Dans sa Bibliothèque, Diodore de Sicile nous apprend qu’Osiris, après qu’Isis eut inventé l’orge et le froment, fit perdre aux hommes l’habitude de se manger entre eux.
Category Archive: Rentrée littéraire 2026
Cent ans après la rencontre entre André Breton et Nadja, dans le sillage de laquelle est né Nadja, un événement éditorial exceptionnel nous donne à lire et à voir l’œuvre de Nadja, laquelle fut si longtemps occultée sous le mythe.
Avez-vous déjà été coincé ?
Livre hybride, Viser juste n’est pas une autobiographie mais, à la fois, un récit de soi, d’émancipation, un essai, une fiction, un manuel, un manifeste.
Voici « les Onze » de Volodine – les Bardo solo, Chagrins, Défections & Cie, Dernière livraison, La Grande misère, Les Meilleurs d’entre nous, Malaise chez les plongeuses, Mémoire mode d’effroi, Survies minuscules, Zone crypte zone miroir, Ultimes sursauts –, onze volumes du dernier édifice d’une aventure littéraire, poétique, politique, révolutionnaire, qui se clôt sous la signature d’un collectif, Infernus Iohannes…
Un couple se brise, comme le verre à moutarde Musclor que Tristan avait acheté au temps du bonheur, parce qu’il lui rappelait son enfance. Émilie, qui déménage après la rupture, ne le recollera pas. Ce n’est que le premier d’une série d’objets quotidiens que la narratrice du dernier livre de Clémentine Mélois emballe dans des journaux avant de les placer, « façon Tétris », dans les cartons. Elle empaquette et se souvient. Chaque « bricole » est « chargée à ras bord de sa propre histoire », et mis bout à bout les objets finissent par « composer un portrait en creux » non seulement de cet amour désormais défunt mais de qui elle fut, est et espère devenir.
Il y a dans l’écriture du premier roman de Laetitia Faure une urgence, une rage, une envie de se réapproprier son existence, un besoin de dire sa vérité. Celle d’une enfant, d’une fille, d’une femme devenue mère à son tour : dire, écrire la réalité telle qu’elle l’a vécue, perçue, ressentie jusqu’au plus profond de son corps. Dans Possédés, Laetitia Faure raconte la violence subie, l’éducation rigoriste, elle parle de l’attitude du père, du mysticisme de la mère, de l’effacement du frère, de la discrétion de la sœur. Critique et entretien avec l’autrice de ce livre qui paraît aujourd’hui dans la collection « La Librairie du XXIe siècle », aux éditions du Seuil.
Paola Alba, la nouvelle héroïne du romancier Sylvain Prudhomme, a disparu dans la montagne – de l’autre côté du lac de la réserve.
15 juillet. Nouveau ralentissement des activités, cette fois non pour cause d’excès de chaleur, mais parce que mon corps est soudainement endolori par une petite pierre qui ne veut pas prendre le chemin de la sortie. Du moins je le suppose, car là où je vais, dans une région pourtant loin d’être désertique, les soins sont, sauf urgence, inaccessibles : il faut attendre des semaines, voire des mois, pour réaliser le moindre acte d’imagerie. Alors que la sensation de remake d’un mauvais feuilleton persiste (l’ayant déjà vécu, les symptômes sont clairs), la seule chose à faire est d’encaisser, peut-être durant 49 jours, en conscience que notre dernier refuge se trouve plus que jamais dans les rêves, ou, ce qui n’est pas sans rapport, dans la lecture de Retour au goudron, réjouissante écriture du désastre qui, par chance, est au programme cet été.
Dans un premier roman à l’écriture nerveuse et rythmée, Eva Bottega, connue comme chanteuse du groupe de Punk Rock Ménades, met en scène les errances américaines d’une humaine qui cherche à fuir son passé brulé et à se fuir elle-même.
Le récit romanesque des dix-sept années passées par Yannick Haenel à enseigner dans des collèges de la banlieue parisienne au début des années 90 est l’illumination de la rentrée littéraire.
« La sculptrice colombienne Feliza Bursztyn, exilée en France, est morte de tristesse à 22 h 15, le vendredi 8 janvier, dans un restaurant parisien. » Ainsi Gabriel García Márquez annonce-t-il la mort de son amie. Artiste avant-gardiste, elle a été l’élève de Zadkine, Giacometti et César, son histoire personnelle croise celle de son pays et, plus largement, du monde. Le roman de Juan Gabriel Vásquez, né de cette phrase de Gabriel García Márquez, n’est pas une biographie de la femme ou une hagiographie de la sculptrice mais une forme de ronde romanesque autour de ses noms et de ses métamorphoses, comme une fugue infinie sur la passion, l’art et la mort.
Pourquoi, cette année encore, la rentrée littéraire reconduit-elle avec une telle insistance la scène familiale comme lieu privilégié de la fiction : figures parentales disparues ou défaillantes, enfances marquées par la blessure, silences transgénérationnels, secrets de filiation, héritages énigmatiques, archives exhumées et photographies à partir desquelles l’écriture entreprend moins de restituer les morts que d’interroger ce qui, d’eux, continue d’agir dans le présent ? La question pourrait sembler relever de la sociologie éditoriale. Elle mérite pourtant d’être déplacée vers la psychopathologie sociétale. Car finalement la répétition elle-même fait symptôme.