Un premier roman est toujours un événement même s’il est précédé, comme c’est le cas pour Hajar Bali, par d’autres livres. La littérature algérienne – femmes et hommes confondus – n’a cessé de s’enrichir ces dernières années. Écorces qui paraît simultanément en Algérie (Barzakh) et en France (Belfond) est un événement par la force de son propos comme par l’inattendu de son écriture, poétique et réaliste, narrative et introspective.

En donnant une suite au film qui eut un beau succès mérité en 2017, Il a aussi tes yeux, Lucien Jean-Baptiste a proposé, au mois de février 2020, sur la 2 à une heure de grande écoute, une série en six épisodes, sous le même titre : le bébé blanc adopté, Benjamin, a grandi et quatorze ans ont passé.

L’été 2017, Tassadit Imache publiait Des cœurs lents, son sixième roman, après un long silence éditorial. La fiction mettait en scène une fratrie réunie autour du décès d’un frère et en l’absence d’une mère qui était sans cesse évoquée. D’une certaine façon, Fini d’écrire !, essai publié en cette rentrée d’hiver 2020, , aux éditions Hors d’atteinte à Marseille, poursuit des interrogations de la fiction.

Deux ouvrages récents sont consacrés à la grande peintre mexicaine. Ils viennent enrichir la bibliothèque qui lui est consacrée. Avant de les présenter, mettons en exergue une de ses peintures de 1932 : en ces années Trump de construction d’un mur entre le Mexique et les États-Unis, c’est celui qui a pour titre, « Autoportrait à la frontière entre le Mexique et les États-Unis » qu’Ariadna Castellarnau analyse dans sa biographie. La peintre rendait visible le fossé entre deux mondes.

La littérature tient une place essentielle, souvent inaperçue, quelle que soit la problématique qu’abordent les sciences humaines et sociales. En effet, elle est le lieu par excellence des représentations que les êtres humains élaborent de leur existence en société. En ce sens, leurs œuvres sont des traces, non immédiatement décodables, des tensions, désirs et vécus de leurs réalités. Les banlieues font partie de ces réalités au même titre que les espaces plus nantis.   

Toutes mes tentatives d’écriture, sans exception, se sont concentrées sur cette hypothèse et sur la question suivante : qu’y a-t-il de valeur, dans la culture noire, que l’on peut perdre, et comment peut-on le préserver et le rendre utile ? (…)
Je veux dire : la civilisation noire qui fonctionne à l’intérieur de la blanche. (p. 282).

Traduit de son ouvrage original, The Source of Self-Regard, par Christine Laferrière, La Source de l’amour-propre paraît chez Christian Bougois éditeur en octobre 2019, à titre posthume puisque l’écrivaine est décédée le 7 août 2019.

Cantique des plaines et Taqawan : entre 1993 et 2018, 25 années marquent la différence d’approche de « l’indianité » ou des premières nations, dans les fictions de deux écrivains canadiens, Nancy Huston et Eric Plamondon. Deux romans forts, deux perspectives, deux sorties de l’invisibilité des Amérindiens du Canada.

On peut vivre au Canada ou le visiter sans rencontrer trace des Premières Nations. Le plus visible, ce sont les bibelots en série dans les magasins de souvenirs, pirogues ou poupées indiennes entre autres colifichets. Pourtant il suffit de s’arrêter dans une librairie pour trouver plus d’un livre qui nous informe, nous enchante ou nous bouleverse.

La quatrième de couverture de l’ouvrage récent de Laure Lévêque, Jules Verne, un lanceur d’alerte dans le meilleur des mondes, explicite sans ambiguïté le projet de ce livre plein de vigueur, d’informations précises et d’analyses d’une œuvre qu’on a trop facilement rangée dans la catégorie des œuvres pour la jeunesse, portée par un positivisme à tout crin.

Grande surprise de découvrir, dans les listes de romans de la rentrée, un titre qui m’était familier et que je ne pouvais oublier, Une fille sans histoire. Le nom de l’écrivaine avait changé… Ce n’était donc pas une réédition ! Dommage… L’envie m’a prise d’aller voir de plus près. Pourquoi la reprise d’un titre à trente ans d’écart : 1989 et 2019.

En mars 2019, Claire Bouilhac et Catel Muller adaptaient La Princesse de Clèves paru aux éditions Dargaud dans la lignée d’autres albums consacrés à des femmes singulières, Olympe de Gouges, Joséphine Baker (chez Casterman). Retour sur cette parution avec Violaine Houdart-Merot qui parle de l’album, du roman de Madame de La Fayette et de quelques polémiques et créations que La Princesse de Clèves a suscitées ces dix dernières années.