Quelques jours après la sortie de Ready Player One dans les salles, comment ne pas noter la quasi omniprésence de la virtualité et du paradoxe (jusqu’à l’affrontement) entre le réel et l’imaginaire numérique ?
Revue d’effectif d’une tendance avec trois exemples, une bande dessinée et deux séries, qui ont en commun de développer d’autres réalités, entre futurisme et post-humanisme : Alt-Life (à paraître le 6 avril), Counterpart et Altered Carbon.

En cette fin d’année, séance de rattrapage avec des parutions remarquables et remarquées, parce que leurs auteurs font partie de ceux qui comptent aujourd’hui dans le paysage de la bande dessinée franco-belge. Paysage qu’ils réinventent à leur manière, en s’inscrivant dans une filiation évidente (Juan Dias Canales et Ruben Pellerejo), dans une tradition séculaire (Xavier Dorison et Ralph Meyer) et dans un anticonformisme bienvenu (Wilfrid Lupano et Paul Cauuet).

Astérix et la Transitalique peut s’enorgueillir d’illustrer farpaitement le mot inflation : de 6000 exemplaires pour le tirage initial d’Astérix le Gaulois en 1961 à cinq millions de copies pour la trente-septième aventure, la série imaginée par René Goscinny et Albert Uderzo défie tous les superlatifs. Signé des repreneurs Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, ce 37è Astérix est d’ores et déjà en route pour le succès qui lui était promis. Et vers le Vésuve, puisque après la Calédonie et les arcanes de la presse antique, la destinée de l’irréductible Gaulois est routière et emprunte les vias (mal) pavées (de bonnes intentions).

Deux ans après Tu n’auras pas d’autre dieu que moi, Joann Sfar revient avec La Tour de Bab-El-Oued à paraître le 17 novembre. Une nouvelle « aventure » de son personnage fétiche, chat parlant, avatar de l’auteur qui s’interroge et questionne le monde sur la religiosité du monde, sur le besoin de sacré, sur la nécessité des dieux. Un nouvel album forcément en résonance avec l’actualité récente : migrants, laïcité, quête de réponses, intolérance et espoir d’un monde plus pacifique.

C’est ce qu’on appelle communément un « beau livre » : quarante dessinateurs et scénaristes dont David B, Guy Delisle, Etienne Davodeau, Pascal Rabaté, Blutch, Miles Hyman, le regretté Tignous, Catherine Meurisse, Luz… Trente ans d’information illustrée, commentée par un collectif d’auteurs, trente événements qui ont fait l’actualité et dont les implications et conséquences résonnent encore aujourd’hui.

Voilà bientôt trente ans que Largo Winch promène sa cool attitude athlétique autour du monde et navigue dans les eaux parfois interlopes de la finance internationale. Si les ingrédients du cocktail sont immuables (une once de thriller technologique et bancaire, un trait de séduction et une bonne dose de Largo contre le reste du monde), L’étoile du matin, 21ème épisode qui sort aujourd’hui en librairie s’inscrit dans une continuité dans le changement qui fera plaisir à plus d’un fan de la série.