L'article de Johan Faeber peut être lu ici
L’article de Johan Faeber peut être lu ici

Mais quelle mouche a donc piqué Diacritik de publier dans la nuit de samedi à dimanche (à minuit trente, pour être précis), un article signé Johan Faerber, révélant que Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon s’étaient longuement vus, la veille, au Moai Bleu, restaurant chilien en plein Paris ?
Retour sur le premier scoop d’un jeune journal culturel, fondé en septembre 2015, et explications sous forme de notes à la volée, pour répondre à quelques commentaires.

Benoît Hamon, vendredi 24 février 2017, au Moai Bleu à l’issue de son dîner avec Jean-Luc Mélenchon © Diacritik
Benoît Hamon, vendredi 24 février 2017, au Moai Bleu, à l’issue de son dîner avec Jean-Luc Mélenchon © Diacritik

Alors que dans la journée même chacun prétendait avoir un agenda chargé et contrariant, ne leur permettant pas de pouvoir songer à se rencontrer avant lundi, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se sont rencontrés avant-hier soir, vendredi 24 février, au cœur de Paris assez longuement. Les Gauches commenceraient-elles à s’unir ?

Wall Street

En 1754, Jean-Jacques Rousseau participe au concours de l’Académie de Dijon qui pose une question toujours actuelle : quelle est la source de l’inégalité parmi les Hommes ? La réponse de Rousseau cerne, dans un premier temps, la nature humaine, balançant, au plan individuel, entre conservation de soi et reconnaissance d’autrui, prisonnière d’une contradiction indépassable, mais, paradoxalement, capable de se parfaire, avant de définir, dans un second temps, un modèle collectif à même de répartir les acquis de cette perfectibilité de manière équitable, au moyen d’un contrat social.

albert_londres_en_1923
Albert Londres en 1923

Au grand dam de ceux qui se verraient bien marigoter en toute impunité, il semble qu’il faille une fois encore convoquer Albert Londres qui, dans Terre d’ébène, La Traite des Noirs (Albin Michel, 1929) écrivait :
« Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ».
Pour en rajouter une couche à l’intention des contempteurs du journalisme hexagonal qui regardent en ricanant le président Trump se torcher allègrement le fondement de ses idées torves avec le 1er amendement de la constitution qui l’a élu : on ne peut pas un jour encenser la liberté de la presse et le lendemain fustiger une profession tout entière…

Roger Knobelspiess
Roger Knobelspiess

En 1980, dans sa préface à QHS : Quartier de Haute Sécurité (Stock), Michel Foucault écrit : « voici un rude document ». Non « un témoignage de plus sur la vie carcérale » mais une « expérience » depuis « un point névralgique du système pénitentiaire », ce qu’il nomme une «asphyxie cubique ». Rappeler ces mots de Foucault aujourd’hui, c’est dire la force d’un livre, son empreinte sur plusieurs générations, dire l’importance d’un nom, Roger Knobelspiess, à jamais associé à un combat contre l’injustice et l’enfermement.

Emmanuel Macron ou la politique en mode BG
Emmanuel Macron ou la politique en mode BG

Insensiblement, au terme d’une semaine où il a enfin parlé, Emmanuel Macron dévoile de plus en plus, sur la scène médiatique que les médias s’offrent à eux-mêmes à travers lui, ce qui détermine son geste politique ou plutôt son apolitisme centré : le macronisme est un donjuanisme. Insensiblement de la juste déclaration sur le crime contre l’humanité que constitue la colonisation jusqu’à la scandaleuse et honteuse déclaration homophobe à destination de la racaille fasciste du 16e arrondissement de la Manif pour Tous, Macron invente, jour après jour, un geste politique qui ressortit peu à la politique, qui confond la politique avec le plébiscite (quand d’aucuns l’hystérisent en confondant politique et polémique), qui confond avec force la politique avec la séduction. Comme si Macron était un être baroque, chu hors du théâtre baroque, le Don Juan de la politique, celui qui sait opposer à toutes ses défaillances une imparable séduction amoureuse.

Whitman leaves of Grass

Écrire de la poésie après Trump est barbare (pour paraphraser un aphorisme souvent cité et que l’on éprouve si profondément, même si certains prétendent que nous ne le comprenons pas encore bien). Theodor Adorno, philosophe et théoricien de la culture allemand, a un jour fait cette remarque célèbre : « Écrire un poème après Auschwitz est barbare ». Bien sûr, beaucoup d’encre a coulé pour comprendre ce qu’il voulait dire exactement à travers cette affirmation — une affirmation sur laquelle Adorno est lui-même revenu en partie. Nous nous appuyons sur Adorno pour exprimer le fait que la poésie après Auschwitz ne peut pas exister en tant que telle (la poésie en tant que poésie), dans la mesure où la poésie a participé, et même a été complice de la culture qui a produit l’aporie d’Auschwitz, sans parler du colonialisme, de l’esclavage, du Middle Passage, du soi-disant « Destin manifeste » (Manifest Destiny), et du génocide de millions de personnes autochtones. Ainsi, pour Adorno, la poésie devait être refondée.

© Jean-Philippe Cazier
© Jean-Philippe Cazier

Le « Centre humanitaire d’accueil pour réfugiés » situé Porte de la Chapelle a une capacité de 400 places. Ce qui est largement insuffisant si l’on constate le nombre de migrants qui ne sont accueillis nulle part, qui survivent dans les rues de Paris, par exemple à Stalingrad ou, justement, dans la zone de la Porte de la Chapelle, autour du Centre d’accueil. Si celui-ci est « humanitaire », les conditions qui règnent autour ne le sont pas du tout, au contraire. Les personnes sont laissées à elles-mêmes, en tout cas par les pouvoirs publics. Si des associations et des groupes d’individus ne les aidaient pas, ces migrants seraient seuls, sans rien, mis dans la situation de ne pas pouvoir survivre.