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Il y avait de quoi voir, lire, dire et écrire la semaine dernière. Revue d’effectifs avec ce Papier à Bulles premier du genre sur Diacritik (et ailleurs) : où l’on parle d’Angoulême, des lectures passées (de Titine à Dennis Lehane en passant par Fred Bernard) et du premier épisode de la saison 10 d’X-Files…

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« La marge, c’est ce qui permet aux pages de tenir ensemble » (Godard)

J'ai faim, j'ai froid
J’ai faim, j’ai froid

On ne sait si rendre hommage à une personne décédée est s’efforcer de la faire malgré tout présente – malgré la frontière infranchissable de sa mort, malgré son absence définitive, à jamais irréversible, malgré son oubli –, ou s’il s’agit de manifester son absence, de rendre présente son absence, de manifester sa mort qui est toujours la mort et donc, aussi, la manifestation de sa vie, de la vie, d’une vie.

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Réactions à chaud, commentaires et emportements (positifs comme négatifs) de Jérémy Sibony, critique ciné pour notre magazine. La vie d’un cinéphile, en fragments (presque) quotidiens. Subjectivité et passion assumées.

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On connaît Douglas Kennedy pour ses livres d’une efficacité redoutable, son amour pour Paris et sa maîtrise assez sidérante de notre langue. Moins peut-être pour ses talents culinaires, un aspect de sa personnalité révélé en 2013 à travers quelques fiches cuisine Elle, dont un flan décadent que l’on aime déjà pour son titre.

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Egine, la nuit qui tombe. La nuit et une maison architecturée genre case study house avec piscine et vue hollywoodienne sur l’entrée du golfe Saronique. En face, les montagnes du Péloponnèse. Une maison en rase campagne avec une vue délirante sur la mer et les montagnes. Une maison pour vacanciers qui se relaxent en famille. Ma maison. Une maison que je n’aime pas. Je n’aurais jamais choisi une telle maison. Elle est arrivée comme ça. Je me suis retrouvée avec une maison sur les bras. Il y a pire. Une maison avec piscine en rase campagne. Tout ce que je déteste. La nuit, en plus, c’est flippant, la rase campagne.

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Rodho est illustrateur et dessinateur de presse. Son dessin fin, travaillé et expressif et son humour à froid font merveille quand il s’agit de dézinguer l’actu la plus brûlante. En cette semaine d’ouverture du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, il porte son regard acéré sur la condition de dessinateur…

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Pourquoi, la question.

Duras, la réponse.

Depuis le début Duras et ses phrases magiques, inaugurales. Phrases qui reviennent en boucle, écrites tracées sur la crête des mots, phrases tatouages sur une peau de lecteur ébloui. On écrit sur le corps mort du monde, corps mort de l’amour. Écrire c’est arriver avec la crise au bout de la crise.

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Prenez trois personnages, Moshe, Nana et Anjali. Un garçon, deux filles, trois possibilités. Celle du « ménage à trois » en particulier. C’est la trame, éculée (volontairement, essentiellement éculée), de Politique, le premier roman d’Adam Thirlwell, écrivain anglais, né à Londres en 1978, classé dans la liste des vingt meilleurs jeunes romanciers britanniques par la prestigieuse revue Granta, en 2003, pour ce livre.

Suite des photographies prises par Camille après le passage de Jonas, New York épisode Snowzilla. La première partie est ici.

© Camille Le Falher-Payat
© Camille Le Falher-Payat
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Godard dans Paris nous appartient (1961)

« Quel est le but du cinéma ?
Que le monde réel, tel qu’offert sur l’écran, soit aussi une idée du monde.
Il faut voir le monde comme une idée, il faut le penser comme concret »
(Jacques Rivette, Les Cahiers du cinéma, 1963)

William Marx © Angelika Leuchter
William Marx © Angelika Leuchter

Une dizaine d’années après son remarquable essai L’Adieu à la littérature, William Marx est revenu il y a peu avec La Haine de la littérature, non moins brillant essai, sur l’histoire de la dévalorisation de la littérature mais en en scrutant une face plus dérobée sinon obscure. Si le professeur à Paris Ouest-Nanterre s’était d’abord intéressé à la manière dont le nom de littérature était décrié depuis la parole littéraire même, c’est désormais au cœur de ses plus vifs ennemis, ses pourfendeurs les plus terribles et intrépides qu’il a cherché des réponses à cette haine noire.
Diacritik a interrogé, le temps d’un grand entretien, le critique sur ce procès qui s’instruit depuis bientôt 2500 ans.