Citation Jorge Semprun

Point zéro. Souvent, le bureau de poste, à partir duquel on calcule les distances. Point zéro de l’écriture. Le « je ». Mon point zéro, en Grèce. Grèce intérieure, autofictionnée, objectif agrandissant, ou rapetissant les distances, focus, zoom grand angle, gros plan, laboratoire de pataphysique (science des solutions imaginaires), remontage de la réalité. Lieu trouvé, trouvaille, langue retrouvée. Sauf que là, c’était la zone. Ma réalité, démontée. Je roulais à toute allure dans ma voiture autofictionnelle, des chansons grecques plein la tête, j’allais d’une chronique à l’autre au petit bonheur, et soudain, police. Ma voiture, arrêtée en rase campagne. Madame, vos papiers, vous avez enfreint la réalité, vos petits trafics ne nous ont pas échappé. C’est du lourd. C’est La Disparue d’Egine, qui excite l’agent. Voiture confisquée. Plus de point zéro. Des mois à raturer. Finito la musica, finito la fiesta.


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L’exposition présentée par le Centre de la photographie de Genève ne porte ni sur un artiste, ni sur un objet ou un domaine que la photographie explorerait en tant que medium. Elle porte sur un dispositif dont la photographie est l’opérateur par excellence : celui de la surveillance. C’est, de ce point de vue, une exposition véritablement conceptuelle. Mais en même temps, l’exploration des dispositifs plonge dans un bain d’images qui, même si nombre d’entre elles n’ont originellement pas une vocation esthétique, produit un véritable environnement esthétique, faisant surgir comme objet d’un regard artistique le milieu dans lequel nous sommes immergés sans même songer à le voir. Elle produit aussi un environnement sonore : celui des grésillements technologiques, ou des voix superposées d’une salle à l’autre, d’une vidéo à une autre, d’un montage auditif à un autre. Par Christiane Vollaire.

Bill Cunningham photo NYT

Journaliste et photographe de mode, Bill Cunningham vient de mourir à l’âge de 87 ans. Depuis 1978, il tenait une rubrique photographique hebdomadaire dans le New York Times, fixant dans son objectif toutes les excentricités vestimentaires rencontrées au cours de ses déambulations cyclistes. Jean-Louis Legalery, en hommage.

Le professeur émérite David Crystal en 2004, photo University of Salford, UK
Le professeur émérite David Crystal en 2004, photo University of Salford, UK

Il n’y a pas que l’appartenance à l’Union Européenne pour enflammer le Royaume-Uni. Le célèbre linguiste David Crystal, professeur émérite à l’université de Bangor, au Pays de Galles, et à l’université de Reading, qui est, depuis de très nombreuses années, la référence internationale en matière de linguistique anglaise et de langage en général, est entré dans une grande colère, à la fin du mois de mai, contre les règles illogiques et anti-pédagogiques imposées aux élèves grands-bretons par la plupart des LEA (Local Educational Authority) et leur tutelle hiérarchique, the department for educationPar Jean-Louis Legalery. 

 

Au cas, peu probable quand même, où on ne se souviendrait plus dans les chaumières du groupe anglais punk The Clash, formé en 1976 par Joe Strummer, Mick Jones, Paul Simonon et Nicky Headon, rappelons que le titre de cet article est emprunté à leur grand succès de 1982, Should I stay or should I go ? D’une part parce que le rythme est superbement endiablé, d’autre part parce que les paroles, fondées sur le devenir d’une relation sentimentale entre deux individus, ont pris une résonance prémonitoire dans la mesure où 1982 fut l’année du début du déclin du groupe et finalement de leur séparation. Vingt-quatre ans plus tard ces mêmes paroles prennent un tour que l’on pourrait aisément qualifier de politiquement cocasse, puisque le thème principal, la rupture, est à l’ordre du jour chez nos amis et voisins les Grands-Bretons. Par Jean-Louis Legalery.

