Le titre : Balzac, Paris. L’auteur : Eric Hazan. Les éditions : La Fabrique. Paris fabriquant Balzac. Balzac fabriquant Paris.
Balzac et Paris, non pas le fameux « A nous deux maintenant ! » clôturant Le Père Goriot, mais bien plus. A nous cent, à nous mille, à nous là où « tout fume, tout brûle, tout brille, tout bouillonne, tout flambe, s’évapore, s’éteint, se rallume, étincelle, pétille et se consume » (Le Mendiant), à nous l’ « immense cité » où « murmurent le bruit du monde et la poétique paix de la solitude, la voix d’un million d’êtres et la voix de Dieu » (La Femme de trente ans), à nous « cette monstrueuse merveille, étonnant assemblage de mouvements, de machines et de pensées, la ville aux mille romans, la tête du monde » (Ferragus) !

Nous voici. Nous voici dans notre splendeur. Sept milliards, splendides. Nous sommes partout. Nous parcourons les terres, les mers, le ciel. Rien ne nous échappe. Nous sommes sept milliards, nous sommes splendides. Nous possédons des pouvoirs incroyables. Nous engendrons, nous tuons. Nous tuons ceux que nous engendrons. Nous n’hésitons pas, nous savons trancher. Avec nos bouches, nous embrassons, nous insultons. Avec nos mains, nous caressons, nous frappons. Avec nos sexes, nous aimons, nous violons. Avec nos jambes, nous glissons sur le sol. Nous parlons. Nous pensons. Nos mots circulent dans tous les sens.

Alan Turing

Le 7 Juin 1954, Alan Turing, mathématicien britannique génial, fondateur de la science informatique, qui a, entre autres, joué durant la seconde guerre mondiale un rôle essentiel dans la maîtrise des codes d’Enigma, la machine cryptographique des nazis, se suicidait, en mangeant une pomme trempée dans du cyanure, après avoir été condamné à la castration chimique pour homosexualité. Hommage.