Résumé de l’épisode précédent : le suspense est à son comble et à la mesure du héros, tandis que Largo Winch, coincé dans le cœur du Chicago Board of Trade (la bourse du commerce pour les non-initiés) appelle à l’aide, au bord de l’asphyxie… Suite et fin du premier épisode post-Van Hamme, Les voiles écarlates paraît ce 15 novembre et vient clore une aventure commencée avec L’étoile du matin avec toujours Philippe Francq au dessin et Eric Giacometti au scénario.

En 2012, Jacques Tardi entamait un voyage dans l’histoire personnelle des Tardi père et fils : en retranscrivant (le terme d’adaptation serait trop impersonnel) les carnets de son père, le fils faisait œuvre de mémoire et racontait par le menu les silences paternels, la guerre et la capitulation éclair, l’enfermement dans un camp de prisonniers. Ainsi naissait Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB, une série de trois albums à laquelle Jacques Tardi met fin avec Après la guerre

Paru en juin 2018 aux éditions Dupuis dans la collection Aire Libre et redécouvert à l’aune d’un été propice aux séances de rattrapage, Midi-Minuit signé Doug Headline et Massimo Semerano est un roman graphique captivant et cinéphile, puisant dans le cinéma de genre pour en tirer une intrigue toute en référence au modèle qu’il explore.


Joost Swarte est né en 1947, la veille de Noël. Il a donc toujours eu quelques heures d’avance sur ceux que l’attente du lever du jour dit “des cadeaux tombés du ciel” tient en éveil – ce dernier mot allant comme un gant à son regard d’une acuité sans égal. Je ne sais si sa main a tremblé, ne serait-ce qu’une fois, dans sa vie, mais ce dont je suis certain, c’est qu’il est on ne peut plus sensible aux tremblements d’un monde dont il reste un des plus fameux interprètes.

En cette fin d’année, séance de rattrapage avec des parutions remarquables et remarquées, parce que leurs auteurs font partie de ceux qui comptent aujourd’hui dans le paysage de la bande dessinée franco-belge. Paysage qu’ils réinventent à leur manière, en s’inscrivant dans une filiation évidente (Juan Dias Canales et Ruben Pellerejo), dans une tradition séculaire (Xavier Dorison et Ralph Meyer) et dans un anticonformisme bienvenu (Wilfrid Lupano et Paul Cauuet).

 

Deux ans après Tu n’auras pas d’autre dieu que moi, Joann Sfar revient avec La Tour de Bab-El-Oued à paraître le 17 novembre. Une nouvelle « aventure » de son personnage fétiche, chat parlant, avatar de l’auteur qui s’interroge et questionne le monde sur la religiosité du monde, sur le besoin de sacré, sur la nécessité des dieux. Un nouvel album forcément en résonance avec l’actualité récente : migrants, laïcité, quête de réponses, intolérance et espoir d’un monde plus pacifique.

C’est ce qu’on appelle communément un « beau livre » : quarante dessinateurs et scénaristes dont David B, Guy Delisle, Etienne Davodeau, Pascal Rabaté, Blutch, Miles Hyman, le regretté Tignous, Catherine Meurisse, Luz… Trente ans d’information illustrée, commentée par un collectif d’auteurs, trente événements qui ont fait l’actualité et dont les implications et conséquences résonnent encore aujourd’hui.

Voilà bientôt trente ans que Largo Winch promène sa cool attitude athlétique autour du monde et navigue dans les eaux parfois interlopes de la finance internationale. Si les ingrédients du cocktail sont immuables (une once de thriller technologique et bancaire, un trait de séduction et une bonne dose de Largo contre le reste du monde), L’étoile du matin, 21ème épisode qui sort aujourd’hui en librairie s’inscrit dans une continuité dans le changement qui fera plaisir à plus d’un fan de la série.

Œuvre maîtresse, coup de poing, coup de gueule, coup de sang, plongez « la tête la première » dans Blast de Manu Larcenet, réuni en une intégrale à paraître le 27 octobre prochain aux éditions Dargaud. Du liminaire Grasse carcasse au climatérique Pourvu que les bouddhistes se trompent, au milieu desquels L’Apocalypse selon Jacky et La tête la première font figure de révélateurs, Blast est l’expression d’une colère.