Antoine Culioli

Avec la disparition du linguiste Antoine Culioli, vendredi 9 février, c’est un chercheur discret et inlassable mais aussi un pan entier du cursus de très nombreux linguistes et anglicistes qui s’en vont. Après son admission à l’ENS (un magnifique exemple de l’efficacité et de l’exemplarité de l’école publique, puisque ses parents étaient de simples instituteurs corses), son succès à l’agrégation en 1944, et sa thèse en 1960, Antoine Culioli a accompli l’essentiel de sa carrière à l’université Diderot (Paris VII), où il fut professeur de linguistique et a largement développé une linguistique de l’énonciation, base fondamentale de son travail et de sa recherche.

Page d’accueil de la plateforme « ParcourSup »

Nous, professeurs de lycée, sommes confrontés aujourd’hui aux côtés de nos élèves au nouveau système ParcourSup censé garantir l’accès au post-bac pour les élèves de Terminale. L’État a prétendu par la voix de Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal et Emmanuel Macron que ce système permettrait de remédier à l’injustice flagrante qui avait ému l’opinion l’an dernier : la sélection arbitraire des bacheliers par tirage au sort. En vérité, cette nouvelle fake news étatique est là pour cacher l’absence flagrante de toute politique de création de postes dans le Supérieur et de construction de nouvelles universités qui, de fait, prive un grand nombre d’élèves de toute poursuite d’études. C’est ainsi, au bas mot, l’équivalent de dix Universités qu’il faudrait créer pour accueillir dignement les élèves.

Is it fake ? Cette question désormais récurrente que le 45è président des États-Unis a introduit de force dans la vie et le langage quotidien en rappelle une autre. Les cinéphiles ont tous en mémoire le remarquable film de John Schlesinger, Marathon Man (1976), et le célèbre harcèlement répétitif de l’ex-bourreau nazi, le terrifiant docteur Christian Szell, interprété par Laurence Olivier, qui s’attaque, roulette en main, à une dent très saine de Thomas Babington Levy (Dustin Hoffman) pour lui faire avouer ce qu’il ne sait pas de la vie de son frère agent secret, is it safe ? Toute une génération est allée chez le dentiste avec un plus d’angoisse après cela. Désormais toute une génération a tendance, en apprenant une nouvelle importante, à se poser cette question angoissante et récurrente, is it fake ?

Mathieu Riboulet © Sophie Bassouls

Que dire lorsqu’un écrivain meurt ? L’écrivain est ses livres et les livres ne meurent pas. Ils peuvent être oubliés, ne plus être lus, mais ils ne meurent pas. Que dire sinon, peut-être, le silence, se taire ? Et lire les livres.

Mathieu Riboulet vient de décéder, lisons ses livres.

En hommage, nous republions un article écrit lors de la parution des Œuvres de miséricorde, en 2012.

Inside the Trump White House, Fire and Fury. « Le feu et la fureur », que Donald Trump a promis à la Corée du Nord et à son dictateur Kim Jong-un, dans un de ses tweets aussi innombrables qu’ineptes. Si le titre de l’ouvrage de Michael Wolff fait référence aux menaces du 45ème président des États-Unis, il ne manque pas d’évoquer The Sound and the Fury de William Faulkner. Si l’intention de Michael Wolff était bien évidemment ironique puisqu’il s’agissait de démontrer que le feu et la fureur promis à l’extérieur règnent en maître à l’intérieur de la Maison Blanche, la comparaison s’arrêtera là. Parce que dans l’esprit de Trump d’une part, le fire est celui de la destruction par l’arme nucléaire, et que d’autre part, la seule analogie possible avec le pitoyable POTUS en exercice, c’est Benji, l’attardé mental Benjamin, un des personnages centraux du chef-d’oeuvre de Faulkner.

nous voulons dire de ne pas pleurer

tout le monde meurt

l’heure vient pour tout le monde

nous ne sommes pas les personnes malveillantes que vous pensez

nous sommes des enfants dans un monde d’adultes

il faut que vous trouviez un moyen de vous débarrasser de la haine

nous tuer ne vous donnera pas la paix

le meurtre n’est pas une bonne chose

toute forme de meurtre n’est pas une bonne chose