Roberto Juarroz écrivait : « Le poète est un homme vulnérable, comme tout un chacun. C’est pourquoi il est extraordinaire que de sa précarité puisse s’élever une force que l’on n’attend guère du terreau où elle naît. Qu’en dépit de sa débilité et de toutes les résistances qui s’y opposent, l’homme soit capable de créer certaines formes qui témoignent de son être ».

Le poète Jordi Gallizia s’est prêté au jeu du grand entretien autour de son ouvrage Brasucade. Il y est question de mémoire, de goûts, de mots, dans un parler propre aux milieux des étangs et des garrigues occitanes. L’auteur nous invite au festin de la brasucade, un plat de moules marinées et braisées typique de l’étang de Thau dans l’Hérault. De la langue comme des rives de l’étang surgissent des racines occitanes, dont Jordi Gallizia se fait la voix renouvelée. Le texte se donne à lire comme la brasucade, les mots sont grillés et décortiqués par l’auteur qui nous convie à un banquet aussi populaire que littéraire.

Deux livres de Forough Farrokhzâd viennent de paraître simultanément dans une nouvelle traduction : l’un rassemble des textes en prose (principalement des lettres, avec des nouvelles, un récit de voyage en Europe, le scénario de la Maison est noire, quelques articles et des entretiens) ; l’autre, l’œuvre poétique complète, qui comprend cinq recueils, La Prisonnière (1954), Le Mur (1955), Rébellion (1956), Une autre naissance (1964) et Croyons à l’approche de la saison froide (posthume).