Cultures pornographiques, dirigé et préfacé par Florian Vörös, rassemble des textes de théoriciens nord-américains travaillant dans le champ des porn studies, champ encore peu connu et pris en compte en France.
Category Archive: Livres
L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
Elles s’appellent Charlotte Rampling, Barbara Loden, Odette Peigné ou La Castiglione. Une même interrogation sous-tend leurs vies et leur identités : qui je suis, titre du livre de Christophe Bataille et Charlotte Rampling qui vient de paraître chez Grasset.
Ce sont deux expositions terminées que Diacritik a souhaité rouvrir, celle des écritures de Roland Barthes à la BNF, celle que la collection Lambert a consacrée à Patrice Chéreau et qui se termine ce week-end à Avignon (article ici). Dans les deux expositions, des agendas ouverts, fascinants, comme l’entrée du visiteur dans une intimité absolue, une présence mais aussi le laboratoire de la création, faussement ordonné. L’emploi du temps devenu œuvre.
Les troubles mentaux et l’univers psychiatrique ont souvent nourri la littérature. On se souvient tous des personnages en proie à la folie des classiques russes, de la galerie des fous dans Les Mystères de Paris d’Eugène Sue, ou encore de La Dame en blanc de William Wilkie Collins et de la mère de Charles Juliet dans le bouleversant Lambeaux mais aussi des romans qui se passent dans des institutions psychiatriques tels Vol au-dessus d’un nid de coucou de Ken Kesey ou Shutter Island de Denis Lehane.
En cette rentrée, au moins trois écrivains se sont emparés de cet univers bien particulier et propice à la création. Trois écrivains, trois femmes, trois voix.
Le roman de Mathieu Larnaudie, Notre désir est sans remède, a comme figure centrale l’actrice américaine Frances Farmer. Ce livre concerne aussi les images et le pouvoir : images du cinéma hollywoodien, images médiatiques, nouvelles icônes de l’ère industrielle, clichés – autant d’images par lesquelles un pouvoir s’exerce et affecte les corps autant que les esprits, produit du désir autant que de la servitude. Frances Farmer se situe au carrefour de toutes ces composantes du désir, du pouvoir, des images, en même temps qu’elle les traverse et incarne un ailleurs, une fuite, une forme de résistance.
C‘était dans les premiers jours de la création de ce magazine : un mail reçu par la rédaction, nous proposant de recevoir un livre publié par la toute jeune maison d’édition lyonnaise, Les Occultés, On a marché sur le crâne. Chez Diacritik, on est curieux : on a reçu le livre et on l’a lu.
Choisir le prénom de son personnage principal, qui doit mener le lecteur à l’empathie, n’est pas décision facile pour le romancier.
Quels films de Ruiz le magicien avez-vous vus ? Aucun peut-être ? Le Temps retrouvé tout de même, sorti en 1999 et venant en droite ligne du roman proustien. Y jouaient Catherine Deneuve, Marcello Mazzarella (Patrice Chéreau en vf), John Malkovich, Chiara Mastroianni, Emmanuelle Béart, Arielle Dombasle… Pas moins. C’est que Raoul Ruiz attirait à lui les plus grands comédiens.
Nous connaissons tous sa recette de soupe aux poireaux simple mais parfumée et onctueuse, recette de mère nourricière mais aussi recette meurtrière. Car entre deux vouloirs, ne rien faire et faire une soupe, Duras trouve un moyen terme d’ordre existentiel, métaphysique : le suicide (voir la recette de « la soupe de poireaux » dans Outside, en fin d’article). Voilà qui bouscule sa recette vers une politique du texte qui est la sienne. En dehors de toute classification de genre. Duras n’écrit pas des recettes de cuisine, Duras fait de la Littérature. Tout le temps.
Comment peut-on vivre sans ce livre qui référence les mots de l’argot des métiers du livre ? Alors que les mots « Bouillon », « Caneton » ou « Mignonne » y prennent un nouveau sens…
Alain Veinstein avait invité Chantal Akerman dans son émission « Du jour au lendemain », à l’occasion de la sortie de son livre Ma mère rit. C’est minuit, l’heure où la parole ne dort pas encore mais flotte dans un entre deux qui n’est pas tout à fait le sommeil, qui n’est déjà plus le jour de la parole maîtrisée. C’est l’heure où un jour nouveau est déjà là sans avoir commencé, où un jour maintenant ancien est déjà mort et dont la mort persiste. C’est l’heure de la littérature et des amants. L’heure où le corps s’abandonne à ce qu’il connait mal de lui-même. Et de même la parole.
Musicien mais aussi producteur à France Culture, Christian Rosset, à la curiosité toujours vive, propose ce jeudi avec A la recherche de Marc Cholodenko une création radiophonique où, à plusieurs voix, il interroge l’œuvre d’un auteur encore trop méconnu : Marc Cholodenko. Diacritik en profité pour l’interroger sur ce romancier et poète auquel il consacre un programme d’une rare qualité. Entretien en 5 questions.
Dès les premières minutes de la très belle création radiophonique, toute de voix et de sensibilités feutrées, que Christian Rosset consacre au très discret sinon secret Marc Cholodenko, l’écrivain fait entendre sans attendre ce qui, depuis 1972, tient en son œuvre sa parole : « C’est un monde qu’on ne peut pas décrire, qu’on peut vivre. D’ailleurs, je le fais pour ça. Je n’écris pas pour autre chose que vivre dans ce monde. » et finit par ajouter entre rire et défi : « La vie, ça existe. La vie, qu’est-ce que c’est ? »
La sixième saison de Downton Abbey est diffusée depuis fin septembre en Angleterre, sur ITV. Elle se déroule en 1925, axée sur les mutations dans les mœurs et la société, qu’il s’agisse de la place des femmes (Edith et son journal, Mary rattrapée par son passé) ou des hiérarchies sociales. L’intrigue résout certains de ses nœuds (Anna et Bates, le mariage annoncé de Carson et Mrs Hughes), voit des personnages revenir (mais Diacritik qui a vu trois épisodes ne spoilera pas) et une bataille homérique s’engager entre Violet et Cora autour de l’hôpital.
Faut-il être un peu toqué, voire timbré, pour espérer voir son nom un jour inscrit au panthéon de la gloire (littéraire, artistique, scientifique) ? On peut se poser la question à la lecture du recueil de Mason Currey, Tics et tocs des grands génies, d’Albert Einstein à Woody Allen (100 rituels secrets à l’origine des plus belles créations) qui paraît demain aux éditions Autrement.