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Et si la pop musique était une expérience poétique ? C’était la thèse de Simon Critchley dans son David Bowie, philosophie intime : « Pendant un instant fugitif, la durée d’une chanson, d’une de ces chansons pop apparemment si simples, si bêtes, si puériles, nous devenons capables de défaire la créature en nous (…) et d’imaginer une autre façon d’exister, quelque chose qui relève de l’utopie ». La pop capture le présent dont elle offre la bande-son, dont elle fixe l’origine. Pour Critchley, alors âgé de 12 ans, ce fut le 6 juillet 1972. Quatre minutes durant lesquelles, moulé dans une combinaison molletonnée multicolore, bottines rouges lacées aux pieds, cheveux orange et guitare bleu pétrole en bandoulière, Bowie chante Starman, dans l’émission « Tops of The Pops » (BBC1). C’est l’irruption de l’étrange dans un univers normé, l’explosion des règles et des codes, une forme de sidération comme de sédition, l’arrivée sur terre de l’homme venu d’ailleurs, David Bowie. Un mystère que le documentaire de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte diffusé mercredi soir sur France 4 tente d’élucider : pour cela il faut revenir en arrière, faire défiler les multiples métamorphoses et incarnations d’un caméléon, d’un « conquérant de tous les futurs » et tenter de fixer ce fantôme dans un lieu qu’il a hanté, le mythique château d’Hérouville, celui qui abrita Chopin et George Sand mais aussi les plus grands groupes des années 70, un lieu dans lequel Bowie se posa par deux fois, pour Pin Ups (73) et Low (76) et dont un mur porte encore un graffiti.

2016

Les coulisses de la rédaction, 14. Cette semaine, on est tous passé en 2016, et Diacritik a sacrifié aux traditionnels best-of. Et dans nos colonnes, on a pu lire Joyce Carol Oates, Marc-Antoine Mathieu, Gary Shteyngart, Michel Foucault, Véronique Pittolo, Noemi Lefebvre, Fred le Chevalier (en 2015). Olivier Steiner a repris son journal dans le journal dès le 1er janvier, il y eut aussi Jana Černá et les héros ordinaires de Lip, on est passé en cuisine avec Bret Easton Ellis et Yorick a donné la solution de son apologue pour le capital.

Les coulisses de la rédaction 14, donc, et on ouvre l’année avec un des trois co-rédac chefs, Dominique Bry :

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American Psycho, film de Mary Harron (2000) avec Christian Bale

La « laitance d’alose » est l’un des motifs obsédants d’American Psycho, goûté au Rafaeli’s, au Savoy, au DuPlex, « le nouveau restaurant de
Tony McManus, à Tribeca », ou comme ici au Bacardia où Pat Bateman emmène dîner Patricia, scène dans laquelle les marques de vêtements le disputent aux énoncés gastronomiques, où le lieu où l’on mange est bien plus important que ce que l’on mange :

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À Besançon en 1973, des ouvriers de l’usine Lip, fleuron de l’horlogerie française, découvrent par hasard que l’actionnaire majoritaire compte réduire l’activité de manière drastique et procéder à de nombreux licenciements. S’ensuit alors une action collective qui va durer près d’une année. De ce que l’on a appelé depuis « l’affaire Lip », Laurent Galandon et Damien Vidal ont tiré un roman graphique sensible, témoignage du combat historique des salariés pour la survie de leur entreprise : Lip, Des Héros ordinaires.

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Jeudi 31 décembre 2015

Vous savez, je ne parle pas de moi parce que je m’intéresse, je parle de moi pour dire le moins de conneries possibles. Moi, la matière moi, ça ne m’intéresse pas, plus, vraiment, si peu. Ce qui m’intéresse encore c’est tout ce qui me traverse et me modifie, tout ce que je ressens, comprends et comprends pas, qui vient de l’extérieur, outside disait MD, les autres, l’altérité. Les autres, l’adversité. Je parle de moi car c’est vous qui m’intéressez.