Ce dimanche 27 novembre, à La Pop, s’est achevé « Titanic, hélas », d’Yves-Noël Genod. Celui-ci y fait ses adieux : « Ce sont mes adieux ! J’espère vous faire pleurer. Je suis en pleine forme mais, depuis quelque temps, plus assez de commandes et surtout pas assez de public pour continuer », dit-il. La cinéaste Vivianne Perelmuter dessine dans ce texte une trace de ce spectacle, de ces adieux.

« Et quand le colonel est sorti de la pièce, le général a l’impression de reprendre sa respiration […] il avait sans le savoir retenu son souffle pour ne pas aspirer les cendres portées par le nouveau venu ».

Faire d’un homme ordinaire un tortionnaire… Le processus à l’œuvre pendant les guerres qui transforme certains en acteurs inhumains est évoqué à son stade terminal dans le nouveau récit d’Émilienne Malfatto.

En ces temps de réécriture(s) permanente(s) de l’histoire, à l’ère des fake-news, de la post-vérité et des exubérances érigées en nouvelle doxa bolloréenne, il convient de remettre sinon l’église 2.0 au milieu du village numérique du moins un peu de fantaisie dans le morose. Fort de son savoir d’autodidacte diplômé, Boris-Hubert Loyer vous propose un petit précis d’histoire-géo pour les pas trop nuls qui sauront séparer le vrai grain du faux livresque. Deuxième volet : le Lourdistan.

Tout est énigmatique dans ce nouveau spectacle de Romeo Castellucci, Bros, dont le thème annoncé, « les violences policières », déclenche a priori diverses attentes et inquiétudes dans l’esprit du spectateur averti. Son titre d’abord, en forme d’aboiement, de demi-mot (un demi brother/un faux frère), de signe de reconnaissance entre mâles fiers de leur camaraderie et dont on se demande s’il évoque l’esprit de corps de la police, s’il réfère à une devise de fraternité, s’il est ironique, rythmique, ludique…

Les Ténèbres et la nuit, titre du nouveau roman de Michael Connelly, c’est l’univers de Renée Ballard, inspectrice au LAPD, qui patrouille tous les soirs, en solitaire ou avec une équipière imposée davantage motivée par ses prochaines vacances que par l’enquête en cours et encore moins préoccupée par le sort des victimes des « Hommes de Minuit ».

Diacritik poursuit sa nouvelle série critique « Peintures d’expo » en compagnie de Siryne Z. qui, cette semaine, a décidé de planter son chevalet au beau milieu de l’exposition « Füssli, entre rêve et fantastique » qui se tient jusqu’au 23 janvier 2023 au musée Jacquemart-André à Paris. L’occasion, en peinture et en gouache, de revenir sur cette exposition d’ampleur consacrée au peintre de l’imaginaire et du sublime.

« Je marchai ainsi toute la journée, jusqu’à l’autre bout de la forêt, à des endroits où je n’étais jamais allé. Je vis de nombreux animaux : des élans, des chevreuils et des cerfs, qui, à ma vue, s’immobilisaient en me fixant de leurs grands yeux pensifs ; des ours qui tentaient maladroitement de me saluer ; des loups solitaires qui traînaient — mais pas un seul humain.

1.

Comment aborder Poésies d’Herman Melville, ce recueil “monstre” que viennent de publier les éditions Unes ? Peut-être en commençant par lire la longue et éclairante préface de son traducteur, Thierry Gillybœuf : “C’est vraisemblablement cette démesure du souffle melvillien qui n’a cessé d’alimenter, de son vivant, l’incompréhension entourant son œuvre”.

Peut-être est-il toujours très difficile de parler d’un film qui parle de soi à nu, qui trouve dans l’image la force même de déborder du cadre et de trouver depuis le cadre lui-même une double chance : celle de conjurer la mort mais surtout celle de retrouver la vie. Et peut-être est-ce là que se tient la force inouïe du dernier film de Christophe Honoré, Le Lycéen qui sort ce mercredi et qui constitue sans nul doute son film le plus abrasif, le plus violent mais aussi, de loin, le plus beau.

J’aimerais être une souris au Palais Bourbon pour, sous les sièges, voir les jambes des politiques, le squelette de la loi, la silhouette des amendements. Avec mes petits yeux, VOIR et enregistrer toutes les lois, la nuit, le jour, entendre chaque voix sans perdre une miette. Une miette de rongeur.

En 1992, The Cure accède à la plus grande popularité mondiale avec son neuvième album Wish qui atteint la première place des charts anglais et la deuxième aux USA, porté par le single Friday i’m in love que vous fredonnez peut-être déjà au moment d’en lire le titre. Une nouvelle écoute du disque qui ressort dans une version remasterisée par Robert Smith et « augmentée » (mot à la mode mais qu’il ne faudrait pas abandonner au monde de la réalité digitale) de 24 titres et démos inédits nous ouvre à un authentique joyau subtilement poli par les 30 ans qui nous séparent de sa création.

« Je deviens sans doute un peu folle
Perdue dans ma lignée »
(Pauline Delabroy-Allard, Maison-Tanière, L’iconoclaste, 2021)

Que dit un prénom de soi comme de ses origines ? Avant d’être enceinte, Pauline ne s’était jamais demandé pourquoi « Jeanne, Jérôme, Ysé » accompagnent son prénom principal. Mais là, alors que la narratrice entreprend des démarches administratives pour obtenir une carte d’identité, sa première, elle s’étonne : pourquoi ces quatre prénoms dont un masculin ? « Ce n’est pas anodin, tout de même, d’être ainsi escortée dans l’existence par trois inconnus ».