J’ai été en charge de la première sélection e**position, en 2018. Des six photographes, les six premiers si l’on veut : ceux qui se colleraient, pour la première fois, à la demande que nous leur faisions, Pauline Sauveur et moi. Poser leur appareil quelques minutes et s’interroger, interroger leur travail : s’il devait être défini par une seule image, quelle serait-elle ?

En 1988, Hans Georg Berger publiait L’Image de soi, ou l’injonction de son beau moment ? aux éditions William Blake and Co. Ce beau livre, préfacé par Hervé Guibert, relatait par l’image l’amitié qui liait les deux hommes depuis 1978, date à laquelle le jeune Guibert, journaliste au Monde et auteur de La Mort propagande (Éditions Régine Deforges, 1977), avait été envoyé en Allemagne pour interroger Hans Georg Berger, alors directeur du festival international de théâtre de Munich.

Le titre du livre d’Anne-Lise Broyer, Journal de l’œil, est une référence à Georges Bataille et à son Histoire de l’œil. Pourtant, il ne s’agit pas de la référence d’un écrivain à un autre écrivain. Anne-Lise Broyer est photographe et la référence à l’œuvre de Bataille est d’abord, ici, l’indice d’un écart, d’une séparation entre une œuvre de langage et une œuvre du visible, entre l’écriture et l’image photographique.

L’exposition Désidération, qui se tient actuellement à la galerie des Filles du Calvaire, est initiée par le photographe et artiste pluridisciplinaire SMITH. Mais Désidération réunit et mobilise aussi un ensemble d’autres intervenants comme le musicien Akira Rabelais, l’écrivain et critique Lucien Raphmaj, ou le studio Diplomates.

Il y a un livre que je rêve d’écrire, de faire plutôt, ce serait celui des années 90, le parfum des années 90, ses formes et ses images, ses textures, ses musiques, les couleurs des années 90, son espérance et ses illusions, ses longues nuits, ses journées courtes, sa joie, ses pensées et ses mots, ses visages et ses corps, sa foi en l’avenir, son énergie, sa gaité, ses fantasmes, ses désirs, son ambition et ses morts, sa mort partout propagande, ma jeunesse. Le livre des années 90.

Du 7 septembre 2019 au 31 juillet 2020, la Halle Saint Pierre présente une exposition exceptionnelle de Roger Ballen – exceptionnelle du fait de sa durée mais aussi parce qu’il s’agit d’un des photographes sans doute les plus puissants. A cette occasion, seront exposées des installations, un ensemble important de photographies en noir et blanc ainsi que, pour la première fois, une série de photographies en couleurs. Rencontre et entretien avec Roger Ballen.

Né à New York en 1950, vivant en Afrique du sud depuis des dizaines d’années, Roger Ballen est un photographe parmi les plus puissants. De ses premières séries photographiques jusqu’à son travail actuel, qui inclut la vidéo et l’installation, il déploie et explore un monde peuplé d’êtres et lieux en marge des normes, des relations connues, des existences communes.