Notre troisième entretien est consacré à une chercheuse (docteur depuis 2013) dont le domaine de spécialité est le Vietnam : les recherches de Julie Assier portent sur la francophonie littéraire vietnamienne et sur l’intertextualité à l’œuvre dans les créations francophones.

Suite de la série de trois entretiens avec de jeunes chercheuses en littératures francophones. Le premier a été mené avec Donia Boubaker, qui travaille sur Laurent Gaudé. Cette semaine, entretien avec Cécile Vallée, docteure, dont les recherches portent sur les écritures féminines, l’intertextualité et sur les questions des écritures francophones et postcoloniales. Elle a consacré sa thèse au roman féminin mauricien contemporain.

Série de trois entretiens avec de jeunes chercheuses en littératures francophones. Le premier a été mené avec Donia Boubaker, qui travaille sur « Laurent Gaudé, écrivain « cosmopolite ? ». L’ensemble de cette série est placée sous l’égide de Lilyan Kesteloot qui a tant oeuvré pour sortir ces littératures de l’invisibilité.

Lydie Moudileno

« Chaque année, lors de la journée du 20 mars, on est ainsi sommé de se souvenir que l’on  » partage » une langue avec d’autres nations et d’autres peuples. On danse, on chante, on récite de la poésie, on révise sa grammaire et on recompte ses pays membres, tout en retraçant avec fierté la géographie des pays de la planète où la langue dite de Molière a laissé sa marque postcoloniale ».

Comme l’écrit Lydie Moudileno, ce 16 février 2018, c’est le moment de réfléchir à nouveau à ce que l’on entend par « Journée de la francophonie ». Pour nous c’est plaider pour le recul de l’ostracisme qui frappe les écrivains francophones dans l’enseignement français… et regarder ce qui ne se fait pas chez soi avant de porter un regard accusateur ailleurs.

Jean-Michel Devésa

« D’une mémoire de pierre l’autre, émergent alors une fable et la lèche saline corrodant la coque d’un paquebot de la Compagnie générale transatlantique peut-être dérouté de sa ligne ordinaire pour arracher une meute désemparée à sa terre et aux menaces pesant sur elle. Au milieu de cette foule partagée entre la panique et le désarroi, une femme, les yeux ouverts les lèvres closes ».

Ces premières lignes du texte introduisent l’axe de la mémoire qui conduit le récit et fait un trait d’union avec le roman précédent de Jean-Michel Devésa, Bordeaux la mémoire des pierres (2015) dont la citation de Léo Ferré en exergue pourrait être reprise pour Une fille d’Alger : « Le seul droit qui reste à la poésie est de faire parler les pierres, frémir les drapeaux malades, s’accoupler les pensées secrètes ».

Tchicaya U Tam’si

Toute percée d’un écrivain à la fois célèbre et invisible, par l’édition de ses œuvres complètes est véritablement un événement à faire connaître au-delà des aficionados des littératures africaines. C’est le cas du magnifique travail accompli par Boniface Mongo-Mboussa pour l’œuvre de l’écrivain congolais Tchicaya U Tam’si. Cette édition a commencé en 2013 par un Tome 1 regroupant les œuvres poétiques, « J’étais nu pour le premier baiser de ma mère » et, en 2015, pour le Tome II réunissant la trilogie romanesque, Les Cancrelats, Les Méduses, les Pholènes.


Les Mille et Une Nuits, le dix-septième soir, Sanî’-ol-Molk, 1849-1856

Injustement méconnu en dehors de cercles restreints et spécialisés, le nom de cet intellectuel majeur de double culture n’est situé par votre interlocuteur que si vous ajoutez, « vous savez le traducteur avec André Miquel des Mille et une nuits dans la nouvelle édition de la Pléiade ? ». « Ah ! oui, bien sûr ! »

Caresser l’errance d’un pas oublié © Naji Kamouche

La question abordée aujourd’hui est toujours délicate à traiter. Car l’actualité raidit les positionnements et la tentative de revenir à des lectures sur la longueur historique semble vouloir diluer l’urgence de réponses immédiates et noyer le poisson en quelque sorte… On sait pourtant que des rétrospectives relativement sereines et les plus objectives possibles permettent de regarder le présent autrement et de se garder des amalgames. En tout état de cause, on peut essayer de faire ce pari de l’échange, échange de savoirs, de connaissances et d’histoires. Dans la multitude des publications, ce sont deux parcours sur lesquels je voudrais m’arrêter parce qu’ils sont porteurs d’éclaircissements pour un large public. Je signalerai, en fin d’article, deux autres ouvrages plus spécialisés qui aident à aller dans la même direction, celle des croisements d’informations.