Dans le jargon journalistique, l’ours désigne la liste des collaborateurs d’un journal. Dans l’argot de l’imprimerie, le compagnon typographe — et c’est d’ailleurs le surnom donné au père Séchard dans Illusions perdues. Désormais, grâce à William Kotzwinkle et son Bear Went Over the Mountain publié dans une traduction « au poil » de Nathalie Bru, on associera ce nom à un écrivain (pas comme les autres).
A la suite de la publication sur Diacritik d’un entretien avec Yan Lindingre à propos de la création du prix « couilles au cul » et parce que nommée dans la réponse à la question « comprenez-vous les réactions féminines qu’on a pu lire ça et là sur les réseaux sociaux ? », Tanxxx a d’abord répondu en commentaire sous l’article. Loin de vouloir démarrer (et encore moins alimenter) une polémique, Diacritik a décidé de publier la réponse de l’illustratrice, affichiste et auteur de bandes dessinées dans les pages du magazine.
La rumeur enfle sur la croisette, elle n’étonne personne : au soir du Palmarès 1977, le jury présidé par Roberto Rossellini a choisi un film italien comme Palme d’or. Ettore Scola peut feindre la surprise, il a entendu les tonnerres d’applaudissements à la fin de la projection, il a lu une critique presque unanime. Réalisateur en vogue, prix de la mise en scène pour Affreux, sales et méchants, il attend la palme. Personne ne semblait se souvenir de l’autre (grand) film italien de la compétition et, à la surprise générale, ce sont les frères Taviani qui remportent la palme pour Padre Padrone. Une journée particulière entre dans la légende des grands oubliés du festival.
Donald Ray Pollock : Écrivain américain vivant, né dans l’Ohio en 1954. Un recueil de nouvelles et un roman à son actif.
Il y a parfois du bon à ne capter qu’une seule radio quand vous êtes au volant de votre vieux break Volvo, plus polluant qu’un tracteur. France Inter vous fait découvrir, entre deux crépitements, un écrivain américain prodigieux. Quelqu’un qui sait extraire le beau dans la fange, redonner une âme à des êtres prisonniers d’une existence proche du misérable sans pour autant verser dans le misérabilisme.
Michel Tournier, Christiane Taubira et faits divers. C’est la revue de presse du chutier.
C’est à Paris, du côté de la place Saint-Sulpice, rue Férou. De droite à gauche, se donne à lire Le Bateau ivre d’Arthur Rimbaud, en un immense poème mural sur 300 m2, depuis juin 2012. Un poème qui se déploie sur le mur d’enceinte d’un… hôtel des impôts.
A chaque année suffit sa polémique. Le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême 2016 n’a pas encore débuté que l’on se demande déjà quelle sera la nouvelle bronca, la prochaine querelle… On a déjà été servi :
Il reste qui ? Ermanno Olmi ? Bertolucci ? Bellocchio bien sûr… Peut-être… Cela ne change rien, tout le monde l’aura compris : avec la mort d’Ettore Scola, c’est bien l’âge d’or du cinéma italien qui s’est définitivement éteint ce mardi. Alors attention, le cinéma italien n’est pas mort, il faut être Français et critique de cinéma pour penser le contraire. Moretti, Tullio Giordanna, Bellocchio, Amelio, Sorrentino : le cinéma italien est bien vivant.
Mais l’âge d’or vient de se terminer.
Depuis 1980, la qualité des signatures du label anglais 4AD ne s’est jamais démentie — ou bien leurs rares égarements nous ont échappés. Ceux qui ont porté les Cocteau Twins ou Dead Can Dance ont aujourd’hui un éventail d’artistes aux univers disparates mais élégants et exigeants, sans être inaccessibles.
Le roi Henri IV blasphémait facilement au temps où ce “crime” était sévèrement puni. Comme un “Jarnidié” (= Je renie Dieu) lui échappait, son confesseur, le Père Cotton, lui conseilla de substituer son patronyme au nom du Seigneur et Jarnicoton (= Je renie Cotton) devint usuel. Charmant vocable qui mériterait d’être repris aujourd’hui sans risque apparent d’être condamné.
À une époque, je passais souvent par Strasbourg et m’y étais fait un groupe d’amis acteurs, actrices et assimilés. Je prévenais de mon arrivée et ils organisaient ce qu’ils appelaient plaisamment des soirées SPD, pour Serena, Pizza, Deleuze.
L’écriture tente de se faire en prise avec un réel instance de fabrication, laboratoire de textes poétiques vers lequel ces derniers se tournent, ne se soustrayant à son pôle critique, dans un engagement qui se devrait d’être à la fois formel et politique, pour une poésie concernée.
Depuis son premier numéro, la revue Le Chant du monstre poursuit des principes esthétiques comme littéraires, les incarne numéro après numéro, ne cédant rien aux impulsions de départ, n’opérant une mue que pour mieux poursuivre le credo de départ : abolir les « frontières » et « lisières » entre la littérature (dans tous ses genres, roman, poésie, théâtre) et le dessin, accompagner ceux qui risquent et tentent dans le champ du contemporain, faire montre de curiosité comme d’exigence, être un laboratoire et un espace ouvert.
La lecture de ces quelques pages merveilleuses, que les gens sans imagination pourraient qualifier hâtivement de bande dessinée, nous met en réalité face à des situations poétiques illustrées, agencées par une nécessité impérieuse qui nous ramène au récit.
Certaines semaines ont un goût de cendres. Comme celle qui vient de s’écouler, s’ouvrant avec l’annonce de la mort de David Bowie. La fin d’une époque. La mort viendra et elle aura tes yeux, écrivit deux heures plus tard Johan Faerber, citant Pavese… et nous sommes descendus « dans le gouffre muets ». Pour Olivier Steiner, le secours vint de Marguerite Duras et de Flaubert, pour célébrer le Thursday’s child. Parce qu’il fallait bien se rendre à l’évidence pourtant informulable, « Et puis David Bowie est mort« , le fantôme d’Hérouville n’est plus, nous laissant floating in the most pecular way.