Maintenant que l’insupportable suspense a pris fin et que l’on sait, depuis mardi 10 octobre, que « l’immense » équipe de France de football s’est « si brillamment » qualifiée pour la phase finale de la coupe du monde de football qui se déroulera à partir du 14 juin 2018 dans la grande démocratie dirigée par l’honorablement connu Vladimir Poutine, il est temps de se pencher sur les figures de style — parfois bien involontaires — du langage utilisé par les acteurs du monde du football.

Le 17 juillet 1976, aux J.O. de Montréal, un elfe roumain entre dans l’imaginaire mondial. Son défi à l’équilibre, à la perfection et à l’espace suspend le temps et dérègle les ordinateurs qui ne peuvent enregistrer sa note : 10. Elle a quatorze ans, mesure 1,47 m et chacun retient son nom, Nadia Comaneci.

Soccer Mur de Harlem
Soccer Mur de Harlem

Le football n’est pas qu’un jeu où « tout est compliqué par la présence de l’équipe adverse », pour reprendre le bon mot de Jean-Paul Sartre. Le football n’est pas non plus qu’un « sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne », selon la traduction désormais légendaire (et pourtant fautive) d’une phrase de l’attaquant anglais Gary Lineker (Football is a simple game ; 22 men chase a ball for 90 minutes and at the end, the Germans always win). Le football est un système de représentation, un exercice de style mais aussi, l’espace d’une mélancolie fondamentale, Jean-Philippe Toussaint l’a montré. Dans cet article, comme sur le terrain, une belle équipe, titulaires et remplaçants, ballon rond au centre. Et vivent les prolongations !

Zlatan Ibrahimovic
Zlatan Ibrahimovic

Quelques jours avant que ne commence la coupe d’Europe des nations de football, surnommée de façon significative l’Euro puisque cette compétition engendre beaucoup de profits financiers, l’envoyé spécial de Diacritik aurait rencontré l’ex-attaquant du PSG, Zlatan Ibrahimovic, sur l’îlôt de Clipperton où il était parti se ressourcer parmi les siens. Monarque auto-proclamé (« arrivé comme un roi et parti comme une légende »), on pensait davantage à la phrase de Pierre Dac, « parti de rien et arrivé à pas grand’chose », c’est la raison pour laquelle il semblait nécessaire de rencontrer ce nouveau roi-soleil serbo-suédois.

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Je ne prends pas l’avion si souvent. Et quand je dois, par peur de rater l’enregistrement de mon unique bagage vaguement poussiéreux, et d’errer par suite hagard en ressassant la notion de non-lieu de Marc Augé, si éculée que je m’en veux justement d’y penser encore, je me « présente » toujours très en avance. 6 heures à peu près. 7 si j’ai une correspondance parce qu’il faut bien vérifier les étiquettes avec mon adresse dessus.

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Le ring invisible
est le roman d’une genèse : celle de Cassius Clay, boxeur génial devenu Mohamed Ali en même temps que bien d’autres choses. Le livre s’intéresse aux débuts du boxeur, à sa formation, son apparition – on pourrait dire sa naissance, puisque Cassius Clay nait un jour dans le corps du jeune Cassius, s’y développe comme une forme de vie nouvelle, une force inédite. Si la genèse est celle de Cassius Clay, de la naissance de son corps, de sa parole, elle est aussi celle du livre puisque celui-ci est composé de cette genèse. Le livre n’est pas un roman sur Cassius Clay, comme le serait un roman se pliant aux exigences de la représentation : il est le corps de Cassius Clay – son corps, ses affects, son esprit et les processus qui les traversent.

Mohamed Ali, légende de la boxe, triple champion du monde des poids lourds, est mort dans la soirée du vendredi 3 juin 2016 à Phoenix (Arizona) : « après un combat de 32 ans contre la maladie de Parkinson, Mohamed Ali est décédé à l’âge de 74 ans», a annoncé son porte-parole Bob Gunnell. Ses obsèques auront lieu dans sa ville natale de Louisville (Kentucky).