La députée assassinée Jo Cox, photo The Houses of Parlaiment
La députée assassinée Jo Cox, photo The Houses of Parliament

Helen Joanne (‘Jo’) Leadbeater, épouse de Brendan Cox, députée travailliste de la circonscription de Batley and Spen, dans le West Yorkshire, où elle était née le 22 juin 1974, est morte, hier jeudi 16 juin 2016, d’une très violente agression, devant la bibliothèque de Birstall où elle venait de tenir une réunion avec ses électeurs (a constituency surgery) pour les convaincre de la nécessité pour le R.U. de rester dans l’UE, sous les balles et les coups de couteau d’un individu qui a hurlé Britain First, slogan qui en rappelle fâcheusement d’autres et qui est aussi le nom d’un minuscule parti d’extrême droite au Royaume-Uni. Par Jean-Louis Legalery.

© Dominique Bry
© Dominique Bry

Il ne s’agit pas d’une métaphore pour annoncer que les Grands-Bretons pourraient décider de quitter l’Union Européenne après le 23 juin, ont-ils été vraiment dedans jusqu’à présent ? Mais ceci est une autre affaire… Non il s’agit bien d’une question technique et matérielle qui va nécessiter une réparation qui s’étendra sur de longs mois à partir de janvier 2017 et qui privera les londoniens du célèbre carillon.

Capture d'ecran
Capture d’écran

The Queen’s Speech – littéralement le discours de la reine – est un évènement annuel d’un autre âge qui marque symboliquement (généralement en mai) le début de la session parlementaire au Royaume-Uni. Mais si le mot Speech est affublé d’une majuscule royale et majestueuse, ce discours n’est jamais celui de la reine, dont le rôle se réduit à celui de liseuse et de porte- voix monarchique (et cela depuis le XVIème siècle). Or, cette année, le poids des ans a tellement affaibli la voix d’Elizabeth II que le 18 mai 2016, en écoutant la dite gracieuse, que l’on avait l’impression d’entendre Prudence Petitpas annoncer les méfaits à venir de Benoît Brisefer, le gentil garnement conservateur. Par Jean-Louis Legalery.

Le nouveau roman de Graham Swift, Mothering Sunday, A Romance est un objet de navigation permanente entre passé et présent, entre roman et nouvelle littéraire (132 pages), entre récit à la troisième personne et point de vue omniscient intrusif, entre aristocratie et classe ouvrière et entre guerre et paix. Le résultat est prodigieux, d’une part par le style vif, léger et d’une ironie mordante (la marque de fabrique de Graham Swift), et par la saisissante mise en scène en flashbacks qui émaillent le récit. Par Jean-Louis Legalery.

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u mois d’août 2015, le quotidien britannique The Guardian a publié un classement intéressant, pittoresque et forcément subjectif de ce qu’il considère être les cents meilleurs romans de tous les temps. La particularité est, en l’occurrence, qu’il s’agit évidemment et exclusivement de publications d’auteurs de langue anglaise, quelle que soit leur nationalité ou leur origine et quelle que soit l’époque. Cette classification, plutôt chronologique que thématique, fait donc la part belle à ce que l’on nomme les classiques de la littérature. Le classement commence avec le XVIIè et le XVIIIè siècles. Par Jean-Louis Legalery.

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La campagne de candidature à l’investiture dans les deux partis politiques majeurs aux États-Unis en vue de l’élection présidentielle de novembre 2016 a fait émerger, une fois encore, des pundits.

Les pundits ce sont des experts auto-proclamés du monde occidental qui s’autorisent à intervenir doctement sur tous les sujets possibles et imaginables, sans qu’il soit réellement possible d’évaluer leur compétence sur les sujets abordés, depuis le conflit russo-ukrainien jusqu’à l’organisation de la prochaine coupe du monde de football au Qatar en 2022 en passant par le terrorisme et le passage au scrutin proportionnel pour les prochaines législatives en France, sans oublier, bien évidemment, l’évolution de la barquette aux fraises depuis le Moyen-Âge. Par Jean-Louis Legalery.

Le Petit Journal

L’annonce du départ de Yann Barthès de Canal Plus le 23 juin prochain truste les fils d’infos en ce lundi 9 mai et pas moins de trois occurrences liées à la chaîne, à son animateur vedette et à son patron sont en tête des tendances sur Twitter (avec l’incendie de Fort McMurray et les suspicions de harcèlement qui pèsent sur l’élu vert Denis Baupin). Un retour de week-end qui pose néanmoins la question de la hiérarchisation de l’info et rappelle que l’hallali sur le clair (et l’émission de l’animateur-producteur) ne date pas d’hier.