C’est le premier dimanche d’automne. Nous sommes couchés dans une prairie en amont de Montricher. Au fond du tableau, le Mont-Blanc comme une boule de papier froissé et, à nos pieds, au bout des bois, la canopée de béton de la Fondation Michalski. Invités aux journées sur l’Écriture des lieux, nous avons eu le plaisir d’apprendre que Jean Hegland est en résidence à la Fondation.

Un autre Brooklyn est un roman dédié au quartier de Bushwick, ou plus précisément à deux décennies de la vie de cet Another Brooklyn : 1970-1990. C’est là que la narratrice, August, et sa bande de filles (Sylvia, Angela, Gigi), « quatre filles toujours ensemble, d’une beauté stupéfiante » ont passé leur jeunesse « dans une solitude terrifiante ».

« Il n’était pas armé pour répondre aux histoires de Jude, parce que la plupart constituaient des histoires auxquelles il ne pouvait pas répondre » : le trouble de Willem face aux multiples drames peu à peu révélés par Jude, tant ce dernier demeure longtemps incapable de verbaliser ce qu’il a traversé, est celui que Hanya Yanagihara transmet à ses lecteurs dans Une vie comme les autres. Ce roman somme est un tour de force, dévastateur et perturbant.

La parution d’un roman de Nicole Krauss est toujours un événement : ainsi Forêt obscure publié après de longues années de silence, ce « vide » si nécessaire à la création, comme nous l’explique la romancière dans le long et bel entretien vidéo qu’elle avait accordé à Diacritik lors de la publication de son livre, qui vient de sortir en poche, chez Points.

Régis Jauffret a reçu le prix Goncourt de la nouvelle pour Microfictions II qui vient de paraître en poche. Si l’on ne peut que se réjouir qu’un prix littéraire couronne une œuvre fondamentale, on notera cependant combien le jury avait soigneusement contourné la mention « roman » portée sur la couverture en grand format et, ce faisant, décidé de considérer les Microfictions comme un recueil de 500 histoires et non un volume jouant avec maestria d’une tension entre fragment et flux, d’un (dis)continu et d’un (in)fini.

La rentrée effectuée pour grand nombre d’entre nous, il suffit d’ouvrir aujourd’hui n’importe quel magazine, malheureusement surtout féminin – mais c’est un autre débat – pour voir de multiples encadrés, pages conseils, photos suggestives pour nous permettre de garder notre joli teint bronzé encore quelques temps, pour retrouver une « sveltitude » à dénoncer tant elle est imposée et nous inciter à avoir quelques remords quant à notre estivale malbouffe.

Eot si les USA que nous connaissons disparaissaient ? Si l’Amérique devenait une une « nation paria » ? C’est ce qu’imagine Lionel Shriver dans La Famille Mandible : 2020-2047 qui vient de paraître en poche, intrigue futuriste et dystopique qui raconte « surtout ce que les gens redoutent au présent ».

Fassbinder – La mort en fanfare, n’est pas une cathédrale mais un squat. Il s’agirait de faire effraction, détruire et recomposer, composer et détruire, les deux indissociables : « On s’est introduit d’abord par effraction, la nuit, en forçant une porte de derrière (…), on a cassé des murs, fermé des fenêtres pour en ouvrir de nouvelles, creusé une cave pour y faire tourner un casino clandestin, tracé des signes au-dessus des portes ».

Selon Guattari, une des caractéristiques de l’époque contemporaine est  que les situations écologiques, politiques, économiques, institutionnelles, psychiques, subjectives, technologiques, etc., sont connectées entre elles, chacune impliquant les autres et réagissant sur les autres. Ces situations incluent des conditions, des effets et problèmes ayant des implications qui résonnent immédiatement à l’échelle de la planète.

Alors que le prochain livre de Max Porter, Lanny, sort à la rentrée, au Seuil, dans une traduction de Charles Recoursé, les éditions Points font reparaître dans leur collection « Signatures » La Douleur porte un costume de plumes, premier texte singulier de l’écrivain anglais, fable et conte du deuil.