Hier soir, à La grande librairie, on nous proposait une grosse tartine de poésie. Outre l’animateur et son habituel enthousiasme carnassier à bagouses, il y avait là quatre personnes tout à fait respectables, dont Jean-Pierre Siméon, qu’on nous a présenté comme la nouvelle idole des jeunes, le poète officiel des acnéiques.
poésie
Le livre de Marius Loris Rodionoff, composé à partir d’archives historiques concernant l’armée française durant la guerre d’Algérie, est pourtant un livre de poésie autant qu’il est un livre politique et critique dans la lignée de l’objectivisme de Reznikoff ou du Guantanamo de Frank Smith. Entretien avec l’auteur.
Dos, pensée (poème), revenant de Jacques Jouet et Nous allons perdre deux minutes de lumière de Frédéric Forte paraissent respectivement en 2019 et 2021 aux éditions P.O.L. Membres de l’Oulipo, les deux auteurs intègrent différentes contraintes dans leur travail d’écriture. Entretien avec Frédéric Forte et Jacques Jouet.
Dans deux semaines, ce sera l’été. Il faut donc accélérer un peu : la pile des ouvrages à “traiter” n’est pas épuisée. Elle fait plaisir à voir. Tout n’est pas perdu en ces temps de manque. Tirons quelques volumes de cette pile, disons sept – c’était trois la dernière fois, ce serait bien que ce soit cinq la prochaine fois – et admettons que ce huitième épisode soit l’avant-dernier de la saison. C’est parti.
Vaan Nguyen, âgée d’une trentaine d’années, israélienne de parents vietnamiens réfugiés politiques, élevée dans un quartier populaire de Jaffa, ville majoritairement arabe, annexée à la métropole de Tel Aviv qui concentre l’effervescence poétique d’Israël, jeune poète d’expression hébraïque avec qui la poésie en hébreu ultramoderne doit désormais compter, vient de voir son recueil Ayin ha-kmahin, « l’œil de la truffe », ou The Truffle Eye, tel que l’a traduit de l’hébreu à l’anglais Adriana X. Jacobs, publié sous l’égide de la maison d’édition américaine Zephyr Press, à qui nous devons aussi The Complete Poems of Anna Akhmatova (1990), et ce n’est pas un hasard, car chez ces deux poètes, les détails de leur poésie intimiste possèdent la force de mener loin, tout en ouvrant sur l’universel.
Émouvant et fort : tels sont les termes qui viennent à l’esprit à peine la lecture achevée de Dans ta voix, tous les visages disent Je de Serge Ritman qui vient de paraître chez Tarabuste. En autant de poèmes, Ritman dévoile un chant nu, celui qui va à la rencontre d’une aventure plurielle : qui part du corps et de la jouissance de l’autre pour l’élargir au film du monde, un monde où le soulèvement serait celui d’un peuple. C’est peu de dire que la poésie de Ritman dépasse le lyrisme : elle l’élargit à la pulsion politique du vivre. Autant de sujets que Diacritik ne pouvait manquer d’aller évoquer en compagnie du poète le temps d’un grand entretien.
Depuis lundi 3 mai et jusqu’au 12 mai se tient un festival mais aussi un colloque aussi neuf que remarquable dans ses visées : « Qu’est-ce qu’une femme* poète ? » A l’initiative d’un collectif d’une dizaine de doctorant.es, chercheur.euses et de poètes, il s’agit de s’interroger sur l’histoire, la création et la politique de ce qu’on nomme une femme* poète. Devant ce si riche déploiement de lectures, interventions au cœur d’une résidence poétique, Diacritik ne pouvait manquer d’interroger ce collectif aux perspectives si enthousiasmantes et nécessaires.
