Longtemps je n’ai pas eu de mots. En Janvier 2022, Olivier Steiner et Isabelle Adjani rencontraient sur scène Marilyn Monroe. Ce spectacle s’est métamorphosé, a évolué, voyagé ici et là et, à l’heure où la performance se rend justement à la rencontre des paysages de Marilyn, la nécessité d’écrire un « quelque chose » m’est venue : si aujourd’hui tout peut être enregistré, capté, ce spectacle semble faire figure d’exception – peut-être justement parce qu’il relève d’une expérience mystique et que souvent, face à la beauté et au mystère de la rencontre, ne peut subsister que la sidération d’une épiphanie. Ainsi, agissant à rebours, à contre-temps presque, j’ai avancé ce texte pour nommer, dire, cet endroit entre l’ombre et la lumière – ce geste que j’ai pensé comme une contre-archive : celle du sentiment et de l’émotion.

Comment naît une revue ? Existe-t-il un collectif à l’origine du désir de revue ou s’agit-il d’un désir bien plus individuel ? S’agit-il de souscrire à un imaginaire selon lequel, comme l’affirmait André Gide, il faut avant tout écrire dans une revue ? Aujourd’hui, entretien avec Christian Peri pour la riche revue A Traversa qui interroge la complexité des situations humaines et géopolitiques dans l’espace méditerranéen.

Comment naît une revue ? Existe-t-il un collectif à l’origine du désir de revue ou s’agit-il d’un désir bien plus individuel ? S’agit-il de souscrire à un imaginaire selon lequel, comme l’affirmait André Gide, il faut avant tout écrire dans une revue ? Premier entretien avec le collectif qui s’occupe de la splendide revue Sabir qui, avec force, propose de faire découvrir la richesse de la création littéraire contemporaine.

La vie des revues est plus que jamais dominée par un véritable vivier : à la fois créatif mais aussi critique. Le week-end prochain a lieu le 33e Salon de la Revue, samedi 14 et dimanche 15 octobre à la Halle des Blancs Manteaux à Paris. C’est toujours l’occasion de venir à la rencontrer des directrices et directeurs de revue, d’échanger avec des auteurs et d’assister à un vaste plateau de rencontres. Toute cette semaine, Diacritik vous fait découvrir, sous la forme d’entretiens, des revues inventives, portées par une rare conviction.

Il y a les personnes dont on parle – et pour certaines, dont on ne cesse de parler, y compris quand elles ne font rien. Et il y a celles dont l’activité pourtant incessante, voire débordante, se tient à l’écart des hauts parleurs qui font et défont les réputations. Des deux côtés : quelques grand(e)s artistes et nombre de faiseurs qui, une fois passés de vie à trépas, rejoignent la file d’attente des intermittents de la postérité. Le 19 juillet dernier, Jean-Pierre Marchadour s’est éteint à Saint-Crépin-Ibouvillers, dans l’Oise.

Lundi 9 octobre aura lieu au cinéma L’Arlequin, dès 19h, la deuxième rencontre Littérature/cinéma en prélude à l’un des rendez-vous littéraires majeurs de cet automne à Paris dont Diacritik est l’heureux partenaire : « Littérature, enjeux contemporains », les rencontres littéraires de la Maison des écrivains et de la littérature. Avant les trois vastes et riches journées du Festival, les 19, 20 et 21 octobre au Vieux-Colombier autour de « Faire commun », cette soirée en forme de dialogue entre littérature et cinéma, qui a pour titre « Réunir, lier », réunira Mathieu Larnaudie, Marc Held et Philippe Petit.

Le pli était pris, parce que le plus souvent j’écris en rond, comme avec mon tricotin, ce que j’écris n’a pas vraiment de début, pas de fin, et je reviens toujours au même endroit du récit. J’écris à l’endroit, à l’envers, en boucle.
Emmanuelle Pagano, Claude Rouyer, Le travail de mourir.

Écrire pour résister, et aussi pour éviter le pire, c’est aussi ce que fait Emmanuelle Salasc en notant l’histoire de sa narratrice Lucie, dans son dernier roman Hors gel, dixième livre chez P.O.L, après neuf parus sous le nom d’Emmanuelle Pagano, qui vient de paraître en poche, chez Folio. Le roman raconte une double menace.

Selon la formule de Clémenceau, on savait déjà la guerre être une chose trop grave pour être confiée à des militaires. Quid de la politique, des décisions ministérielles ou présidentielles ? Confiée à un scénariste de la trempe de Charly Delwart, la politique devient, dans Sous contrôle (sur Arte le jeudi 5 octobre à 20h55), un spectacle absurde, au long de six épisodes sur lesquels souffle un vent d’irrévérence, d’ironie bienvenue et de second degré permanent.

Résumé des épisodes précédents. Ceci est un journal de lecture dont le principe est de s’ouvrir à ce qui arrive : de s’adonner au plaisir de lire, non par longues périodes, mais disons deux ou trois fois par jour, et en tous lieux – train, métro, salle d’attente, jardin public, bureau, chambre à coucher –, changeant de livre en fonction de la posture du corps et de la qualité de silence environnant. Et quand de maudits retards d’endormissement se profilent, on en vient à dévorer certaines pages qu’on aurait pu laisser tomber.