Fabrice Bensimon, enseignant-chercheur à l’université Paris-Sorbonne, spécialiste de la Grande-Bretagne au XIXe siècle, Research Fellow au London University College, et Sabine Reungoat, maître de conférences en civilisation britannique à l’Université Paris-Est Créteil, ont uni leurs efforts — le premier pour ce qui concerne la recherche, la seconde pour la traduction des textes ainsi trouvés — pour faire découvrir un pan méconnu et commun à l’histoire de la France, du Royaume-Uni et de Paris : le résultat est un ouvrage tout à fait édifiant et inattendu de 136 pages, publié aux éditions de la Sorbonne en novembre 2017.

« Chaque année, lors de la journée du 20 mars, on est ainsi sommé de se souvenir que l’on  » partage » une langue avec d’autres nations et d’autres peuples. On danse, on chante, on récite de la poésie, on révise sa grammaire et on recompte ses pays membres, tout en retraçant avec fierté la géographie des pays de la planète où la langue dite de Molière a laissé sa marque postcoloniale ».

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J’aurais voulu avoir achevé la lecture de ce livre merveilleusement inactuel et plutôt inattendu (même si, en réalité, on l’attendait impatiemment), qui sonne cependant assez familièrement aux lecteurs obstinés de ce travail (dont je fais partie depuis le temps d’Orange Export Ltd, éditeur d’ouvrages aujourd’hui plus que rares à trouver, d’une splendeur non-maniérée, faisant état d’une éthique minimaliste et composés en principe de quelques pages typographiées – 5 pouvant suffire à composer un volume tiré en 9 exemplaires) avant que d’en entreprendre je ne sais quel rapport critique (ce que l’on nomme recension, chronique, fragments d’un journal de lecture, que sais-je ? – j’ai proposé la dernière fois pense-bête, gardons cette expression).

Il ne m’est guère possible d’écrire sur un film ayant un rapport à la Syrie sans penser immédiatement à tous nos manquements passés et actuels, à nos paralysies et immobilismes, aux sentiments d’impuissance devant les images et discours désastreux qui défilent en continu sur nos écrans, juste interrompus par d’autres désastres ou leur contraire : les chats et les bébés Cadum.

La République à l’ombre des épées, oyez oyez c’est le Printemps qui revient !

On ne sait si l’on doit s’esclaffer ou trembler devant cette absurde photo sur laquelle on reconnaît notre Ministre de la Culture, Françoise Nyssen, et le gentil-très-cool-sans-cravate comédien Jean-Marc Barr, propulsé parrain de la 20è édition du Printemps des Poètes, grande opération annuelle pour la promotion et la visibilité des poètes au sein généreux de notre start-up préférée, mesdames-messieurs levez-vous s’il vous plaît : la France !

 Après conseils et réflexions, j’ai décidé de porter plainte contre le père de famille dont j’ai raconté l’histoire dans mon précédent texte. J’ai lu en effet une interview des responsables d’une association de violences faites aux femmes qui soulevait une question cruciale : « La définition du harcèlement est difficile, pour certaines une insulte sexiste dans la rue n’est rien, pour d’autres c’est une véritable agression. »

Paru au mois de janvier, L’Année de l’Éducation sentimentale (Gallimard) est le neuvième livre de Dominique Barbéris. De son écriture tout en nuances et suggestions, elle y décline une fois encore ses grands motifs de prédilection. Elle y explicite aussi une référence à Flaubert qui hantait déjà largement ses précédents opus. Un Flaubert intimement et profondément familier puisque l’écrivaine a assuré l’édition d’un recueil réunissant les récits de voyage de l’écrivain (G. Flaubert, Voyages, Arléa, 1998). Un Flaubert aussi dont l’ultime chapitre de L’Éducation sentimentale (chapitre 7 de la 3è partie) constitue à n’en pas douter la matrice à partir duquel s’invente et se déploie son propre livre.

Il faut écouter les lieux, entendre ce que les ruines d’un passé, un terrain vague, des souches d’arbres, auraient à dire. C’est par de longs plans contemplatifs et silencieux qu’Atlal invite à la découverte du village algérien d’Oulled Allal, meurtri dans les années 90 par la décennie noire, avant d’aller à la rencontre des témoignages de ses habitants. Une démarche que son réalisateur articule avec celle d’une pratique poétique dont son film porte le nom, consistant à « se tenir face aux ruines et à faire resurgir sa mémoire, ses souvenirs du visible vers l’invisible ». Rencontre et entretien avec Djamel Kerkar.