The Catch

Le pitch de The Catch, actuellement diffusé sur Canal+, est à ce jour l’idée la plus rentable de la décennie : sous couvert d’inventer une histoire originale, la série reprend en tous points les ingrédients d’une recette qui a fait ses preuves dans une déclinaison d’une gémellité à faire pâlir les frères Bogdanov (avant leurs opérations de chirurgie esthétique).

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L’Art et Le Chat fait partie de ces livres qu’on aurait voulu défendre, qu’on aurait aimé aimer… Un de ces ouvrages un peu prétexte mais pas trop qui permettent à l’auteur d’adapter, revisiter (voire recycler), mettre en miroir les œuvres (au féminin) des uns et son œuvre (au masculin). Certes, le postulat est intéressant, pour ne pas dire séduisant, quand Philippe Geluck annonce qu’il avait envie de partager sa passion de la peinture, de la sculpture, son amour pour certains artistes qui lui « donnent le frisson absolu (…) Basquiat, Rembrandt, Soulages, Pollock, Bacon, Picasso… ». Comme disait Agamemnon devant son propre masque mycénien : « regarde où ça nous mène, hélas ».

97_goths_83 Nous sommes en 2015 après Jésus-Christ, toute la France est conquise par le nouvel Astérix… Toute ? Non ! Des irréductibles résistent encore et toujours. Et la vie du lecteur n’est pas facile au milieu des avis et camps tranchés des Adlibitum, Paroldum et Ilestbiencenouveautum. Chronique « pour et contre » du Papyrus de César, 36ème aventure d’Astérix par Jean-Yves Ferri et Didier Conrad.

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Nos dialecteurs ont un flair littéraire certain, eux qui ont décerné, dès samedi, leur Goncourt à Mathias Enard, pour Boussole, un roman exigeant, littéraire, foisonnant, un récit des frontières, comme celle qui scinde et unit les deux rives d’Istanbul : « se promener dans Istanbul était, quel que soit le but de l’expédition, un déchirement de beauté dans la frontière — que l’on voie Constantinople comme la ville la plus à l’est de l’Europe ou la plus à l’ouest de l’Asie, comme une fin ou un commencement, comme une passerelle ou une lisière, cette mixité est fracturée par la nature, et le lieu y pèse sur l’histoire comme l’histoire elle-même sur les hommes. »

HausseDesPrixLa semaine des prix littéraires a été lancée hier avec le Grand Prix de l’Académie française et ses deux lauréats, Hédi Kaddour pour Les Prépondérants et Boualem Sansal pour 2084. Un prix en miroir comme deux rives de la Méditerranée primées — et jusque là, comment ne pas être d’accord ? — mais aussi le recto et le verso du livre : d’un côté, l’ampleur, la fluidité, un sens inné et merveilleux (au sens étymologique) du détail qui fait sens, de l’autre des métaphores pâteuses, un didactisme tout aussi étouffant et, disons-le, un très mauvais roman : en somme le meilleur (Kaddour) comme le pire.

9782246858867-001-XBeigbeder aime les compilations et les listes. A tel point qu’il en fait des livres : ses 100 titres préférés ? Premier bilan après l’apocalypse. Un bilan (avant l’heure) de la littérature au XXè siècle ? Dernier inventaire avant liquidation. Dans Conversations d’un enfant du siècle qui vient de paraître, il rassemble — avec Arnaud Le Guern qui dit souvent beaucoup de bien de Beigbeder dans Le Figaro ou dans… Causeur — ses entretiens avec une vingtaine d’écrivains, parus dans la presse entre 1999 et 2014.