Rien ne va plus dans l’ancien monde : les dirigeants de la vallée veulent raser 4000 hectares de forêt quaternaire pour y ériger un parc de loisirs, entre féminisme préhistorique et émergence du hashtag #Balancetapierre, la famille Dotcom se déchire à petit feu. Et pour couronner le tout : l’inoubliable interprète de « Comme un chasseur abandonné », Johnny Abilis est mort.

Paru en juin 2018 aux éditions Dupuis dans la collection Aire Libre et redécouvert à l’aune d’un été propice aux séances de rattrapage, Midi-Minuit signé Doug Headline et Massimo Semerano est un roman graphique captivant et cinéphile, puisant dans le cinéma de genre pour en tirer une intrigue toute en référence au modèle qu’il explore.

Exister éditorialement à l’ombre d’une nation littéraire prestigieuse avec ses grandes enseignes et ses auteurs fameux alors qu’on est de même langue n’est pas une mince affaire. Ce fut, face à la France, le sort de la Belgique francophone pendant quelques siècles. Et pourtant, lieu périphérique par définition, cette Belgique-là a connu maints épisodes marquants dans le domaine du livre.

L’une des signatures de Diacritik est la place accordée aux grands entretiens : écrits ou filmés, ils laissent se déployer la parole des artistes, sans aucune contrainte d’espace ou de temps. L’été peut être l’occasion de (re)découvrir ces interviews. Aujourd’hui Cyril Pedrosa s’entretenant avec Dominique Bry, en novembre 2015, autour de ses Equinoxes.

Son Journal d’un ingénu avait fait sensation en 2008 lors de sa sortie, parce qu’il mettait en scène un Spirou enfin temporel, témoin de la marche inexorable du monde vers le second conflit mondial. Avec Spirou ou l’espoir (dont le premier tome Un mauvais départ paraît le 5 octobre prochain), Emile Bravo revient sur les premières heures de l’invasion de la Belgique par l’armée allemande et sa perception d’un héros de bande dessinée qui ne peut pas vivre en marge de son temps et hors de la réalité.

C’est un petit livre à la couverture barrée de rouge, empli de l’ironie et l’autodérision caractéristique de l’œuvre de Guy Delisle. L’auteur de Chroniques de Jérusalem, Pyongyang, Shenzen ou Chroniques Birmanes signe avec Le Guide du mauvais père une BD drôle et tendre, aux textes travaillés qui balancent entre second degré et réalisme emprunté au quotidien.