Cinéma, politique, vocabulaire, FillonGate, Présidentielle… C’est la revue de presse du Chutier.
Cinéma, politique, vocabulaire, FillonGate, Présidentielle… C’est la revue de presse du Chutier.
Si Jackie Kennedy avait pu faire un film sur sa vie, elle aurait peut-être écrit une comédie musicale d’où elle aurait probablement effacé l’assassinat de son mari, John Fitzgerald Kennedy, ou bien elle aurait sublimé cette mort violente en lui donnant un caractère éthéré et lumineux comme il arrive dans les films de Jacques Demy.
LA JOLLA /SAN DIEGO /Twentieth day
« Ce qui n’est pas écrit disparaît », notait Geneviève Brisac dans Une année avec mon père, livre du deuil et de la reconstruction. Toute son œuvre se construit contre l’oubli et la disparition, sur une ligne de fuite qui est aussi une ligne de force, une faille comme une arrête, dans ce fascinant paradoxe constitutif.
Que les « alternative facts » de Kellyanne Conway incitent Philosophie Magazine à convoquer Friedrich Nietzsche et son célèbre « Il n’y a pas de faits mais seulement des interprétations » (Fragments posthumes, 7 [60], fin 1886-printemps 1887) pour se demander si cette position est tenable, c’est un louable geste pédagogique ; que l’on y précise que Nietzsche est plus subtil que Conway, c’est la moindre des choses ; que, d’un point de vue nietzschéen, l’administration Trump soit jugée du côté des forces réactives et nihilistes, c’est déjà très bien. Mais cela ne suffit pas. Encore faut-il articuler avec une grande prudence ce qui se joue dans ce rapprochement risqué. Et peut-être commencer par distinguer le discours philosophique de ce qui n’est pas lui.
Claire de Duras – à ne pas confondre avec Marguerite Duras, notre contemporaine… – est une femme de lettres du début du XIXe siècle : née en 1778, elle décédera en 1828, à l’âge de cinquante ans, cinq années après la publication de son récit, Ourika, qui connut un vif succès. Ce roman écrit entre 1821 et 1822 est publié en 1823, l’année même où le jeune Hugo publie la seconde version de Bug-Jargal.
LOS ANGELES /nineteenth day
A l’automne 2016, la revue TransLittérature proposait un numéro consacré à des portraits de traducteurs, une manière de mettre à l’honneur ces acteurs essentiels du monde du livre, cependant trop souvent ignorés dans la presse qui parle souvent des livres étrangers comme s’ils s’étaient miraculeusement traduits tout seuls. Sans les traducteurs, pourtant, qui pourrait avoir un accès aussi large aux littératures du monde ?
Chez Diacritik, pas de numéro spécial mais la mention systématique (et naturelle) de leurs noms et des articles réguliers sur le travail de plusieurs d’entre eux, Laurent Margantin, Danièle Robert, Julia Chardavoine pour ne citer que les derniers. Et aujourd’hui un long entretien avec Carine Chichereau, traductrice de l’anglais.
« Anthropos apteros for days
walked and walked around the maze »
(W.H. Auden)
À l’automne 2010, Ben Evans est en résidence au Pieter Performance Space de Los Angeles. Il travaille sur Glorious Hole, sa nouvelle performance. Son travail patine un peu et il fait un pas de côté, comme un aparté au public d’un spectacle encore absent, pour « donner un peu de contexte ». Comme un acteur qui a un trou, il occupe le silence. Le geste propitiatoire de tourner une vidéo répète par anticipation le principe de Glorious Hole : comment, en tournant autour, sauter par-dessus un trou ?
LOS ANGELES /Eighteenth day
Existe-t-il une sociologie visuelle, non pas au sens d’une sociologie des images d’art mais comme procédure analytique et argumentative dont se servirait le sociologue pour traiter les questions qu’il se pose ? C’est Daniel Vander Gucht qui se le demande avec d’autant plus d’à propos qu’il enseigne cette sociologie à l’université de Bruxelles. Et, dans Ce que regarder veut dire, il parle avec une passion entraînante de cette discipline encore mal assurée.
Ils sont jeunes et sublimement beaux, « elle était blonde et osseuse dans son bikini vert, bien qu’on fut en mai dans le Maine et qu’il fît froid. Il était grand, vif ; une lumière l’animait, qui attirait le regard, le capturait. Ils s’appelaient Lotto et Mathilde ».
On donnera toujours de l’écriture à ceux qui n’en ont pas. On donnera toujours de l’écriture à ceux qui ne sont pas en mesure de l’écrire et de prendre la parole. On écrira toujours pour ceux qui peinent à se faire entendre parce que d’écoute ils ne reçoivent jamais. On n’écrira jamais autrement et jamais pour autre chose.