Le texte qui suit, « Des lieux et des hommes. Les débuts de la révolution syrienne », a été prononcé à Beyrouth par Lokman Slim le 12 janvier 2018 lors d’une présentation du travail de « Creative Memory of Syrian Revolution / Mémoire créative de la révolution syrienne » : site web créé par Sana Yazigi en mai 2013. Son objectif est de construire une mémoire collective de l’histoire syrienne depuis le soulèvement de 2011, à travers l’expression « libre et créative » de ceux qui l’ont vécue. Il compose sur la toile un impressionnant « musée de l’insurrection syrienne » (Benjamin Barthe, Le Monde , 17 janvier 2021), et beaucoup plus encore.

Chorégraphe de mots qu’elle peint, découpe, malmène, coud, dessine, triture, colle, brode, Annette Messager les associe avec ses sculptures, photographies, installations, nous entrainant ainsi dans la fantasmagorie de son univers enfantin et onirique. Au-delà de l’usage de l’écriture, cette œuvre, qui manipule l‘humour et le jeu, est nourrie de réflexions féministes et d’autobiographie fictive. Célébrée dans le monde entier, elle reçoit le Lion d’Or à la Biennale de Venise en 2005 et le Praemium Imperiale au Japon en 2016.

Alice et Artémis sont ses muses. La mythologie entremêlée aux sciences de la botanique, la géologie, la minéralogie sont ses sujets. Depuis 60 ans, l’œuvre de Paul Armand Gette se déploie au travers de livres, de dessins, de sculptures, de photographies, voire de traces de ces photos. L’érotisme y a une place maitresse tout en laissant aux modèles l’initiative et la liberté de leurs poses.

Avec « Je te rends ce qui m’appartient, tu me rends ce qui t’appartient », Sara Ouhaddou semble transformer la galerie Polaris en réserve d’un musée archéologique, à moins qu’il ne s’agisse d’une boutique qui vendrait des blocs de savon brut. A l’entrée, une enseigne lumineuse et kitsch fait défiler un message écrit avec des caractères qui ressemblent à des caractères arabes mais que même les arabophones, pourtant, ne peuvent déchiffrer. Dès le premier abord, donc, la logique esthétique qui est à l’œuvre dans cette exposition est déployée pour troubler l’évidence du visible comme la clarté du dicible, pour suspendre le sens en le pluralisant.

La typographie allongée jusqu’à la limite de la lisibilité est sa marque de fabrique. Artiste engagée dont les textes, issus de la littérature, dénoncent la société de consommation, lancent des cris de révolte, ou militent contre l’oubli des artistes-femmes. Tania Mouraud s’est emparée de l’espace urbain, en 1977, par le détournement de panneaux publicitaires, aussi est-elle considérée par certains comme la marraine des Street Artists.

Prévue au départ du 21 novembre 2020 au 16 janvier 2021 et repoussée pour cause de “deuxième confinement”, la sixième exposition personnelle de Pierre Mabille à la Galerie Jean Fournier se tiendra finalement du 16 janvier au 13 mars 2021. Sous le titre Variété, elle présentera divers aspects du travail du peintre né en 1958 à Amiens : des peintures récentes, comme toujours construites par la couleur ; ainsi que des dessins au lavis “renouant avec la figuration de ses débuts dans les années 1980, et avec les motifs de ses poèmes”.

La solitude Caravage qui vient de sortir en poche chez Folio est un livre qui fait date dans la connaissance et la portée de l’œuvre du génie italien. Comme dans ses romans, Yannick Haenel dévoile une suite prodigieuse de précisions, de scènes et d’illuminations qui se lisent par bonds. C’est un tour de force : ces toiles si connues, si commentées et qui ont quatre siècles se posent devant nos yeux comme si c’était la première fois. Voici le Caravage vivant, miraculeusement là. L’auteur nous aavait accordé un grand entretien lors de la sortie du livre en grand format.

Youssef Abdelké, peintre, graphiste et caricaturiste syrien, résidant à Damas après un exil de 24 ans à Paris, opposant de longue date au régime et ayant séjourné plusieurs fois en prison, ne livre pas vraiment un scoop dans son dernier dessin. Ce petit dessin publié sur la plateforme indépendante awanmedia a pourtant provoqué une avalanche d’injures haineuses, comme celles qui se déversent sur toute personne qui tente de décrire la réalité telle qu’elle la perçoit, sans faire allégeance à quelque parti ou groupe politique que ce soit.