À travers ses trois ouvrages – Photocall, projet d’attendrissement (Petits Matins, 2021), Récupérer (Petits matins, 2015), La langue du garçon (Al Dante / Presses du réel, 2023) – y-a-t-il un rêve de livre unique ? À l’occasion de la parution de La langue du garçon, entretien avec Vincent Broqua.
poésie
La façon la plus certaine de situer Franck Venaille consiste à dire ce qu’il n’est pas, à dire le monde auquel il n’appartient pas et à quel régime de sensibilité il se refuse. Ici il n’y a pas de mondanité, pas de pose d’artiste, il n’y a ni égoïsme, ni arrivisme ou carriérisme, il n’y a pas ces faussaires qui batifolent d’un air faussement pénétré comme convaincus eux-mêmes de leur propre personne. Non. C’est une autre manière d’être que sa poésie démontre : aiguë, sourde, viscérale, sanguine ; écorchée, froide, réfléchie, heurtée. Un art comme il en existe peu, car il existe peu d’œuvres qui refusent autant les concessions, concessions qui n’empêchent pas l’art mais qui limitent, adoucissent et tempèrent l’extrémisme dont il peut faire preuve.
Le livre de Frank Smith concerne des faits qui ont eu lieu en Syrie durant l’année 2013 : massacres, bombardements, tortures, emprisonnements, violations des droits humains. Le livre se base sur des rapports rédigés par une commission d’enquête internationale de l’ONU.
Dès le début du livre, les repères sont brouillés : « il est quinze heures du matin ». Quelle est cette heure qui n’existe pas ? Quelle est cette voix qui la dit ? Qu’il soit quinze heures du matin signale un désordre de la pensée mais aussi du monde : s’il est quinze heures du matin, c’est qu’un désordre du monde a lieu, que son ordre habituel s’est écroulé. Ce désordre, ce monde écroulé, ont pour nom : Alep. L’écriture de cette voix est celle qui écrit depuis ce désordre.
Du 10 au 14 octobre, se tiendra à Nantes la 23e édition du Festival MidiMinuitPoésie, organisé par la Maison de la Poésie de Nantes et réunissant poésie, musiques, arts visuels.
Après Alvéoles Ouest (2020) et Explorizons (2021), Florence Jou fait paraître Payvagues (2023), un récit poétique traversé par la question écologique.
Benoît Casas écrit des livres de poésie tout en menant un travail éditorial, de traduction et photographique. Après L’ordre du jour (2013), Annonce, avec Luc Bénazet (2015), L’agenda de l’écrit (2017), Benoît Casas fait paraître deux ensembles poétiques : Précisions et Combine, livres du montage et de lecture.
Je reprends : le projet de cette brocante est de déposer dans un certain ordre ce dont on n’a pu parler en temps voulu. Positionner sur une natte – ou un drap, ou à même le sol – divers objets, dans le but d’inciter les flâneurs attentifs à en acquérir un ou deux, c’est d’abord faire de la mise en page éphémère : composer dans l’espace, un rectangle jaune en côtoyant deux autres ivoires, puis un quatrième, couleur terre, avant que d’autres ne s’ajoutent, remettant en jeu, à chaque fois, la donne graphique. Il arrive que l’agencement soit impeccable : n’y touchons plus !
Retour sur la puissante Cité dolente, de Laure Gauthier, sous la forme d’un grand entretien avec l’autrice mené par Lénaïg Cariou.
En traduisant et publiant la poésie de Galina Rymbu, Marina Skalova et les éditions Vanloo permettent la découverte en France d’une œuvre enthousiasmante et forte. Réunissant des textes de 2016 à 2023, Tu es l’avenir propose non seulement un panorama de celle-ci mais surtout un ensemble dont la puissance et la qualité s’affirment à chaque page.
Six ans après la publication d’Extrait des Nasses, le poète et artiste Justin Delareux publie aux éditions Pariah Écrase-Mémoire (2022), un texte poétique frappant, de ceux qui font l’effet d’une riposte ou d’une respiration. Dans Écrase-Mémoire nous retrouvons comme en 2016 cette situation du poète, entre sécession et état de siège, mais avec une logique coercitive augmentée par les situations politiques et sociales de ces dernières années.
Numéro R, le salon des revues de création poétique en région sud organisé par le CIPM, se tiendra à Marseille du 26 au 28 mai 2023. Ce rendez-vous annuel, consacré à ces laboratoires importants de la création que sont les revues de poésie, proposera un ensemble de rencontres et de lectures réunissant revues et poètes/poétesses.
Qu’est-ce que la poésie pour vous ? C’est la question qui anime le numéro 23 de la revue Cockpit, question que Christophe Fiat et Charlotte Rolland ont posée à des dizaines d’auteurs et autrices contemporain.e.s.
Car même si j’errais pas après pas
par Holzwege déteignant en mille séries…
Le Galaté au Bois, p. 113
Dans Le Galaté au Bois, Zanzotto mobilise à plusieurs reprises le mot allemand Holzwege, que l’on peut traduire (il a donné son titre à un célèbre recueil d’articles de Heidegger) par « chemins qui ne mènent nulle part ».
J’en trace modestement trois dans ce livre magnifiquement édité par la Barque.
Singulière et fascinante cité dolente : tels sont les deux termes qui viennent à l’esprit après avoir refermé le nouveau livre de Laure Gauthier qui paraît dans la collection poche des toujours parfaites éditions LansKine. Récit poétique ou poème narratif, la cité dolente explore l’histoire d’un vieil homme qui décide de prendre une retraite définitive dans un hospice où il va faire l’expérience de ce qu’est un EHPAD. Texte poétique qu’accompagne l’enfer de Dante, texte politique qu’accompagne l’engagement de Pasolini, la cité dolente témoigne d’une réflexion sur la vieillesse dans nos sociétés. Autant de questions à poser à Laure Gauthier le temps d’un grand entretien à la veille de sa lecture à la Maison de la Poésie de Paris.