© Camille Le Falher-Payat
© Camille Le Falher-Payat
Soccer Mur de Harlem
Soccer Mur de Harlem

Le football n’est pas qu’un jeu où « tout est compliqué par la présence de l’équipe adverse », pour reprendre le bon mot de Jean-Paul Sartre. Le football n’est pas non plus qu’un « sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne », selon la traduction désormais légendaire (et pourtant fautive) d’une phrase de l’attaquant anglais Gary Lineker (Football is a simple game ; 22 men chase a ball for 90 minutes and at the end, the Germans always win). Le football est un système de représentation, un exercice de style mais aussi, l’espace d’une mélancolie fondamentale, Jean-Philippe Toussaint l’a montré. Dans cet article, comme sur le terrain, une belle équipe, titulaires et remplaçants, ballon rond au centre. Et vivent les prolongations !

Zlatan Ibrahimovic
Zlatan Ibrahimovic

Quelques jours avant que ne commence la coupe d’Europe des nations de football, surnommée de façon significative l’Euro puisque cette compétition engendre beaucoup de profits financiers, l’envoyé spécial de Diacritik aurait rencontré l’ex-attaquant du PSG, Zlatan Ibrahimovic, sur l’îlôt de Clipperton où il était parti se ressourcer parmi les siens. Monarque auto-proclamé (« arrivé comme un roi et parti comme une légende »), on pensait davantage à la phrase de Pierre Dac, « parti de rien et arrivé à pas grand’chose », c’est la raison pour laquelle il semblait nécessaire de rencontrer ce nouveau roi-soleil serbo-suédois. Par Jean-Louis Legalery.

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Je ne prends pas l’avion si souvent. Et quand je dois, par peur de rater l’enregistrement de mon unique bagage vaguement poussiéreux, et d’errer par suite hagard en ressassant la notion de non-lieu de Marc Augé, si éculée que je m’en veux justement d’y penser encore, je me « présente » toujours très en avance. 6 heures à peu près. 7 si j’ai une correspondance parce qu’il faut bien vérifier les étiquettes avec mon adresse dessus.

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Hemingway rêvait d’un concours du meilleur écrivain disputé aux poings. Le championnat n’est toujours pas répertorié dans les disciplines olympiques, pourtant Norman Mailer aspirait au titre de « champion (du monde) d’écriture ». Parmi les poids lourds de la discipline (pour son œuvre majeure, pas pour son gabarit physique…) : Joyce Carol Oates pour son fameux De la boxe, longtemps épuisé en France, reparu en collection « Souple » aux éditions Tristram. Plus que d’une reparution, parlons d’un inédit puisqu’il s’agit de la première traduction intégrale, par Anne Wicke, de cet essai paru en 1987 puis 1995 aux États-Unis.

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Le ring invisible
est le roman d’une genèse : celle de Cassius Clay, boxeur génial devenu Mohamed Ali en même temps que bien d’autres choses. Le livre s’intéresse aux débuts du boxeur, à sa formation, son apparition – on pourrait dire sa naissance, puisque Cassius Clay nait un jour dans le corps du jeune Cassius, s’y développe comme une forme de vie nouvelle, une force inédite. Si la genèse est celle de Cassius Clay, de la naissance de son corps, de sa parole, elle est aussi celle du livre puisque celui-ci est composé de cette genèse. Le livre n’est pas un roman sur Cassius Clay, comme le serait un roman se pliant aux exigences de la représentation : il est le corps de Cassius Clay – son corps, ses affects, son esprit et les processus qui les traversent.

Mohamed Ali, légende de la boxe, triple champion du monde des poids lourds, est mort dans la soirée du vendredi 3 juin 2016 à Phoenix (Arizona) : « après un combat de 32 ans contre la maladie de Parkinson, Mohamed Ali est décédé à l’âge de 74 ans», a annoncé son porte-parole Bob Gunnell. Ses obsèques auront lieu dans sa ville natale de Louisville (Kentucky).

© Laurence Bourgeon

Le tennis serait-il plus qu’un sport de compétition, alternativement joué dans le cadre de chelems courus en extérieur ou en salle, sur gazon, sur terre battue ou sur résine synthétique ? Serait-il plus qu’une activité de gentlemen, pratiquée depuis à peine plus d’un siècle sur du temps relativement libre ? Cette discipline n’aurait-elle pas des sources bien plus anciennes, remontant à l’époque de la Contre Réforme et du Siècle d’Or? Avant d’être un « jeu », le tennis dans sa forme initiale n’aurait-il pas été avant tout un instrument diplomatique prisé autant par Charles Quint, Henri VIII et les Conquistadors pour sceller des accords de paix, si ce n’est durable, au moins temporairement cordiale ?

Autant de questions qu’Álvaro Enrigue soulève avec malice, impertinence et non sans une indéniable clairvoyance historique dans son roman Mort subite, plus que justement récompensé par le prix Herralde en Espagne.

Yoann Gourcuff
Yoann Gourcuff

Au football, l’amortie, c’est marcher sur des e, en casser un. La Disparition du ballon, soustrait une seconde au jeu en triangle des bermudas et des shorts. De tout cela, il fallait parler : Yoann Gourcuff a accepté, pour Diacritik. Un peu de foot-bal(l)istique en sa compagnie.

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On avait laissé Simon Sagalovitsch hagard, naufragé involontaire de sa propre vie, hors jeu. On le retrouve « Juif en cavale », toujours dépressif mais flanqué cette fois-ci de l’inénarrable Monika, dans les faubourgs de Tel Aviv, contraint de goûter à l’exil, forcé de vivre sur cette terre qui ne lui a jamais semblé, à lui, promise.

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Dans le premier volume de la saga Sagalovitsch, Simon partait Loin de quoi, dans un « Canada de cocagne », direction Vancouver : « Trente et un an. Un âge bâtard. Un âge qui ne veut rien dire. Comme le numéro trois dans une équipe de foot ». Un océan entre lui et sa mère, lui et la France antisémite. Loin de quoi ? le point d’interrogation avait son importance : peut-on réellement (se) fuir, laisser derrière soi sa « félicité toute zelignienne » (comprenez dépression chronique), sa judéité, son hypocondrie ? Non, sans doute. Difficile pourtant d’aller plus loin :

« Après c’était le Pacifique, et puis après c’était quoi déjà ? Le Japon, l’Australie, la Russie ? Enfin, après c’était loin ».

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Hemingway rêvait d’un concours du meilleur écrivain disputé aux poings. Le championnat n’est toujours pas répertorié dans les disciplines olympiques, pourtant Norman Mailer aspirait au titre de « champion (du monde) d’écriture ». Parmi les poids lourds de la discipline (pour son œuvre majeure, pas pour son gabarit physique…) : Joyce Carol Oates pour son fameux De la boxe, longtemps épuisé en France, reparu en collection « Souple » aux éditions Tristram. Plus que d’une reparution, parlons d’un inédit puisqu’il s’agit de la première traduction intégrale, par Anne Wicke, de cet essai paru en 1987 puis 1995 aux États-Unis.