort. »
Pascal Quignard, Harmoniè Palintropos

Je me suis réveillé à quatre heures cinquante.

Pierre Guyotat vient de nous quitter, nous laissant l’une des œuvres parmi les plus importantes du 20e siècle et du 21e siècle commençant. Diacritik a désiré rendre hommage à cette voix si neuve et si âpre de la littérature contemporaine en donnant aujourd’hui la parole à Colette Fellous, écrivaine mais aussi directrice de la remarquable collection « Traits et portraits » au Mercure de France où elle invita Guyotat à publier l’un de ses textes majeurs, Coma.

À l’occasion des 30 ans de La Librairie du XXIe siècle créée et dirigée aux éditions du Seuil par Maurice Olender, la Bpi organisait, le 9 décembre, une rencontre avec quelques-un.e.s des auteur.e.s qui se croisent dans cette collection éclectique, riche de plus de 250 titres traduits en une quarantaine de langues.
Edit : en raison du mouvement de grève, la rencontre est reportée à une date ultérieure, qui vous sera communiquée dès que nous en aurons connaissance.

Depuis 2008, les éditions Lanskine sont une des plus actives dans le domaine de l’édition de poésie. Ouvertes aux voix étrangères, publiant volontiers des voix émergentes, les éditions Lanskine sont menées par la passion de Catherine Tourné, engagée en poésie, pour son étrangeté, son pouvoir de perturbation, la pluralité dont sont porteuses les écritures poétiques. Rencontre et entretien.

Celles et ceux qui sont nés dans les années 1950 forment une génération de précoces. Il est vrai que l’air du temps, dans l’immédiat après-mai-68 (et jusque vers la fin des années 1970), incitait nos aînés à ouvrir des espaces de création – publics ou privés – à des auteurs & artistes en herbe, encore mineurs, les plus hardis d’entre eux ne se privant pas de saisir ces occasions rêvées.