Retour place de l’Étoile, de nuit, pour un tour de l’Arc de triomphe automobile en vidéo et quelques photographies.
Le 13 février 2022, j’annonçai mon ralliement aux anti-Tampax, aux anti-Anthrax, aux pro Gérard Majax, aux Amis de Mad Max et proclamai mon allégeance à l’État diasporique du Salut par les fièvres.
À propos de The Normal Heart, une pièce de Larry Kramer, mise en scène par Virginie de Clausade.
Le Festival de poésie-performance Ourdir réunit des poètes pratiquant la lecture performée ou l’improvisation.
La recherche de Sara Sadik tourne autour d’un premier mot : fragilité. Fragiles, ses protagonistes, réels et imaginaires, le sont — même s’ils veulent « ne rien laisser paraître » — par leur condition sociale et politique. « Mecs de quartiers », Noirs, Arabes, musulmans, les sujets qui peuplent et nourrissent son travail sont ce qu’on appelait il n’y a pas si longtemps des « damnés de la terre ». Maudits par le champ politique, par le racisme institutionnel, par le chômage et la précarité, maudits pour leur religion, leur culture, leur langue.
Évidemment, on ne présente plus Joyce Carol Oates, tant son œuvre est présente et déterminante dans le paysage littéraire contemporain. Que peut faire la ou le critique face à cette œuvre pléthorique et d’une telle ampleur ? S’agit-il de dire quelques mots de tel ou tel livre, d’en signaler la sortie au moyen des phrases habituelles empruntées à la rhétorique du marketing et de la com ?
Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et ceux sans lesquels elle demeurerait inaccessible à une grande partie du lectorat français : les traducteurs. Carine Chichereau, traductrice de très nombreux auteurs anglo-saxons, a accepté de tenir une rubrique régulière dans nos colonnes, pour évoquer, en vidéo, un texte dont nous lui devons la version française. Aujourd’hui, Et si le cheval se mettait à parler de Elliot Perlman qui paraît aux éditions Robert Laffont.
Je reprends : lu quatre romans dits “de la rentrée littéraire” cet été – comme égarés au milieu d’autres livres échappant au genre. Pas un de plus.
Conquis d’emblée par un titre prometteur et un sujet qui ne l’est pas moins, j’ai lu La Flotte fantôme de P.W. Singer et August Cole (Buchet Chastel), livre qui s’est révélé quelque peu décevant sur la durée, pour ne pas dire la longueur. Le thriller maritime dystopique « affolant » annoncé se transforme au fil des pages en super production lisse. La faute à une avalanche de références militaro-industrielles qui tourne au name dropping technologique inutile et à un propos convenu qui vante in extenso les vertus américaines contre le méchant reste du monde.
« Ça recommence, j’étouffe. Je me traîne — au sens propre — du bureau à la cafétéria, puis retour. C’est tout. Navrant. Un tunnel, sinistre. C’est la seule pause autorisée, ici. Entre quatre parois de verre. Aujourd’hui il a sorti une nouvelle règle. Une fois par jour on doit se lever, rester debout plusieurs minutes, en rang et en silence, avec le casque sur la tête, et c’est la seule façon de faire circuler un peu le sang dans les extrémités de nos membres qui s’engourdissent à force que nous restions assis. Il a même décidé dans quel ordre on doit se lever. C’est moi qui vais commencer. On n’a droit qu’à une seule pause.
Danser au bord du monde : le titre du livre d’Ursula Le Guin cité en exergue du dernier roman de Céline Minard pourrait en être la ligne de force comme de basse. Mais Plasmas ne se laisse pas saisir si simplement : tout de brisures et réflexions, d’échos et combinaisons, le récit déroute autant qu’il fascine, à l’image d’un univers aux lignes (dés)accordées. Si Céline Minard réinvente la forme du livre-monde, comme le suggère la quatrième de couverture de Plasmas, c’est bien dans la concentration et l’éclatement, seules formes possibles pour dire le chaos qu’est et sera notre univers, dans un récit qui le ressaisit comme une danse.
Indispensable : c’est le mot qui vient à l’esprit pour qualifier le percutant texte de Sandra Lucbert, Le Ministère des contes publics qui vient de paraître dans la Petite Jaune de Verdier. Poursuivant avec encore plus de force le travail d’investigation ouvert dans Personne ne sort les fusils, Sandra Lucbert interroge la narration néolibérale de notre monde, ce qui en fait un récit aliénant et hégémonique sans même que nous le percevions. C’est pour sortir de ce conte, notamment sur la Dette Publique, que son texte offre les moyens ardents d’un réveil : sortir du rêve de l’autre mais avec les moyens de la littérature même, de la critique littéraire. C’est la littérature qui, plus que jamais est au cœur de son travail pour mieux se saisir du monde. Autant de questions que Diacritik ne pouvait manquer d’aller poser, le temps d’un nécessaire grand entretien, à Sandra Lucbert.
Bonjour Christine,
Je ne suis pas sûr que ce papier te fasse plaisir (voir mon nom apparaître je veux dire) aussi je vais faire court.