La rue Férou et son mur (l)ivre

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C’est à Paris, du côté de la place Saint-Sulpice, rue Férou. De droite à gauche, se donne à lire Le Bateau ivre d’Arthur Rimbaud, en un immense poème mural sur 300 m2, depuis juin 2012. Un poème qui se déploie sur le mur d’enceinte d’un… hôtel des impôts.

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C’est là, dans un restaurant aujourd’hui disparu que Rimbaud a récité ce texte, le 30 septembre 1871. Ce poème mural, le premier que la fondation Tegen-Beeld fait réaliser à Paris, est une initiative culturelle financée par l’Ambassade des Pays-Bas à Paris et plus de deux cents donateurs néerlandais, réalisée par le calligraphe Jan Willem Bruins (qui a plus d’une centaine d’œuvres analogues à son actif).

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Capture_decran_2012-06-11_a_17.01.52Et, dans cette même rue, la maison du poète Philippe Soupault :

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Capture_decran_2012-06-11_a_17.08.09Et l’atelier de Man Ray (au 2 bis) :

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Portrait de Man Ray, à la porte de son appartement rue Férou (vers 1970), photo signée H. Cartier-Bresson
Portrait de Man Ray, à la porte de son appartement rue Férou (vers 1970), photo signée H. Cartier-Bresson

« Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais. »
(Arthur Rimbaud, Le Bateau ivre)

La rue Férou a aussi vu passer Jacques Prévert, Guillaume Apollinaire (qui y est mort), Ernest Hemingway. Au 5, la librairie (et maison d’édition) L’Age d’homme. Comme l’évoque Didier Blonde dans son Répertoire des domiciles parisiens de quelques personnages fictifs de la littérature (éd. La Pionnière, 2010, p. 33), Athos y habite dans Les Trois Mousquetaires. C’est une rue littéraire et artistique. Un lieu et un feuilleté de textes.