Si on a grandi loin de la mer, d’un lac, d’une rivière, on n’a pu apprendre à nager que dans une piscine, et si on a débuté dans l’écriture loin de tout milieu littéraire, la seule chance de se faire éditer restait souvent d’envoyer ses textes à des revues. Un grand nombre d’auteurs leur doivent leurs premières publications, et ce, de tout temps. Ainsi notre révérence et notre reconnaissance s’adressent ici aux revues littéraires (Diacritik les aime et leur consacre une rubrique du journal) et à La piscine en particulier. Dans La piscine, cinquante-six auteurs et artistes, qui pour la plupart n’en sont pas à leur coup d’essai, ont participé à la création de cette nouvelle revue graphique et littéraire tout à fait prometteuse.

Lancée en juillet 2015 par un somptueux et riche premier numéro, Terrain Vague s’affirme comme une revue borderline explorant, selon ses propres dires, les lisières du genre, du féminisme, de la pop culture et de l’art contemporain. Créant des rencontres inattendues entre plasticiens et philosophes, critiques d’art et graphistes notamment, Terrain Vague ne cesse d’interroger avec force expérimentations les identités queer dans leur multiplicité à l’instar du deuxième numéro paru il y a peu où la drag queen terroriste Christeene côtoie les hommes enceints de l’Antiquité. Diacritik a voulu revenir le temps d’un grand entretien sur le projet de la revue avec ses fondateurs et directeurs Anne Pauly, Antoine Pietrobelli, Pierre Andreotti et Adam Love qui se sont prêtés collectivement au jeu des questions.

Depuis son premier numéro, la revue Le Chant du monstre poursuit des principes esthétiques comme littéraires, les incarne numéro après numéro, ne cédant rien aux impulsions de départ, n’opérant une mue que pour mieux poursuivre le credo de départ : abolir les « frontières » et « lisières » entre la littérature (dans tous ses genres, roman, poésie, théâtre) et le dessin, accompagner ceux qui risquent et tentent dans le champ du contemporain, faire montre de curiosité comme d’exigence, être un laboratoire et un espace ouvert.

Depuis plusieurs années, l’énigmatique nébuleuse Général Instin se manifeste de différentes façons : Internet, affiches, textes, manifestations de rue, etc. A l’occasion de deux publications aux éditions Le Nouvel Attila, Patrick Chatelier et Guénaël Boutouillet exposent dans cet entretien certains des partis pris et des orientations de ce projet polycéphale et nomade.