Poétesse queer, éditrice, performeuse, membre du collectif RER Q, Élodie Petit publie Fiévreuse plébéienne, un travail où se mêle plaisir sexuel, politique et expérimentation littéraire. C’est dans une articulation réussie entre les trois registres que se réalise l’écriture nerveuse de l’autrice.

Celles et ceux qui sont nés dans les années 1950 forment une génération de précoces. Il est vrai que l’air du temps, dans l’immédiat après-mai-68 (et jusque vers la fin des années 1970), incitait nos aînés à ouvrir des espaces de création – publics ou privés – à des auteurs & artistes en herbe, encore mineurs, les plus hardis d’entre eux ne se privant pas de saisir ces occasions rêvées.

Serge Martin a publié cette année 2019 un ensemble d’études littéraires sous un intitulé attractif et mobilisateur, L’Impératif de la voix, de Paul Éluard à Jacques Ancet (Garnier), puisqu’il met en lien d’autres écrivains que ceux qu’il présente. On pense à la force de la voix dans les écrits de Frantz Fanon, à la force du titre de Dulce Chacón, Voix endormies, à la voix de la Sultane dans les nuits des contes et bien d’autres…

Jusqu’à la parution d’un premier roman que l’on pourra dire « tardif » (comme le printemps chez Ozu), le nom de Gérard Cartier était, depuis une quarantaine d’années, quasi-exclusivement associé à la poésie, une poésie « inscrite dans la sphère de l’Histoire et de ses chroniques », donc plutôt narrative, ne s’égarant guère dans les zones les plus impénétrables du « genre ».

L‘artiste et écrivain Anael Chadli crée une oeuvre qui ouvre un espace très singulier entre la peinture et l’écriture. Dans cet espace entre, des rencontres se produisent, des frontières se déplacent, un champ nouveau se développe par lequel l’écriture devient visible et par lequel le visible est envahi par l’écriture. Rencontre et entretien.

Si, dans Pour parler, Frank Smith reprend la forme du sonnet, ce n’est pourtant pas pour en respecter les règles. Il ne s’agit pas non plus de simplement transgresser celles-ci car, dans ce cas, le choix d’autres formes aurait été plus pertinent. Il s’agit de se donner une contrainte pour en dépasser – et donc en exhiber – les limites, de signifier que ces limites, plus largement, valent pour celles de la langue, mais également de les utiliser comme une machine dont la logique serait créatrice et libératrice de ses propres limites.

L’affaire La Pérouse convoque un mystère historique : celui de la disparition en mer, au XVIIIe siècle, du comte de La Pérouse, ainsi que des navires qu’il commandait. Puisque cette disparition n’a pas été résolue, le livre d’Anne-James Chaton pose la question : comment faire un récit de ce qui ne peut avoir de récit? A partir de cette question, l’entretien qui suit abordent les thèmes de la référence historique et de la fiction, de la construction formelle et matérielle du livre, de son genre comme de ses effets.

Dans Voguer, Marie de Quatrebarbes s’appuie sur le voguing pour élaborer un texte et une poétique faits de mouvements, de lignes qui ouvrent la forme du texte, comme la danse peut ouvrir la forme du corps et y inclure tout autre chose que le simple corps. Entretien avec l’auteure où il est question de poésie et de traduction, de Dawn Lundy Martin et de John Wayne, de récit, de mashup, de désir d’émancipation, de violence raciste, ou encore du « nous » qui ferme comme du « on » qui ouvre.