Trente ans ont passé lorsque Jeanne apprend la mort de son ancienne professeure de sport. Dans les vestiaires du collège, cette femme l’a agressée sexuellement. Jeanne n’en a rien dit. Devenue adulte, elle décide d’entrer par effraction dans la maison de celle qui vient de mourir… Elle ouvre les tiroirs, fouille les placards, regarde les vêtements et les objets. Que cherche-t-elle exactement ? Une preuve, une explication, ou quelque chose qui permettrait enfin d’inscrire dans la réalité ce qui, pendant trente ans, est demeuré sans véritable représentation ?
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« La dernière pièce de l’édifice posé dans une zone intermédiaire ». Entretien avec Antoine Volodine
Depuis Biographie Comparée de Jorian Murgrave, publié en Présence du Futur en 1984, celui qui se fait appeler Antoine Volodine a construit un édifice littéraire sans équivalent dans toute la littérature : une cathédrale en ruines, pleine de dédales et de détours, hantée par des figures à la frontière de la vie et de la mort, de l’humanité et de l’animalité ; les trous dans les murs laissent voir au dehors un paysage désastré, où errent les formes diverses que prend l’humanité à un stade terminal. Grand entretien avec l’auteur de Retour au goudron, signé Infernus Iohannes, nom collectif pour un écrivain unique.
La fille de Mars, c’est Hélène Smith, pseudonyme d’Élise Müller, médium et artiste suisse, voyageant astralement à travers l’Univers, rencontrant des civilisations extraterrestres, communiquant avec des esprits, avec la Vierge ou des anges qui lui dictent des consignes, qui l’obligent à réaliser des tableaux.
Devenir enseignant est moins une vocation qu’une folie. Du moins, c’est une source d’éternelle inquiétude. Il n’y a qu’à lire La solitude des professeurs est infinie pour en avoir un aperçu.
Dans sa Bibliothèque, Diodore de Sicile nous apprend qu’Osiris, après qu’Isis eut inventé l’orge et le froment, fit perdre aux hommes l’habitude de se manger entre eux.
Cent ans après la rencontre entre André Breton et Nadja, dans le sillage de laquelle est né Nadja, un événement éditorial exceptionnel nous donne à lire et à voir l’œuvre de Nadja, laquelle fut si longtemps occultée sous le mythe.
Avez-vous déjà été coincé ?
Livre hybride, Viser juste n’est pas une autobiographie mais, à la fois, un récit de soi, d’émancipation, un essai, une fiction, un manuel, un manifeste.
Voici « les Onze » de Volodine – les Bardo solo, Chagrins, Défections & Cie, Dernière livraison, La Grande misère, Les Meilleurs d’entre nous, Malaise chez les plongeuses, Mémoire mode d’effroi, Survies minuscules, Zone crypte zone miroir, Ultimes sursauts –, onze volumes du dernier édifice d’une aventure littéraire, poétique, politique, révolutionnaire, qui se clôt sous la signature d’un collectif, Infernus Iohannes…
Un couple se brise, comme le verre à moutarde Musclor que Tristan avait acheté au temps du bonheur, parce qu’il lui rappelait son enfance. Émilie, qui déménage après la rupture, ne le recollera pas. Ce n’est que le premier d’une série d’objets quotidiens que la narratrice du dernier livre de Clémentine Mélois emballe dans des journaux avant de les placer, « façon Tétris », dans les cartons. Elle empaquette et se souvient. Chaque « bricole » est « chargée à ras bord de sa propre histoire », et mis bout à bout les objets finissent par « composer un portrait en creux » non seulement de cet amour désormais défunt mais de qui elle fut, est et espère devenir.
Il y a dans l’écriture du premier roman de Laetitia Faure une urgence, une rage, une envie de se réapproprier son existence, un besoin de dire sa vérité. Celle d’une enfant, d’une fille, d’une femme devenue mère à son tour : dire, écrire la réalité telle qu’elle l’a vécue, perçue, ressentie jusqu’au plus profond de son corps. Dans Possédés, Laetitia Faure raconte la violence subie, l’éducation rigoriste, elle parle de l’attitude du père, du mysticisme de la mère, de l’effacement du frère, de la discrétion de la sœur. Critique et entretien avec l’autrice de ce livre qui paraît aujourd’hui dans la collection « La Librairie du XXIe siècle », aux éditions du Seuil.
Paola Alba, la nouvelle héroïne du romancier Sylvain Prudhomme, a disparu dans la montagne – de l’autre côté du lac de la réserve.
15 juillet. Nouveau ralentissement des activités, cette fois non pour cause d’excès de chaleur, mais parce que mon corps est soudainement endolori par une petite pierre qui ne veut pas prendre le chemin de la sortie. Du moins je le suppose, car là où je vais, dans une région pourtant loin d’être désertique, les soins sont, sauf urgence, inaccessibles : il faut attendre des semaines, voire des mois, pour réaliser le moindre acte d’imagerie. Alors que la sensation de remake d’un mauvais feuilleton persiste (l’ayant déjà vécu, les symptômes sont clairs), la seule chose à faire est d’encaisser, peut-être durant 49 jours, en conscience que notre dernier refuge se trouve plus que jamais dans les rêves, ou, ce qui n’est pas sans rapport, dans la lecture de Retour au goudron, réjouissante écriture du désastre qui, par chance, est au programme cet été.
Dans un premier roman à l’écriture nerveuse et rythmée, Eva Bottega, connue comme chanteuse du groupe de Punk Rock Ménades, met en scène les errances américaines d’une humaine qui cherche à fuir son passé brulé et à se fuir elle-même.
Le récit romanesque des dix-sept années passées par Yannick Haenel à enseigner dans des collèges de la banlieue parisienne au début des années 90 est l’illumination de la rentrée littéraire.