Après Central Park et Demain, Guillaume Musso n’en finit pas de courir après son grand roman américain, installant ses intrigues à l’eau de rose bonbon au cœur de la grosse pomme, préférant l’agitation hudsonienne au tumulte germanopratin. Dans L’instant présent, il convoque même Stephen King dès l’épigraphe. Ce qui n’est pas sans risque.

The Archivists est un site qui propose de découvrir des lieux et des personnes, des bibliothèques, des livres, des passionnés de culture, des photographies, des titres de livres aimés. Chaque semaine, depuis février 2015, un nouveau portrait, comme un espace qui s’ouvre et un labyrinthe dans lequel on aime à se perdre : quelqu’un se dévoile à travers un lieu, des livres aimés, les archives (présentes) d’une intimité.

Il y a aussi peu de trémolos dans Le Voleur de voitures que dans Le Vin de la jeunesse de John Fante. Et les larmes montent aux yeux avec la même douceur, provoquées par une émotion simple, je dirais presque suffisante, essentielle. J’aime les livres des éditions Tusitala en ce qu’ils sont — pour ceux de la veine que je dirais « sociale » du catalogue — un vrai baromètre de ma sensibilité.

On entend une brève, d’abord au conditionnel. Puis confirmée, développée, commentée ad lib. : l’horreur, un centre médical de Médecins Sans Frontières bombardé par l’armée américaine à Kunduz, des morts, des blessés, des disparus. Et l’on pense au très beau J’ai vu un homme d’Owen Sheers, à son roman tout entier centré sur les « dommages collatéraux », collectifs, intimes.