Nico attend son homme, l’araignée sa mouche et untel son heure mais de ça rien, on n’attend évidemment rien, l’attente, d’autant plus vide, commence quand il n’y a plus rien à attendre mais on s’attend à ce que tout se poursuive identique avec ce rictus propre à la jouissance du pouvoir. Pour copier Hugo, qu’on attend toujours à la Table, les petits marquis ont le jour, les peuples tardent à avoir le lendemain.
poésie
En 2009, Guillaume Peureux avait retracé dans son impressionnante Fabrique du vers (Seuil, « Poétique ») l’histoire du vers français, histoire passionnante et infiniment plus complexe que le schéma (prosodie classique —> 1870’s, crise de vers —> vers libres) auquel nous a habitués un historicisme d’autant plus efficace qu’il est paresseux.
Retour sur Mon plan, à l’occasion de cet entretien avec Maël Guesdon, où il est question d’enfance, des présocratiques, d’écriture et de lecture, du récit de soi et de son impossibilité – et, bien sûr, de poésie.
David Lespiau rassemble dans Journal critique près de 90 articles qui sont autant d’« essais de lecture » et qui dessinent une cartographie de la poésie contemporaine de ces vingt dernières années. Autour d’un corpus de livres où le champ poétique croise parfois les arts visuels, les chroniques rassemblées constituent un remarquable volume critique sur la poésie contemporaine de ce début de 21e siècle.
Avec Mue, Stacy Doris achève l’une des œuvres poétiques sans doute parmi les plus importantes de notre contemporain. Emportée par la maladie en 2012, Stacy Doris offre ici un puissant dernier chant, un testament adressé à son mari ainsi qu’un legs vibrant à ses enfants. Diacritik est allé à la rencontre d’Anne Portugal et Pierre Alferi qui ont traduit Mue pour les éditions P.O.L afin d’échanger avec eux à la fois sur la mémoire de Stacy Doris, sur sa place à l’importance grandissante dans la poésie américaine et sur leur remarquable travail de traduction où à la sensibilité la plus à vif répond le souci formel le plus avisé. Vous l’aurez compris : il faut lire Stacy Doris.
Si les discours ambiants vous cassent les oreilles, vous pouvez toujours faire un pas de côté et vous installer un instant dans cet écart pour voir ce qui pousse. Avec Mon plan, Maël Guesdon sonde un espace de ce genre.
Prologue : Maladie mélodie (en souvenir de Maurice Roche). Je fais rapidement le compte des ouvrages qui ont formé la matière des “papiers” que j’ai publiés ici-même en 2021 – de la toute première Constellation d’hiver à cette huitième et dernière d’automne – et j’obtiens 155, soit un multiple de 31.
Magistral : tel est le mot qui vient à l’esprit après avoir achevé la lecture de La Cavalière de Nathalie Quintane qui vient de paraître chez P.O.L. A partir de l’affaire de Nelly Cavallero, enseignante à Dignes-les-Bains qui, dans les années 1970, avait défrayé la chronique en étant inculpée pour incitation de mineurs à la débauche, Quintane s’intéresse plus précisément à ces années de violente répression dans l’Éducation nationale, à la vague de radiations de professeurs. Dans un récit qui procède par excentrations, par retouches et par cercles concentriques, Quintane met au jour et à jour ce que cette violence institutionnelle des années 1970 dit de la violence étatique de notre temps. Inutile de dire que Diacritik ne pouvait qu’aller à la rencontre de l’autrice le temps d’un grand entretien autour de ce livre clef.
Emmanuèle Jawad réunit Dominique Cerf, Marc-Antoine Serra et Nicolas Vermeulin pour un entretien autour de la question : de quelles façons le travail plastique peut-il croiser l’écriture poétique?
Olivier Sécardin s’entretient avec Ryōko Sekiguchi au sujet de ses années d’apprentissage – entre le Japon et la France – et de son métier de traductrice, d’une langue à l’autre.
Un inédit de Daniel Pozner, extrait d’un texte en cours.
Comme il serait tentant de procéder comme Willem le fait depuis plus de quarante ans avec ses chroniques – Revue de presse, Images, Autre chose, etc. – pour Charlie Hebdo ou Libération : avoir à sa disposition un espace, pas nécessairement de grande dimension, où recenser quelques nouveautés, choisissant pour chaque ouvrage une image (et même le plus souvent un fragment d’image), à laquelle se contenter d’ajouter quelques mots – à peine une phrase – pour donner le ton. Et ce peu, ce très peu parfois, suffit pour que les lecteurs se disent que, si Willem en parle, c’est que l’ouvrage en vaut la peine.
Hier soir, à La grande librairie, on nous proposait une grosse tartine de poésie. Outre l’animateur et son habituel enthousiasme carnassier à bagouses, il y avait là quatre personnes tout à fait respectables, dont Jean-Pierre Siméon, qu’on nous a présenté comme la nouvelle idole des jeunes, le poète officiel des acnéiques.
Le livre de Marius Loris Rodionoff, composé à partir d’archives historiques concernant l’armée française durant la guerre d’Algérie, est pourtant un livre de poésie autant qu’il est un livre politique et critique dans la lignée de l’objectivisme de Reznikoff ou du Guantanamo de Frank Smith. Entretien avec l’auteur.
Dos, pensée (poème), revenant de Jacques Jouet et Nous allons perdre deux minutes de lumière de Frédéric Forte paraissent respectivement en 2019 et 2021 aux éditions P.O.L. Membres de l’Oulipo, les deux auteurs intègrent différentes contraintes dans leur travail d’écriture. Entretien avec Frédéric Forte et Jacques Jouet.