Nico attend son homme, l’araignée sa mouche et untel son heure mais de ça rien, on n’attend évidemment rien, l’attente, d’autant plus vide, commence quand il n’y a plus rien à attendre mais on s’attend à ce que tout se poursuive identique avec ce rictus propre à la jouissance du pouvoir. Pour copier Hugo, qu’on attend toujours à la Table, les petits marquis ont le jour, les peuples tardent à avoir le lendemain.

« Il fabrique des images sans caméra ni décor, des instantanés qui traversent l’air timidement, à l’allure d’un fantôme et à l’air d’un éclair », glisse Suzanne Doppelt au cœur de son somptueux Rien à cette magie comme en exergue aux riches rencontres de ces 12è Enjeux contemporain qui, en cette journée du 24 janvier à Nanterre, ouvrent à ces écrivains qui entendent imager la phrase.

Dans l’ensemble des livres de Suzanne Doppelt, et plus précisément de Totem (2002) à Vak spectra (2017), dans Le pré est vénéneux (2007) ou La plus grande aberration (2012), textes et photographies s’agencent dans un travail de combinaison rythmant l’écriture à la fois littéraire et photographique. Les photographies en noir et blanc se composent souvent par séries ou planches selon différents formats.