En 2020 les éditions Cheyne ont fêté leurs 40 ans. Une exposition, Cheyne, 40 ans de création et de poésie, réalisée en partenariat avec Littérature au Centre, la Semaine de la poésie, la Bibliothèque du Patrimoine et l’Université Clermont Auvergne s’est déroulée de février à avril 2020 à la Bibliothèque du Patrimoine de Clermont-Ferrand. L’ouverture de l’exposition s’est déroulée en présence des éditeurs Elsa Pallot et Benoît Reiss, avec une visite déambulatoire de l’exposition suivie de lectures de textes du catalogue de Cheyne.
En l’espace d’une vingtaine d’années, recueil après recueil, Stéphane Bouquet s’est imposé comme l’un des poètes français parmi les plus remarquables du paysage contemporain. Le Fait de vivre, son nouveau recueil, qui paraît ces jours-ci confirme, plus que jamais, la place d’importance qui est la sienne : en autant de poèmes qui s’articulent en trilogie et tétralogie, Bouquet déploie un poème qui rêve de quitter le poème, de trouver les étreintes nombreuses et la simplicité, si difficile à rejoindre, de la conversation quotidienne. Le fait de vivre demeure l’horizon que se promet chacun de ses poèmes. Diacritik ne pouvait manquer de partir à la rencontre de ce contemporain capital pour parler de l’un de ses plus beaux textes – sinon son plus beau recueil publié jusqu’ici.
À l’occasion des dix ans de leurs Éditions douteuses, Élodie Petit et Marguerin Le Louvier publient chez Rotolux Press une anthologie de leurs fanzines. Cette mutation matérielle permet d’accéder à une vue d’ensemble de leurs écritures : expérimentales, multiples, sensuelles et éminemment politiques.
La plupart des Français qui ont vu passer dans la presse la nouvelle de la mort de Lokman Slim le 4 février 2021 ou les jours suivants, n’avaient jusque-là pas lu une ligne de lui et n’en avaient pas même entendu parler. Ils pourraient dire comme l’a fait l’écrivain italien Stefano Massini à propos d’Anna Politkovskaia, dans Femme non-reééducable : « la première fois que j’ai entendu parler de cette femme, ce fut précisément à l’annonce de sa disparition ».
Le texte qui suit, « Des lieux et des hommes. Les débuts de la révolution syrienne », a été prononcé à Beyrouth par Lokman Slim le 12 janvier 2018 lors d’une présentation du travail de « Creative Memory of Syrian Revolution / Mémoire créative de la révolution syrienne ».
Qu’est-ce qu’un film « poétique » ? Et qu’appelle-t-on « lyrisme » au cinéma ? Que faire de ce vocable « poétique » lorsque l’on est critique de cinéma ? Telles sont les pertinentes et vives questions que Nadja Cohen se pose dans un indispensable ouvrage collectif logiquement intitulé Un cinéma en quête de poésie qui vient de paraître aux Impressions Nouvelles. De Tarkovski à Raoul Ruiz, de Jarmusch à Miyazaki en passant par Malick, Nadja Cohen interroge, en associant chercheurs en littérature et en cinéma, les formes et les sens que la poésie peut prendre sur grand écran. Autant de pistes fécondes que Diacritik est parti sillonner avec Nadja Cohen le temps d’un grand entretien.
Retour sur Centre épique, récit-documentaire publié il y a quelques mois par Jean-Michel Espitallier. Dans ce livre, sont interrogés l’Histoire, le temps, la mémoire collective et personnelle, certains des récits qui donnent du sens au siècle (le XXe). Ce questionnement – cette problématisation – se fait toujours du point de vue d’une écriture qui propose et, dans le même geste, défait, efface, déchire, accumule les ruines : écriture-temps, écriture-durée synonyme aussi de chaos. Entretien avec l’auteur.
C’est avec une grande tristesse que nous apprenons le décès de Jean-Jacques Viton. En forme d’hommage, nous republions un texte consacré à son dernier livre paru en 2016 aux éditions P.O.L, cette histoire n’est plus la nôtre mais à qui la voudra.