Paris Fantasme est plus qu’un roman : cartographie intime de la rue Férou, tentative d’épuisement d’une rue parisienne, « autobiographie au pluriel », archives et déploiement d’un imaginaire des lieux et des êtres, le nouveau livre de Lydia Flem échappe à ce genre comme aux autres. À son origine, une question : comment « habiter tout à la fois son corps, sa maison et le monde ? », quel lieu à soi trouver quand on est hantée par le sentiment d’un exil ? Cet espèce d’espaces sera ce livre, qui tient de Balzac, de Woolf comme de Perec, tout en demeurant profondément singulier.
Sous une couverture particulièrement attirante, les éditions Hors d’atteinte offrent, une nouvelle fois, un ouvrage indispensable autour de la grande féministe allemande Clara Zetkin (1857-1933) dans sa collection « Faits et idées ». Disons-le d’emblée : à une époque où un livre se périme en 3 semaines, revenir à des écrits de plus d’un siècle peut apparaître comme ringard, inutile et démodé. Et pourtant… Celles et ceux qui plongeront dans ce livre découvriront, au-delà d’une phraséologie parfois dépassée, plus d’une analyse et plus d’une proposition d’une actualité malheureusement non périmée.
Au sortir de la nuit : en rêve, ou peut-être en songe, une constellation s’est formée. Même si une telle association d’objets plus ou moins lumineux (souvent des livres, mais pas seulement) peut sembler le fruit d’une cogitation personnelle, elle finit par s’imposer, non seulement à soi, mais à tous, comme si elle avait toujours été là, en attente d’un regard – ou d’une écoute. On peut très bien ne jamais la voir.
Érotique et mystique, sensuel et spirituel : c’est à la croisée de ces aspirations et de ses désirs en apparence contradictoires que s’écrit Pussyboy de Patrick Autréaux, son plus beau récit à ce jour et sans nul doute déjà l’un des plus remarquables de cette année 2021.
Le matin du 3 mars 1996, à 8h15, Marguerite Duras s’éteignait dans son lit, 5 rue Saint-Benoît à Paris. Le souffle de cette démiurge qui a su entendre le Chaos du monde et pénétrer la force d’Éros s’arrête. Mais assise sur les cimes de l’Olympe, elle continue de nous parler avec sa voix d’oracle, celle que l’on entend scander, dans le silence de la nuit, l’apparition du soleil au zénith du Navire Night.
Carine Chichereau, traductrice de Monstres anglais, quatrième livre de l’écrivain James Scudamore, présente le livre dans un entretien vidéo, réalisé en ligne le 19 février 2021.
Un narrateur fugue vélo sur l’épaule vers l’Allemagne pour rejoindre une jeune femme : dans son nouveau roman, Cavalier noir, Philippe Bordas revigore brillamment l’archétype de la muse.
Vers le Grand Extérieur : Les Seigneurs de l’Instrumentalité de Cordwainer Smith (Rétrofictions III)
C’est certainement l’une des œuvres de science-fiction les plus folles et les plus singulières qui soient ; une œuvre comme il en est peu, d’une étrangeté qui vous saisit avec la puissance magnétique d’un rêve ; une œuvre comme en voudrait en lire davantage, de celles qui ne sont pas de simples productions mais de véritables objets d’art, décrochés au néant qui les renferme ; voilà de quelle matière est composé Les Seigneurs de L’Instrumentalité.
En partenariat avec Diacritik, la Maison des écrivains et de la littérature vous offre l’un des festivals de littérature contemporaine parmi les plus riches en un clic, en live, en restant chez vous, calé dans votre fauteuil. Crise sanitaire oblige, la nouvelle édition des Enjeux Contemporains aura lieu cette année depuis le Vieux Colombier sans public mais sera retransmise en direct depuis Diacritik.
Trente ans après la mort de Serge Gainsbourg le 2 mars 1991, on a tous en tête une chanson, une image, un souvenir qui nous relie à lui. Aimé et détesté de son vivant, mythifié post-mortem, l’artiste n’a pas accédé immédiatement à la gloire qui lui était due, la faute à des prises de positions radicales sur son art et des failles personnelles, intimes, qui l’ont nourri autant qu’elles l’ont consumé — ce dont rend compte avec acuité et sensibilité le magnifique documentaire de Stéphane Benhamou et Sylvain Bergère proposé par France 3 à l’occasion de l’anniversaire de la mort de l’homme à tête de chou.
« Dès qu’on soulève le couvercle, on obtient (comme il a été dit) une surface à écrire, encadrée par une bordure en laiton dans laquelle sont installés différents mécanismes pour passer d’un compartiment à l’autre de la boîte.
C’est vrai que cette nouvelle année ne commence pas fort. On travaille et on dort mal, on fait les courses, on range les souvenirs de voyage les projets de voyage, on trie les bibliothèques. Le téléphone sonne de moins en moins, les conversations tournent en rond et dès que c’est le week-end, il pleut. On attend on attend on attend et on vieillit.